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Pourquoi l’Église s’oppose-t-elle à la pratique des mères porteuses ?

Pierre-Olivier Arduin - Publié le 04/02/14

La gestation pour autrui aliène les femmes qui « prêtent » leur utérus : le corps des femmes n'est pas un outil de production.

Par : Pierre-Olivier Arduin,
responsable de la commission bioéthique de
l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon

1 L’Église se sent concernée par la souffrance des femmes frappées par une stérilité utérine mais s’oppose à la dépénalisation de la gestation pour autrui au nom du respect de la dignité humaine

L’Église se sent profondément concernée par la détresse des femmes frappées par une infertilité d’origine utérine, quelle soit congénitale, résultant d’une hystérectomie ou encore faisant suite à la destruction pathologique de l’utérus quelle qu’en soit la cause. Pour surmonter cette stérilité, certains préconisent la dépénalisation de la gestation pour autrui (GPA), une procédure qui fait appel à une mère porteuse ou gestatrice dont le rôle est de porter un embryon conçu par fécondation in vitro, en général avec les gamètes des parents d’intention. En outre, si la fonction ovarienne est elle-même déficitaire (ce qui n’est pas rare) ou si le père est infertile, les défenseurs de la GPA admettent que l’enfant à naître puisse aussi être issu d’un don d’ovocyte ou de spermatozoïde. La parentalité peut être ainsi éclatée entre une mère gestatrice, une mère génétique, une mère éducatrice et/ou un père génétique donneur de spermatozoïde et un père d’intention.

L’Église rappelle que l’intention légitime et excellente de donner la vie à un enfant ne confère pas de droit à l’enfant qui permettrait aux parents de revendiquer de l’Etat n’importe quel moyen à mettre en œuvre à cet effet1. La fin ne justifie pas les moyens, dit tout simplement l’Église, assurément l’un des grands principes de la vie morale personnelle et collective. Pour promouvoir le respect de la dignité humaine en la matière, elle s’appuie sur de nombreux arguments rationnels qui visent à protéger et la mère et l’enfant.

2 La technique des mères porteuses repose sur l’instrumentalisation du corps des femmes transformé en outil de production

Du côté de la mère porteuse, l’instrumentalisation de la personne est manifeste. Le contrat a en effet pour objet d’octroyer un « prêt » d’utérus, contre rémunération ou dédommagement de la femme qui s’y livre, conférant un droit patrimonial sur le corps incompatible avec la dignité humaine. En mettant son corps à disposition des requérants, la mère porteuse produit un enfant au moyen de son instrument de travail, l’utérus, entraînant une confusion entre grossesse et simple fabrication d’une marchandise.

On assiste d’ailleurs à une division du travail de reproduction qui peut impliquer potentiellement jusqu’à quatre parents : la mère génétique qui fournit l’ovocyte, le père génétique qui fournit le spermatozoïde, la mère porteuse qui réceptionne l’embryon et le produit jusqu’à la naissance, le couple, hétérosexuel ou homosexuel, qui détient le projet parental. « Comme la prostitution retire la sexualité à la vie intime pour la transformer en service disponible sur le marché, l’usage d’une femme comme gestatrice retire la maternité à la vie personnelle et privée pour la transformer en tâche et en service 2».

L’Académie nationale française de médecine a également mis en garde le législateur sur une pratique qui revient à engager une personne en bonne santé dans une grossesse qui n’est jamais sans risques obstétricaux3. Fausse couche, disgravidie, diabète gestationnel, dangers liés à l’accouchement, retentissement psychologique,… autant de complications qui devront être « assurées » dans le contrat. Quelle sera d’ailleurs la responsabilité de la mère porteuse si elle contracte une maladie, adopte un comportement dangereux pendant la grossesse (alcool, tabac, excès de sport, médicaments,…) ?

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