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Jean Paul II, Benoît XVI, François : les trois papes

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Chacun d’eux avec son charisme propre aura plus particulièrement incarné l’une des trois vertus théologales : l’espérance, la foi, la charité. L’hommage de l’abbé Grosjean.

12/02/2014

Article publié sur Padreblog le 11 février.
 
Il y a un an, Benoît XVI surprenait le monde entier en annonçant qu’il déposait sa charge, persuadé qu’il lui fallait s’effacer devant un autre, pour le bien de l’Eglise. Une deuxième surprise fut l’élection du Pape François ! Déjouant tous les pronostics des « spécialistes », elle installait sur le trône de Pierre un homme de terrain, capable de toucher les cœurs bien au-delà des frontières de l’Eglise.
 
Jean Paul II, Benoît XVI, François … Nombreux sont ceux qui ont essayé d’opposer entre eux ces trois géants de la foi. C’est mal les connaître et ne pas comprendre l’Eglise. Le pape n’est pas le propriétaire d’un message qu’il pourrait modifier à sa guise. Il le reçoit et le transmet. Depuis 2.000 ans, les papes se sont succédés. A travers ces hommes, leurs talents et leurs faiblesses, le message continue d’être transmis. Les chefs d’orchestre se succèdent, chacun avec sa personnalité, mais la partition reste la même : l’Evangile. Quand on me demande celui que je préfère des trois, ma réponse est toujours la même : avant d’aimer Jean-Paul, Benoît ou François, j’aime le Pape. En ce sens, j’aime déjà avec la même foi le prochain évêque de Rome, avant même de le connaître.
 
Cela ne nous empêche pas de méditer sur ce que chacun de ces papes aura apporté de particulier à l’Eglise et au monde. Ils n’ont assurément pas les mêmes charismes, et c’est précieux pour l’Eglise. S’il fallait reprendre une grille de lecture que d’autres ont déjà utilisée, je dirais ceci :
 
Jean Paul II fut le Pape de l’Espérance. Quand il devient le Vicaire du Christ, il trouve une Eglise fragilisée par les tourmentes de l’après-Concile. Le monde est, lui, encore en pleine guerre froide, avec ce mur du silence qui traverse l’Europe et derrière lequel le communisme règne encore en maître. A l’Eglise et au monde, Jean Paul lance ses premiers mots de pape : « n’ayez pas peur ! ». Des épreuves et des persécutions qu’il a lui-même connues, Jean Paul II sait qu’elles n’auront pas le dernier mot si l’homme s’appuie sur le Christ. Face à l’athéisme qui ronge l’Europe, il relance l’Eglise dans une dynamique positive en l’invitant à une « nouvelle évangélisation ». Il s’adresse directement aux jeunes à travers les JMJ : le Pape les sait moins marqués idéologiquement que leurs aînés et mise sur eux pour que le message de l’Eglise, qu’il explique avec une paternelle et fougueuse exigence, soit redécouvert et proposé comme le chemin d’un bonheur vrai. A travers ses nombreux voyages, Jean Paul II transmet cette espérance aux peuples opprimés, leur donnant courage et force pour faire tomber les murs.
 
Benoît XVI s’impose naturellement comme son successeur, après avoir été longtemps son bras droit. Le Pape-professeur aura été le Pape de la Foi. Loin des caricatures, il se révèle doux et humble, amoureux de la Vérité, rappelant sans cesse que la dignité de l’homme, face au relativisme ambiant, est de pouvoir chercher avec sa raison cette Vérité et l’accueillir dans la foi. Le Pape Benoît marque les grands comme les petits de ce monde par la clarté de son enseignement. Il explique la foi, en montre la cohérence, redonne l’envie de lire, et croit les jeunes capables eux aussi d’entrer dans cette intelligence du message évangélique. Soucieux de soigner les blessures et de reconstruire l’unité des catholiques, il fera l’impossible pour convaincre les lefebvristes de revenir et sera attentif à la beauté de la liturgie. On lui doit aussi la tolérance zéro vis-à-vis des affaires de pédophilie qui ont pu salir le clergé. Là encore, priment pour lui la justice et la vérité, auxquelles les victimes ont droit. Il en aura été, selon sa devise, le premier des coopérateurs.
 
François arrive telle une bourrasque imprévue. Mais c’est une tempête de charité qui s’abat sur Rome et sur l’Eglise. Pape de la Charité, il ne renie rien de ses prédécesseurs, dont il parle toujours avec affection et reconnaissance. Il rappelle au monde et à l’Eglise que dans l’annonce de l’Evangile, l’amour inconditionnel de Dieu est ce qu’il faut annoncer en premier. Seul l’accueil de cet amour peut en effet permettre de comprendre les exigences morales qui en découlent. François reste le même : un homme de terrain, un bon pasteur, un pape qui parle un peu comme un curé, proche de ses fidèles. Presque un familier. Cette étonnante proximité bouscule, mais n’empiète pas sur l’autorité du Saint Père. C’est par sa bonté joyeuse, son audace, sa parole vivante et concrète que le Pape s’impose, à la curie comme aux journalistes, aux pratiquants du dimanche comme à ceux qui demeurent « aux périphéries » et que François n’oublie jamais de citer.
 
L’Espérance, la Foi, la Charité. Trois vertus distinctes, mais qu’on ne peut opposer. Trois vertus qu’on appelle « théologales », car elles sont des dons de Dieu et mettent directement en lien avec lui. Jean-Paul II, Benoît XVI et François … trois hommes hors du commun, trois personnalités fortes, si différentes et si reliées l’une à l’autre, trois dons de Dieu au monde et à l’Eglise, pour nos générations et celles qui viendront.
 
NB : cet article a été publié sous forme de tribune, un an jour pour jour après la renonciation du Pape Benoit XVI, sur le Figaro.fr

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