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Sœur Elvira Petrozzi : elle sauve les drogués avec le rosaire

@DR
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Pour elle, « la guérison ne suffit pas, l’important est le salut ». Aussi a-t-elle fondé, il y a trente ans, la Communauté du Cénacle : une « école de vie », sous le regard de Marie.

28/12/2013
 
« Je suis une femme passionnée : de balai et de marmite, du frère pauvre et de chapelle. Une femme de la rue, sans instruction, qui n’a jamais songé  à apprendre à lire et à étudier pour pouvoir enseigner à l’autre, pour “faire” la charité“.  La charité, c’est ma vie, c’est le don de moi-même, le don de ma joie pour un ‘oui’ à Dieu de plus en plus vrai et passionné ».  C’est ainsi que, très simplement, se décrit  Elvira Petrozzi, une petite sœur au regard saisissant.

Universellement connue comme « la  Sœur des drogués », elle naît à Sora le 21 janvier 1937. Durant la Seconde Guerre mondiale, avec sa famille « qui était plus pauvre que les autres », elle émigre à Alexandrie, où elle vit les difficultés et la misère de l'après-guerre, expérimentant à la maison « le privilège de régner» en servant les autres, comme elle le raconte dans le livre “L'abbraccio” (Edizioni San Paolo). Elle se souvient, en effet, avec  gratitude de cette école du sacrifice appris en famille, avec ses sept frères et sœurs, quand  on se levait de table avec toujours les affres de la faim.  « Quelle belle chose que la pauvreté », écrit-elle, car « la pauvreté est la liberté ! » 

Une souffrance apprise en famille à cause, notamment, d’un père alcoolique, qui a été « mon université pour apprendre à aimer et à servir tout le monde avec dignité ». Tout ce que j’ai vécu petite, ajoute-t-elle, « a été transformé : des ténèbres à la lumière »

À 19 ans, elle comprend que l'amour exclusif pour un garçon est un habit trop étroit pour elle : sa vocation est de partager la tendresse de l'autre Epoux qui a frappé à la porte de son cœur, et qui l’a « aimée, suivie, cultivée », depuis sa toute petite enfance ». Jusqu'à l’âge de 46 ans, c'est une religieuse "normale", qui est aussi maîtresse dans une crèche.

En 1983, elle fonde la première Communauté du Cénacle dans une ancienne maison du XVIIIe siècle, perchée sur une colline au-dessus de Saluzzo, dans le Piémont ; actuellement, il y a près de 60 autres « cénacles » éparpillés en Italie et dans le monde entier (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Slovénie, Autriche, Pologne, Russie, Irlande, France, Etats-Unis, Mexique, République Dominicaine, Brésil). Elle avait songé d'abord à créer une communauté pour les jeunes paumés, perdus  dans l'ennui, l'insécurité, à la dérive.

« Je voulais à tout prix qu’il y ait Marie –se souvient la religieuse–, et en songeant au Cénacle, j’ai tout de suite pensé à l’Eglise, aux apôtres réunis autour d’elle au Cénacle, enfermés et morts de peur après la mort de Jésus. Mais ensuite au Cénacle, avec Marie, ils prient. L’Esprit Saint descend et les Apôtres se transforment en témoins courageux. Cette porte, qui était fermée par la peur, s’ouvre au courage et à la joie du témoignage ».

Les premiers à frapper à sa porte ont été de jeunes toxicomanes, affamés d’autre chose : c’étaient « des jeunes avec des yeux éteints et avec la mort dans le cœur, qui me demandaient non des médicaments, mais la joie de vivre! ». Sœur Elvira consciente « qu’une thérapie uniquement humaine n'aurait pas rassasié leur cœur », décide de recourir à la prière pour raviver en eux l’espérance. Malgré les premiers pas incertains et les erreurs inévitables, elle ne baisse pas les bras, intimement convaincue que  « les œuvres de Dieu naissent dans le silence et ne font pas de bruit ».

Elle apprend à lire dans le livre de la vie qui conduit au mystère de la Croix.
Et c’est ainsi que, contaminés par leur rencontre avec sœur Elvira, “ses jeunes” acceptent consciencieusement ses règles : réveil à 6 heures pour prier, travailler et partager la vie, parce que les centres qu’elle a fondés ne sont pas des « communautés thérapeutiques », mais « des écoles de vie ».

Lorsqu’on arrive là, on se voit confier à un “ange gardien”, un garçon en chemin  vers la renaissance et qui,  ayant déjà surmonté les premières grandes difficultés, est prêt à prendre soin du nouveau gars qui entre en "lambeaux" au Cenacolo.

 A chacun est confiée une tâche précise, de la cuisine au nettoyage, aux travaux de maçonnerie, afin de redécouvrir la valeur de la fatigue vécue avec honnêteté et le sens des responsabilités.
Une fois par semaine, il y a la «révision de vie»: les jeunes se réunissent par petits groupes pour partager les succès et les échecs des jours précédents.
 
Avec l'aide de quelques amis prêtres, dans chaque fraternité, en général trois fois par semaine, est célébrée l'Eucharistie. La prière est en fait le centre et le cœur de la journée communautaire. Et le chapelet, trois fois par jour, est l’unique  médicament à prendre.

Surtout Sœur Elvira implique les familles dans le processus de renaissance de leurs enfants. Et « de nombreux parents–poursuit-elle– vivent l'expérience que justement la croix de leur fils perdu, cette croix qu’ils n’ont pu ‘résoudre’, déléguant à quelqu’un la solution du problème, cette croix qui a mis leur vie à genoux, a été la source de leur conversion ». Et elle en a vu des larmes, des embrassades, des réconciliations, des familles ressuscitées !

Dans les premiers temps, au bout des trois années de cheminement, les garçons recevaient la “bénédiction” et devaient s’en aller ; mais certains, après avoir reconstruit leur propre vie, ont choisi de rester pour restituer l'amour qu’ils ont reçu gratuitement. D’autres ont exprimé le désir de pouvoir réaliser au sein de la Communauté leur vocation de fonder une famille, en vivant d’une manière authentique et chrétienne. C’est ainsi qu’est né le « noviciat du couple » dont sont issues diverses  « familles missionnaires ».

Quand les jeunes sortent de la Communauté, une fête est organisée au cours de laquelle sœur Elvira remet à chacun un crucifix et un chapelet, parce que « la guérison ne nous suffit pas, l’important est le salut.
 
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La Communauté du Cénacle en France
Trois maisons de la Communauté du Cenacolo (Cénacle) ont ouvert leurs portes aux abords des Sanctuaires de Lourdes : une maison de garçons (à Lourdes) et deux maisons de filles (à Bartrès et à Adé)
Adresse : 1, chemin des Coustères, 65100Lourdes – France
Tel : 05 62 94 77 27
mail : cenacololourdes@orange.fr
 
[Pour en savoir plus: http://www.comunitacenacolo.it/]

Traduit de l'édition italienne de Aleteia par Elisabeth de Lavigne.

      
 
 

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