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Benoît XVI : « Un jour, l’histoire lui donnera raison »

© BFM TV
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Un an après, Mgr Georg Ganswein, secrétaire particulier du pape émérite, revient sur cette renonciation qui surprit le monde et marqua les esprits.

11/02/2014

Il y a un an, le 11 février 2013, à la surprise générale, Benoît XVI annonçait qu’il se retirait de sa charge d’évêque de Rome et de successeur de Pierre. Un geste quasi inédit  qui déclencha aussitôt une onde de choc, provoquant beaucoup d’émotion, de réactions et de commentaires parmi les catholiques et plus largement dans le monde entier.

Depuis sa renonciation, le Pape émérite vit quasiment cloîtré au sein du monastère Mater Ecclesiae , dans l’enceinte du Vatican. Il ne fait pas de déclaration et ne participe à aucun évènement public.

A l’occasion du premier anniversaire de sa renonciation, son secrétaire particulier, Mgr Georg Ganswein, a accepté de revenir sur son pontificat et de donner de ses nouvelles. Interviewé par Philip Pullella, journaliste à l’agence Reuters, il affirme que le  pape émérite est « en paix avec lui-même et avec le Seigneur ». « Il va bien, mais il ressent le poids de l’âge, c’est sûr. C’est un homme physiquement âgé, mais son esprit est toujours aussi vif, aussi clair ».

Succéder à Jean-Paul II n’a certes pas été facile, commente  la rédaction de Vatican Insider dans un compte-rendu de cet entretien, dont voici l’essentiel traduit par nos soins :

(…) A une “provocation” du journaliste, Ganswein répond : « Je suis sûr, convaincu que l’Esprit Saint envoie le Pape qu’il faut au moment qu’il faut, et cela est vrai pour Jean-Paul, pour Benoît et pour François. Après le très long pontificat de Jean-Paul II, vécu en pleine force, du moins les vingt premières années, et ensuite les années de souffrance, publique, visible et perceptible, celui qui  est devenu pape est une personne qui, pendant 23 ans, a vécu au côté de Jean-Paul II, comme aucun autre cardinal, et qui était sans doute son plus fidèle et efficace collaborateur. Je ne dirai pas que le Pape Benoît a été malchanceux. Après 27 ans de pontificat, il aurait été difficile pour n’importe qui d’être élu »

 Les médias, fait observer le journaliste, n’ont jamais été tendres avec  Ratzinger. Leur en a-t-il voulu ? « Non – répond Mgr Ganswein -.  Il est clair que, humainement, il a été plus d’une fois  douloureux de voir que ce qui est écrit ne correspond pas vraiment à ce qui a été fait. Mais la mesure de ce qui a été fait, de la manière dont cela a été fait, ça ne se trouve pas dans les médias. Pour savoir ce qui est juste, il faut se mettre devant le Seigneur et devant sa conscience ». Et « l’Histoire aussi – poursuit Mgr Georg – finira par lui donner raison ! »

 Justement, comment sera jugé le pontificat de Benoît XVI ?  Mgr Ganswein n’esquive pas la question : « Je suis sûr, vraiment convaincu, que l'Histoire donnera son jugement, bien différent ce que qu'on a souvent lu dans les dernières années de son pontificat, car les sources sont claires et donnent de l’eau claire ». Quant aux relations entre les deux papes, Mgr Ganswein souligne que : « dès le départ, le contact a été bon entre les deux hommes … Ils s'écrivent, se téléphonent, se parlent, s'invitent… ».

(…) Le secrétaire du pape émérite est probablement le seul haut prélat au Vatican à avoir deux maîtres et   sans doute le premier de l’histoire à avoir cette double tâche : servir deux papes en même temps … « On dit – conclue-t-il – que j’ai deux maîtres. Dans un certain sens c’est vrai et j’ajoute qu’il est également possible de vivre en étant partagé entre deux maîtres. Mon service se déroule en pleine harmonie avec les deux papes, je fais le pont entre l’ancien et le nouveau. Jusqu’ici cela a parfaitement fonctionné et j’espère que les deux maîtres sont satisfaits. Un pont entre deux ponts? «Un jeu de mots… mais au fond c’est bien ça »

Article traduit de l’italien par Elisabeth de Lavigne