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Saint Valentin : pourquoi est-il le patron des amoureux ?

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Le culte de saint Valentin, protecteur de l’amour et des amoureux, a commencé à se répandre en France et en Angleterre au Moyen Âge.

Le culte de la saint Valentin, comme patron des amoureux, plonge ses racines dans plusieurs légendes nées aussitôt après la christianisation de la fête païenne des Lupercales.

Valentin, évêque et martyr de Terni en Ombrie est peut-être confondu avec un prêtre du même nom, martyr à Rome le 14 février 273) lit-on dans le Sanctoral : « (…) Pour les Bollandistes, (…) nous sommes en face de deux martyrs du nom de Valentin. Valentin de Rome était simple prêtre, Valentin de Terni était évêque. Le corps du second a toujours reposé à Terni, celui du premier n’a jamais quitté Rome. Pour la coïncidence des dates, on peut, l’expliquer en disant que la date du martyre de Valentin de Terni ayant été oubliée, on a uni son souvenir à celui de son homonyme de Rome au 14 février. »
La fête de saint Valentin, martyr et évêque de Terni, est associée à l’ancienne festivité romaine des Lupercales, célébrée le 15 février par des rites de purification champêtres et des rites de fécondité en l’honneur du dieu Faune, grand protecteur des troupeaux.

Mais les comportements liés à cette célébration sont mal vus par le pape Gélase I qui décide alors, en 494, d’y mettre un terme. Et l’Église, dans sa tentative d’enduire d’une patine chrétienne ces rites, désormais ancrés dans la tradition populaire, décide de l’anticiper au 14 février, attribuant au martyr de Terni la capacité de protéger les fiancés et les amoureux destinés au mariage et à une union bénie par des enfants.

La toute première information sur le culte de la saint Valentin à Terni (Ombrie) est inscrite dans le Martyrologium Hieronymianum, une sorte de calendrier de l’Église universelle attribué à saint Jérôme et composé entre 431 et 450.

Saint Valentin, patron des épiléptiques

Aujourd’hui, le 14 février est le jour de la Saint-Valentin pour le monde entier, alors que, selon le nouveau calendrier liturgique, c’est aux deux saints frères Cyrille et Méthode, des moines originaires de Thessalonique (l’actuelle Salonique, en Grèce) que ce jour est dédié. Grands évangélisateurs des peuples slaves, au IXe siècle,  ils ont été proclamés co-patrons de l’Europe par Jean Paul II.

À l’origine, saint Valentin n’était que le saint patron des épileptiques, des enfants malades et des animaux domestiques

Dès le Haut Moyen Âge, le culte religieux de la saint Valentin est répandu essentiellement par les bénédictins. Premiers gardiens de la basilique de Terni qui existe déjà depuis la moitié du XVIIIe siècle, ils en transmettent les images et les gestes aux divers monastères italiens, jusqu’à atteindre la France et l’Angleterre.

Mais dans ces pays, une coïncidence du calendrier veut que la tradition d’un patronat sur les fiancés se développe parallèlement. La fête tombe en effet à une période de l’année où la nature commence à donner ses premiers signes de réveil, à sortir de sa léthargie hivernale, annonçant peu à peu l’arrivée imminente du printemps, quand les oiseaux commencent à faire leurs nids. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si notre saint est parfois représenté avec un soleil dans la main.

Certains critiques littéraires attribuent cette diffusion au poète anglais Geoffrey Chaucer. Le poème allégorique The Parliament of Fowls, qu’il a probablement composé durant son séjour en Italie entre 1372 et 1380, est considéré par les chercheurs comme l’un des premiers témoignages écrits, où saint Valentin est appelé à présider au réveil de l’amour. Le poète y associe en effet sa fête aux fiançailles de Richard II d’Angleterre et Anne de Bohême.

La fête de saint Valentin, telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’a pas d’origine religieuse. Elle est un héritage du monde anglo-saxon qui remonte au Moyen Âge.

Avant que toute cette profusion de légendes n’en fasse le symbole des amoureux, saint Valentin, comme le montre la diffusion de son modèle iconographique dans le nord de l’Italie, était vénéré comme le patron des épileptiques. Une histoire fondée sur un texte, la Vita Sancti Valentini, rédigé en 725, qui lui attribue la guérison miraculeuse de Chérémon, le fils d’un maître de rhétorique latine, appelé Craton, qui enseignait à Rome. Ce dernier avait décidé de se faire baptiser avec ses proches, suscitant la colère des païens qui conduira ensuite à la décapitation de Valentin.

Encore aujourd’hui, en Vénétie, le patron de Terni est invoqué contre l’épilepsie, pour les malades psychiques et les enfants. En particulier à Bussolengo et à Monselice où sont exposées, dans l’église Saint-Georges, ses reliques qui proviennent de Rome. Une des curiosités de ce lieu est aussi cette clef bénie que les parents ont pour tradition, le 14 février, de remettre à leurs enfants pour les protéger de l’épilepsie. Ces clefs devraient aussi permettre aux enfants d’ouvrir les portes du Paradis. Le sud de l’Italie conserve lui aussi quelques traces de cette dévotion au saint : à Vico dans le Gargano, la tradition est de donner de grandes quantités d’oranges pour orner l’église et la chapelle de saint Valentin, protecteur des plantations d’agrumes.

Se donner une rose entre amoureux

À l’étranger, la dévotion pour saint Valentin n’est pas moins importante. Mais à sa fonction de protecteur des épileptiques, répandue dans presque tous les pays, s’en ajoutent d’autres comme en France où il est le patron des apiculteurs et le protecteur des abeilles. En Allemagne, son culte, transmis encore une fois par les bénédictins d’Italie, est associé en revanche à un autre saint du même nom, patron du diocèse de Passau, évêque de la Rezia (Lorch), dont les premières sources remontent au VIe siècle et qui est fêté le 7 janvier. Ce Valentin est lui aussi leur saint protecteur contre l’épilepsie et saint patron des animaux domestiques.

Le culte de saint Valentin est arrivé jusque dans l’Église orientale, au point même que la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou vénère encore aujourd’hui une icône de lui en caractère cyrillique.

Une des légendes qui ont fait de lui le saint des amoureux est celle de la Rose de la réconciliation et celle associée à l’union entre la jeune chrétienne Sérapie et le centurion romain Savin (ou Sabinus)

On raconte qu’un jour, Valentin, en entendant se disputer deux fiancés qui passaient juste devant son jardin, était sorti à leur rencontre une rose à la main, pour la leur donner et les inviter à la paix. Rasséréné par les paroles du saint, le jeune couple était alors revenu quelques temps plus tard chez Valentin pour lui demander de bénir leur mariage et se promettre un amour éternel. Cette histoire, qui se répandit dans la population, marquera le début d’une nouvelle tradition : se donner une rose entre amoureux et se rendre au chevet de Valentin pour demander sa protection.

À Terni, la Saint-Valentin est associée à l’histoire d’amour entre une jeune chrétienne, Sérapie, et un centurion païen, Savin. La résistance des parents de la jeune femme à cette union est grande mais les jeunes finissent par l’emporter, grâce au baptême de Savin et à la foi de leur fille. Or Sérapie est atteinte de phtisie et il ne lui reste que très peu de temps à vivre. Valentin décide donc de se rendre à son chevet, où se trouve aussi Savin, qui exprime le vœu ardent de rester à jamais unie à elle. Son vœu sera exaucé avec l’intercession du saint : les deux amoureux tombent dans les bras l’un de l’autre, entrant dans un sommeil profond qui les unira pour l’éternité.

Avec la collaboration de Giuseppe Cassio, auteur de l’ouvrage Saint Valentin (Éditions Velar, 2011).

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