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Les catholiques et la politique : quel avenir ?

© AFP
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A l’approche des élections législatives, retour sur le vote des catholiques, ses forces, ses faiblesses et ses perspectives.

Du temps a passé depuis la dernière fois que les Français se sont exprimés par les urnes. Mais, depuis 2012, les choses ont changé. Avec La Manif Pour Tous, on a pu assister au réveil des catholiques sur la scène politique française. A quelques jours des prochaines élections municipales, il n'est pas inutile de s’intéresser au vote catholique et d'en dresser une petite analyse.

De qui parlons-nous ?
Définissons tout d’abord les termes.  Dans le magazine La Nef, Guillaume Bernard, politologue et conférencier à l’Institut catholique d’études supérieures, distingue les notions de « catholique pratiquant » et de « messalisant ».  On appelle « catholique pratiquant » une personne allant à la messe au moins une fois par mois.  Et, le terme « messalisant » se réfère, lui, au catholique allant à la messe chaque dimanche. Ainsi, les « catholiques pratiquants » représentent « au mieux » 15% de l’électorat français (soit environ 6,5 millions de personnes) et  les « messalisants » 4% (soit environ 1, 8 millions sur 65 millions d’électeurs).

On apprend également que, lors des dernières élections présidentielles, les catholiques ont majoritairement voté à droite. Ainsi, au premier tour, 47% des « catholiques pratiquants » ont voté Nicolas Sarkozy, 17% pour François Bayrou et 15% pour Marine Le Pen. Au tour suivant, 79% se sont rangés derrière le candidat UMP. A titre de  comparaison, c’est 9% de plus que lors du deuxième tour de 2007 (avec pourtant le même candidat).

Les faiblesses de l’électorat catholique…
Si le nombre d’électeurs catholiques est minoritaire, sa proportion est néanmoins conséquente quand il s'agit de constituer une majorité électorale. Pris ensemble, les catholiques sont donc à même de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. A priori, plutôt à droite pour le moment.

D’autre part, leur vote reste bien trop souvent prévisible. Par conséquent, cela explique pourquoi les catholiques ne sont politiquement pas redoutés. Á en croire Guillaume Bernard, « pour la gauche, ils ne sont que des rétrogrades minoritaires. Pour la droite, ils sont un électorat acquis envers lequel il n’est nul besoin de tenir d’éventuelles promesses pour obtenir ses suffrages. »

… et ses forces
L’électorat catholique partage le même socle de valeurs et dispose de la plus noble des motivations, la vérité. Si la politique ne se cantonne pas à un dogme religieux, ces valeurs communes sont une aide importante pour le discernement des choix et la prise de positions cohérentes. 
Les catholiques ont aussi une grande ressource : la prière. Ainsi, dans sa lettre aux fidèles du diocèse de Fréjus-Toulon (cf Aleteia), Monseigneur Rey explique que « ce que les chrétiens ont de meilleur à offrir aux gouvernants ou à ceux qui briguent un mandat, c’est leur prière ».
Vient ensuite le souffle donné par les récentes mobilisations. Les Manifs pour Tous, Marches pour la vie et autres ont eu le mérite de remobiliser cette voix silencieuse. Il s’agit donc de continuer à concentrer ces effort sans se disperser.

Quelles menaces pèsent sur le vote catholique… ?
Les divisions sont la principale menace pour les catholiques car, comme le mentionne Guillaume Bernard, « la pratique d’une même religion ne conduit pas à une pensée politique unique ». Aussi, les catholiques souffrent d’une mauvaise image véhiculée par les médias dominants. Difficile de se faire entendre dans ces conditions.

… et quelles sont les opportunités d’avenir ?
Guillaume Bernard souligne que la voix des catholiques ne pourra être prise en compte par les politiciens qu’à « condition de devenir un électorat flottant », c'est-à-dire moins prévisible et qui n’hésite pas à changer le parti pour lequel il a coutume de voter.
Une autre nécessité est selon lui de s’organiser en « groupes de pression thématiques agissant sur l’ensemble des partis » pour le bien commun. Un parti purement catholique ne serait en effet qu’un « fantasme ». Il prône ainsi l’option choisie par la Manif Pour Tous qui a refusé d’être associée à un quelconque parti politique.

Le mot de la fin
Pour Monseigneur Rey, « s’engager en politique est une obligation pour le chrétien ». Il s’agit pour lui  de « réhabiliter la politique au sens noble du terme, et nous avons le devoir de participer aux élections. »   En effet, comme l’a dit le Pape François, « Ce ne sont pas les chrétiens de salon qui changeront le monde, en le commentant du haut du balcon ! » Mais, selon les mots de notre Pape émérite, « ce sont les minorités créatives qui déterminent l’histoire. » 

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