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Sommes-nous réellement libres ? Réponse du professeur Rémi Brague

Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC
21 janvier 2010 : Rémi BRAGUE, écrivain, philosophe, universitaire, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, professeur de philosophie à l'Université de Paris I. Paris (75), France.
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Interrogé par Aleteia après sa conférence sur « Dieu et la liberté: les racines bibliques de l'idée occidentale de liberté », Rémi Brague, prix Ratzinger 2012 de la théologie, livre sa conception du libre arbitre.

« Faire ce que l’on veut, vaste programme ! » plaisante le professeur, au sujet des « imbéciles » qui auraient l’idée baroque de croire en la totale liberté de la volonté.

En revenant sur des siècles de philosophie et de spiritualité en Occident, Rémi Brague met nettement en doute l’existence d'un libre arbitre autonome et souverain. C’est l’exemple de saint Paul qui lui vient spontanément à l’esprit, saint Paul qui, rappelle-t-il, ne parvient pas à faire le bien qu’il connaît et qu’il approuve, quand au contraire il persiste à faire le mal qui le révulse. En cela, "l'apôtre des nations" faisait déjà écho à la pensée de poètes païens, Ovide notamment. Ce que décrit saint Paul est « l’expérience fondamentale de la faiblesse de la volonté », commente Brague. 

À la question de savoir quelle a été la contribution du Christianisme au vaste problème posé par le libre arbitre, Rémi Brague considère que le Christianisme a le mérite d’avoir avoué « avec courage » que nous ne faisons pas ce que nous voulons. C’est ainsi qu’il répond aux « imbéciles » qui prétendent faire ce qu’ils veulent : « On se fait beaucoup d’illusions lorsque l’on dit ’Je fais ce que je veux’. Dans la plupart des cas, nous sommes voulus, nous sommes passifs. En d’autres termes, nous voulons ce que l’on veut que l’on veuille. Et ce ‘on’ peut être une quantité de choses. Cela peut être la publicité, cela peut être l’air du temps ou bien l’éducation que l’on a reçue… »

Mais la cause du libre arbitre n’est pas définitivement perdue pour autant, à en croire le lauréat du prix de la Fondation Ratzinger. Il existe une alternative à cette prédestination, en cela que pour exister, le libre arbitre doit être libéré. C’est en cela que réside toute la force du Christianisme : il nous fait admettre que nous avons besoin d’aide pour être libre. Cette aide, nous l’appelons la Grâce, et c’est précisément cela l’expérience humaine fondamentale.

Rémi Brague reprend à son compte le terme luthérien de « serf arbitre » (tout en précisant qu’il ne s’associe nullement à la conception luthérienne de la question du libre arbitre), qui désigne la dépendance de la volonté humaine face à la Grâce de Dieu, seule et unique voie vers la véritable liberté.

La liberté, en effet, est un don que l’on reçoit de Dieu, elle n’est pas autonome, et c’est précisément ce que le philosophe veut nous dire lorsqu’il rappelle que notre libre arbitre, pour s’exercer, a besoin d’être libéré.

Vous pourrez visionner ici la conférence du professeur Rémi Brague à Rome, sur les racines bibliques de l'idée occidentale de liberté.

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