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Embryon humain : La Cour européenne saisie de la question de son statut

aleteia - Publié le 19/12/13

Dans les prochains mois, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) devra se prononcer sur l'affaire Parrillo contre l’Italie (no 46470/11) mettant en cause le statut de l’embryon humain.

 Cette affaire concerne une femme qui en 2002, alors qu’elle était déjà âgée de 48 ans, a entrepris avec son mari d’avoir des enfants par procréation médicalement assistée (PMA). Cinq embryons ont été conçus in vitro à cette fin puis congelés pour une future implantation, la requérante étant atteinte d’endométriose.

En 2003, la requérante perd son mari et renonce alors à poursuivre la procréation médicalement assistée. Depuis, les embryons demeurent congelés.

Huit ans plus tard, en 2011, mécontente qu’une loi adoptée en 2004  (loi n° 40/2004) prévoit notamment l’interdiction de la destruction des embryons humains in vitro, la requérante saisit directement la CEDH au motif qu’elle souhaite donner les embryons à la recherche, pour qu’ils soient ainsi détruits. Elle allègue la violation de son droit de propriété sur les embryons humains (article 1 du Protocole n° 1) et du droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8).
Alléguer une violation du droit de propriété implique de dénier aux embryons humains la qualité de sujets de droit pour les qualifier de choses.

L’ECLJ a été autorisé par la Cour à lui soumettre des observations écrites sur cette affaire. Dans ses observations, l’ECLJ rappelle tout d’abord que la loi n° 40/2004 a été adoptée pour fixer des normes éthiques et pour mettre fin à ce que l’on appelait alors le « far-West reproductif ». Des embryologistes abusaient en effet alors la PMA, notamment afin de répondre à la demande d’enfants formulée par des femmes âgées (parfois au-delà de 60 ans). Cette loi 40/2004 a affecté le secteur économique des biotechnologies en Italie et demeure débattue en raison de la protection qu’elle accorde aux embryons humains.

Sue le fond, l’ECLJ expose que par la loi 40/2004, le législateur italien a reconnu à l’embryon humain in vitro la qualité de sujet, au même titre que les autres sujets impliqués dans la PMA, et vise à garantir son droit à la vie. A cette fin, la loi interdit la destruction volontaire des embryons conçus (destruction par diagnostic préimplantatoire ‘DPI’ ou par recherche scientifique) et prescrit la congélation des embryons non (encore) implantés. Le choix du législateur italien est soutenu par de nombreuses normes européennes.

L’ECLJ rappelle ensuite que la Cour laisse à chaque Etat la responsabilité de déterminer quand commence la protection du droit à la vie, et qu’elle accorde la protection de la Convention à l’embryon ou au fœtus à partir du moment où le droit interne leur accorde cette protection. Il en résulte que la Convention s’applique aux embryons in vitro dans la mesure où le droit italien leur accorde sa protection, et que la Convention ne peut pas être utilisée pour forcer l’Italie à réduire la protection accordée aux embryons humains.

Les embryons étant des sujets, ils ne peuvent pas être des choses, objet de droit réel, et ils ne peuvent pas être détruits volontairement. Le fait que la loi italienne permette l’avortement, et donc la destruction des embryons in utero, n’a pas d’incidence en l’espèce car cette permission vise uniquement à préserver les droits à la vie et à la santé de la mère. Or, en aucun cas, la destruction des embryons in vitro ne peut se révéler nécessaire pour préserver la vie ou la santé de la mère.

S’agissant du désir de la mère de donner les embryons à la science pour le progrès de la médecine, l’ECLJ rappelle à la Cour que cette intention ne peut justifier la destruction des embryons in vitro, car le principe juridique de primauté de l’être humain sur l’intérêt de la science et de la société s’y oppose nettement.

Enfin, le fait que la majorité des Etats européens permettent la recherche destructrice sur l’embryon n’est pas déterminant, car cela ne résout pas la question préalable de la nature de l’embryon  et de sa protection, question qui relève du droit interne. Ainsi, l’existence d’un quasi-consensus n’est pas de nature à créer une obligation conventionnelle de légaliser une telle pratique, laquelle obligation ne trouverait de toutes façon pas de fondement dans la Convention elle-même.

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EmbryonEurope
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