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L’euthanasie et le dur labeur de vivre

© VILevi / SHUTTERSTOCK
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Peut-on affirmer que l’euthanasie s’inscrit dans une logique de soins quand l’acte et l’intention sont destinés à supprimer une vie ?

Du blogue de Jacques Gauthier http://www.jacquesgauthier.com/blog/entry/l-euthanasie-et-le-dur-labeur-de-vivre.html
 
Personne n’aime souffrir et tout le monde souhaite mourir dans la dignité. Pour la personne gravement malade, il y a des jours où rester en vie devient un dur labeur. Il est alors tentant de dire « non » au terrible devoir de vivre. Quand le personnel médical n’arrive pas à trouver le bon dosage de médicaments, quand le malade concentre toute son énergie à se survivre, à retrouver son identité, je peux comprendre qu’on pense à l’euthanasie. Il s’agit de ma liberté, dit-on, mais à quel prix ?
 
Une pente glissante
 
À ce jour, trois pays européens et deux États américains seulement ont légalisé l’euthanasie. On n’ouvre pas impunément cette boîte de Pandore sans de possibles dérives, comme on le voit actuellement en Belgique. On rapporte des décès par euthanasie sans la demande ou le consentement du patient. Le 12 décembre 2013, une nouvelle étape a été franchie avec le vote du Sénat belge en faveur d’une proposition de loi qui vise à étendre l’euthanasie aux mineurs, sans limite d’âge. (cf. Aleteia)
 
Même si la population est généralement d’accord avec ce que l’on appelle « l’aide médicale à mourir », cette pratique remet en question la solidarité entre les citoyens, le devoir de vivre et de s’occuper des autres. À cet égard, l’euthanasie apparait comme une démission par rapport aux personnes les plus vulnérables. Les gens ne demandent pas à mourir lorsqu’ils reçoivent les soins appropriés et qu’ils sont bien entourés. 
 
Les gouvernements devraient plutôt développer l’accessibilité aux soins palliatifs au lieu de légiférer sur une « aide médicale à mourir », qui est un euphémisme, car tuer n’est pas un soin, nous rappellent des médecins, à qui il va incomber de donner la mort, alors qu’ils ont été formés pour soigner. C’est tout le lien médecin-patient qui se trouve ainsi fragilisé.
 
On s’engage sur une pense glissante où le sens de la dignité de toute vie risque de se perdre. Mais quand on ne s’entend pas sur les mots comme fin de vie, soins palliatifs, qualité de vie, compassion, aide médicale à mourir, euthanasie, suicide assisté, dignité, la réalité devient elle-même nébuleuse. À entretenir le flou du vocabulaire, on essaie peut-être de contourner le Code criminel canadien de qui relève le suicide médicalement assisté. De plus, quel message envoie-t-on aux personnes en détresse alors qu’on met beaucoup d’énergie à contrer le suicide, surtout chez les jeunes?
 
Logique de soins ou de mort
 
Peut-on affirmer que l’euthanasie s’inscrit dans une logique de soins quand l’acte et l’intention sont destinés à supprimer une vie ? Même « en fin de vie », la personne reste toujours « en vie ». Le personnel médical administre des médicaments pour contrôler la douleur. Puis la mort arrive naturellement, sans acharnement thérapeutique, mais aussi sans injection létale ou autres moyens pour mettre fin à la vie. Mon épouse, bénévole en soins palliatifs, me disait que le défi pour les médecins était de trouver le bon dosage de médicaments qui apporte du confort au patient.
 
Au Québec, le projet de loi 52 parle de mourir dans la dignité pour mettre fin à la souffrance. Est-ce à dire que la personne qui souffre est en train de perdre sa dignité? À ce compte-là, seule celle qui est en santé la possède.
 
Grand papa Bernier

En 2006, j’ai accompagné mon beau-père atteint d’un cancer. Je suis resté en relation avec lui jusqu’à la fin. Même en phase terminale, quand il ne pouvait plus parler, il n’avait rien perdu de sa dignité. Sa foi chrétienne lui apportait une grande espérance. Puis la mort est venue doucement, et sa dignité n’est pas morte pour autant. « Nous lui avons fermé les yeux pour que les nôtres s’ouvrent sur sa naissance », avais-je écrit dans le recueil de poèmes

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