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Laïcité: la fin du débat ?

© Yves Malenfer/Matignon
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Le guide « Laïcité et gestion du fait religieux dans les structures socio-éducatives » a été remis courant mars au premier ministre.

29/03/2014

Comme le disait le père Rougé dans un article que vous avez récemment pu apercevoir sur votre écran, « le pire adversaire de la laïcité, c’est le laïcisme ». Autrement dit, à force d’invoquer le sacro-saint principe de laïcité, ne risque-t-on pas d’exacerber les crispations religieuses, et attiser rancœur et inimitié ?
 
La simplicité est loin d’être l’apanage de notre société. La liberté de culte et de conviction est un droit inaliénable, mais face à cela, l’État doit rester laïc, et rester neutre face à la religion, quelle qu’elle soit. Et cette situation peut facilement tourner au casse-tête. Où s’arrête la laïcité, où commence la liberté de culte ?
 
L’affaire de la crèche Baby-Lou est l’exemple parfait de ce problème. Il y a eu plusieurs conflits. Tout d’abord entre l’employeur et l’employée, licenciée en 2008 parce qu’elle s’était mise à porter un voile islamique. Conflit également entre les différentes instances juridictionnelles : la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) condamne la crèche pour discrimination, alors que la Cour d’Appel de Paris confirme le licenciement en 2013.
 
Beaucoup d’encre a coulé suite à cette histoire, beaucoup de déclarations de la part des politiques. Pourtant, il n'y a eu que peu d'informations sur la suite des évènements. La crèche a dû déménager dans une autre ville des Yvelines, car le climat était devenu trop délétère entre certains parents et la direction de la crèche, explique un article du Figaro : « Le personnel de la crèche ne peut plus sortir fumer sans se faire insulter. Leurs pneus de voitures sont crevés, les carrosseries rayées. Les assiettes des enfants sont illustrées avec des petits animaux : girafe, chevaux, cochons, ce qui leur a valu des qualifications d'islamophobes. »
 
L’affaire Baby-Lou nous montre bien les limites du modèle laïc. Erigé par la République dans un désir universaliste bien français de rassembler tous les citoyens, le principe de laïcité est encore trop obscur pour être véritablement bien intégré dans la société française et peut finir par exacerber le communautarisme, contrairement à sa volonté première. Il faut le développer, le rendre plus précis, sans pour autant le rendre plus dur, voire intolérant. En effet, « la disparition d’une saine laïcité en raison de son durcissement nuirait à la paix de notre société », a déclaré le Père Rougé dans une interview pour Direct Matin.
 
C'est pour rendre plus lisible et compréhensible le différentes modalités d'application du principe de laïcité qu'a été rédigé le Guide Laïcité et gestion du fait religieux dans les structures socio-éducatives, dont la rédaction avait d’ailleurs été entreprise suite à l’affaire Baby-Lou. Il a été remis au premier ministre le 11 mars dernier par Jean Louis Bianco, président de l'Observatoire de la Laïcité.

Tout d’abord, ce guide rappelle que la liberté de religion ou de conviction est un droit fondamental et que toute forme de discrimination religieuse est interdite. Ce guide (comme son nom l'indique) se penche surtout sur la question de la laïcité des structures privées. Car en effet, si les employés d’une structure publique doivent faire preuve d’une neutralité totale, il n’en va pas de même pour les employés du privé, où la question religieuse est laissée à l’appréciation de la direction.

Ce Guide est composé de deux parties : l’une portant sur les employés des structures socio-éducatives, l’autre sur les usagers de ces structures. Dans la première aprtie, le guide fournit une liste des motifs « autorisant des limitations à la manifestation de la liberté de conviction » – autrement dit, dans quel cas est-ce que la direction peut considérer qu’un employé outrepasse sa liberté de conviction. Précision et clarification sont les mots d'ordres de ce Guide, qui, par exemple, précise que "selon la CEDH le port de certains vêtements religieux n'est pas forcément considéré comme prosélyte et qu'un règlement intérieur ne peut interdire de manière absolue les discussions politiques ou religieuses au sein d'un service". Dans la seconde partie, le guide aborde des sujets très concrets et de manière très précise, comme la gestion des repas en commun, les demandes de prière ou le port de signes religieux.
 

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