Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Eglise en France : « L’affaire Brugère » fait des vagues

Yves Tennevin / Flickr / CC
Partager

Cette philosophe réputée « pro-genre » et proche de Christiane Taubira ne participera pas à la formation des délégués diocésains à la pastorale familiale, le 19 mars. Son invitation a été annulée par Mgr Brunin, président du Conseil famille et société.

17/03/2014

L’affaire fait quelque bruit dans l’Eglise en France – du moins chez plusieurs évêques et bureaux de la Conférence épiscopale et quelques medias. Le Conseil famille et société de la Conférence des évêques de France (CEF), présidé par Mgr Jean-Luc Brunin, a annulé l’intervention de la philosophe Fabienne Brugère programmée pour la journée de formation des délégués diocésains à la pastorale familiale, le 19 mars prochain.  Motif : les protestations relayées par le Salon Beige contre le choix de cette enseignante à l'Université de Bordeaux, « bien connue pour être une adepte de l’idéologie de Judith Butler » (ndrl : la théorie du genre) et qui aurait « à plusieurs reprises critiqué férocement l'Eglise catholique qui, à l’entendre, mépriserait les femmes ».

Est-ce la « supplique»  du Salon Beige adressée à Mgr Pontier, président de la Conférence des évêques de France, ou l’avis d’autres évêques et délégués diocésains réprouvant ce choix – ou l’effet conjugué des deux ? Toujours est-il que Mgr Brunin, après consultation des membres (clercs et laïcs) de son conseil, a annulé l’intervention de la philosophe et en a informé les participants jeudi 14 mars par courriel. Il  s’en est expliqué à La Croix du 13 mars : « Les conditions du dialogue ne sont pas réunies, comme l’ont montré les tensions et les remous qui ont entouré cette venue. Maintenir l’intervention aurait abouti à une crispation, qui aurait menacé la communion ecclésiale. »

Chaque année, la centaine de responsables diocésains de la pastorale familiale est réunie à Paris pour des sessions de formation. Celle qui est programmée le 19 mars, fête de saint Joseph, ne porte pas sur la théorie du genre mais sur le thème « prendre soin de l’autre », un thème exploré par les recherches sur le « care » sur lequel a travaillé Fabienne Brugère, en marge de ses études sur la pensée de Judith Butler.

Dans un second article publié dans la même édition du 13 mars sous le titre « Déchirement dans l’Eglise », La Croix s’est indignée que « des sites traditionalistes » (en réalité le Salon Beige, décrit comme « proche de l’extrême droite » dans le précédent article) soient parvenus, par une pétition adressée aux évêques, à faire annuler cette intervention (la seule prévue, à vrai dire, le 19 mars avec celle  du Père Vincent Leclercq, théologien moraliste de l’Institut catholique de Paris).

Le thème avait été « choisi pour faire retomber les passions internes à l’Église catholique après les débats tendus sur le mariage entre personnes de même sexe », argumente l’auteur de l’article, Dominique Greiner. Force est de constater que si tel était le but poursuivi, la décision de Mgr Brunin paraît sage. Dominique Greiner croit cependant savoir qu’ « elle passe mal dans l’épiscopat », évoquant « une reculade sous la pression d’une minorité érigée en police de la pensée », des « croisés qui semblent avoir marqué un point dans la bataille contre-culturelle qu’ils mènent » et  déplorant l’occasion perdue par l’épiscopat « de manifester qu’envers et contre tout l’Église est conversation. » Et de conclure que lors des retrouvailles des évêques à l’Assemblée plénière de Lourdes, ceux-ci « auront à s’expliquer sur une décision qui voulait apaiser les esprits mais qui d’ores et déjà déchire l’épiscopat et sans doute les communautés. Les débats promettent d’être houleux. » (Notons que cet article offensif  -presque une mise en demeure !- de La Croix était « momentanément indisponible » le 17 mars à la mi-journée).

Il a cependant été relayé par Ouest-France qui écrit sous le titre « Désespérant et ridicule » : « Si quelques mouvements d'humeur relayés par des sites Internet proches de la droite extrême, comme Le Salon Beige, suffisent à faire trembler quelques évêques, cela devient inquiétant. L'occasion de saluer le courage, une fois de plus, du journal La Croix, qui, lui, n'a pas tremblé. »

« Décidément, les débats sociétaux autour de la famille ou de la dénommée théorie du genre n'ont pas encore retrouvé en France tout l'apaisement nécessaire au dialogue » constate pour sa part sobrement l’hebdomadaire La Vie.

De fait, il y a «Trouble dans le genre » répond le Père Louis-Marie Guitton dans Observatoire Sociopolitique de Fréjus-Toulon, pour lequel le lien entre la philosophie du « care » et celle du « gender » ne semble guère douteux chez Fabienne Brugère : « En effet, sa philosophie de la sollicitude s’inscrit et s’indexe, d’après elle, sur ce discours des gender studies : "Dans le système de domination masculine qui postule une complémentarité des genres, les sexes sont assignés à des tâches et à des places inchangeables." » Inviter cette philosophe notoirement engagée à gauche (elle serait proche de Martine Aubry et de Christiane Taubira) pour un débat contradictoire, une « disputatio » dans la tradition philosophique déjà en vogue dans les universités médiévales, soit. Mais, objecte le Père Guitton : « La rencontre annuelle des DDPF est-elle le lieu adapté pour subir l’exposé de celle qui revendique son « féminisme ordinaire », dans la lignée de celui de Carol Gilligan et de Judith Butler, selon elle « la grande philosophe du XXI° siècle », mais surtout chef de file des gender studies ? »

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]