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Euthanasier les enfants ? C’est comme marquer un but contre son propre camp

Carlo Valerio Bellieni - Publié le 16/01/14

L’extension aux mineurs des paramètres de l’euthanasie concernant des adultes est une erreur, même pour ceux qui y sont favorables.

16/01/2015

En pleine campagne médiatique en faveur de l'euthanasie, voici qu’apparaît dans le dernier numéro de la revue Micromega, un article du médecin néerlandais, le Dr Eduard Verhagen. Eduard Verhagen est l'un des principaux rédacteurs du Protocole de Groningen, qui a ouvert la porte à l'euthanasie infantile aux Pays-Bas, contrecarrée par beaucoup. Les pro-vie n’ont pas été les seuls à s’opposer au protocole de Groningen, mais aussi les neurochirurgiens néerlandais qui soignent les enfants atteints du spina bifida (l’épine bifide), une malformation de la moelle épinière considérée, s’étonnaient-ils, comme l’exemple type pour appliquer la « mort douce ».

En 2009, dans le Journal of perinatal medicine, des savants américains expliquaient que le protocole de Groningen « n'est pas cliniquement nécessaire, ni scientifique, ni éthique ». Et ceux qui s’étonnent aujourd’hui sont les néonatologues belges  Serge Vanden Eijnden et Dana Martinovici qui, bien que n’étant pas opposés l’euthanasie, critiquaient  le Protocole dans le numéro de Juin de Clinical ethics .

 « L’undes principaux défauts du protocole, écrivent-ils, est d’avoir transposé la notion de souffrance insupportable de l'adulte au nouveau-né. Mais la majorité des nourrissons dont nous parlons ne sentent pas la douleur.
Souffrent-ils? Veulent-ils mourir? La réponse de bon sens est non. Et les études sur la qualité de la vie ne confirment pas toujours le fait que les handicaps les plus lourds sont associés à la souffrance la plus aigüe et continue».

Les deux auteurs mettent en doute que les médecins soient toujours en mesure de prendre des décisions objectives sur la fin de vie, de même que ne le sont pas les parents, pris entre le stress et le  conflit d’intérêts.

L’euthanasie sur des nouveau-nés représente-t-elle un autre pas sur un sentier abrupt ou, en définitive, l’émergence des contradictions de l’euthanasie ? En réalité, parler d’euthanasie dans le cas d’enfants fait dresser les cheveux sur la tête: un mineur est-il apte à consentir à sa propre mort ; peut-il raisonnablement évaluer son propre futur ? Dans le cas d’un nourrisson, la réponse est non; et pour l’adulte ? Maintenant: l’euthanasie – celle aussi des adultes – est-elle vraiment une demande gratuite ou a-t-elle d'autres causes extérieures à la liberté du sujet, en particulier la rareté coupable de soins palliatifs, les antidouleurs et antidépresseurs ?

Jusqu’à Umberto Veronesi, qui ne fait pas mystère de son soutien à l’euthanasie,  et qui interviewé par le journal Oggi, déclare: « Je suis convaincu que, avec des soins palliatifs adaptés personne ne demanderait l’euthanasie ». Mais alors, pourquoi ne pas demander davantage de soins pour tous? En somme, amener l’euthanasie infantile au sein du débat  sur la fin de vie revient à marquer un but contre son propre camp, pour les défenseurs de l’euthanasie : en effet, à bien y réfléchir, les doutes quant à la liberté de la décision et la douleur insupportable (qui ne trouve pas de réponse dans les thérapies sérieuses) sont les doutes qui naissent lorsqu’un adulte demande à mourir.

Prévention et accompagnement: nous savons le travail qui attend encore les chercheurs et médecins dans ces domaines sensibles, combien ils sont coûteux et difficiles pour les ressources publiques, combien de personnes qui ne sont pas en fin de vie, mais substantiellement ‘fatiguées de la vie ’, figurent parmi les bénéficiaires des services de suicide assisté et d’euthanasie.

Le rôle de l'Etat devrait être de prévenir, soulager et guérir : la voie de l’euthanasie nous semble, en revanche, un piètre raccourci à la Ponce Pilate. Les propositions d’euthanasie pour ceux qui, comme les enfants, sont dans l’incapacité de s’exprimer sont un panneau indiquant, de façon involontaire mais efficace, la grande limite de l’euthanasie légalisée.

Tags:
BioéthiqueEnfantseuthanasie
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