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Le mot d’ordre de Noël : « Tous consommateurs ! »

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Publié par « Place de l’Eglise », le blog de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, ce savoureux billet du Père Louis-Marie Guitton à propos d’un slogan entendu sur France Info.

C’est l’une des rubriques phares de notre chaîne de radio consacrée à l’information continue… On ne sait pas si c’est un conseil, un constat ou bien encore un commandement.

C’est une banalité que de dire que nous vivons chaque fin d’année une grande quinzaine commerciale, où il est tout juste permis de faire mention de Noël, dans des limites raisonnables… Ainsi, dans une galerie marchande avait été installée une crèche vivante… Réactions généralement bienveillantes des passants, surtout des enfants devant l’âne et les moutons, jusqu’à cette exclamation : « Ces chrétiens exagèrent, jusqu’où iront-ils ? Voilà qu’ils n’hésitent pas à récupérer la fête de Noël ! »

Parmi les messages clés du Pape François (personnalité de l’année 2013 !), figure en bonne place cette dénonciation de la consommation comme critère ultime de notre dignité et de notre bonheur. L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a, qu’il possède, qu’il produit ou consomme ! Les offres de cette consommation, « multiple et écrasante », à grand renfort de publicité tapageuse, peinent à dissimuler le vide et la tristesse « d’un cœur bien installé et avare », recherchant des plaisirs superficiels et renfermé sur lui-même. La crise actuelle a de multiples racines ; elle vient notamment du fait que l’homme est réduit à un seul de ses besoins : la consommation. Le moral des ménages ne se mesure-t-il pas précisément sur la consommation ?

Cet esprit de consommation effrénée est le fruit d’un individualisme maladif, d’un matérialisme mercantile, qui ne s’achève que dans la destruction de l’homme lui-même. L’être humain en vient parfois à être réduit à un bien de consommation, que l’on peut utiliser et ensuite rejeter. C’est la logique de la culture du déchet : « les exclus ne sont pas des exploités, mais des déchets, des restes ».

« Nous sommes parfois durs de cœur et d’esprit, nous oublions, nous nous divertissons, nous nous extasions sur les immenses possibilités de consommation et de divertissement qu’offre la société. Il se produit ainsi une sorte d’aliénation qui nous touche tous. » (Pape François, Evangelii gaudium, 196)

Face à ce culte de la consommation, il nous revient non pas tant de spéculer sur les malheurs du temps que de nous pencher sur le cœur de l’homme « compliqué et malade », dont l’une des blessures est précisément cette avidité, cette concupiscence des yeux, jamais rassasiée. Le Mystère de l’Incarnation vient opérer ce changement radical qui vient redonner à l’homme sa dignité. « Le Christ vient révéler l’homme à l’homme en lui faisant connaître sa très haute vocation d’enfant de Dieu. » (Gaudium et Spes, 22). A Noël il ne s’agit plus de donner que de recevoir, et cela n’est possible que les mains vides, c’est-à-dire dans l’humble reconnaissance de notre pauvreté, que les biens de consommation ne parviennent jamais à combler.

La crèche vient aussi inaugurer et fonder une culture de la fragilité. Dans l’humble berceau Jésus s’identifie aux plus petits et aux plus vulnérables. Ce n’est pas un hasard si le Pape a fait de ce soin de la fragilité un axe de son pontificat. « Il est indispensable de prêter attention aux nouvelles formes de pauvreté et de fragilité dans lesquelles nous sommes appelés à reconnaître le Christ souffrant, même si, en apparence, cela ne nous apporte pas des avantages tangibles et immédiats. » (Evangelii gaudium, 210) La fameuse expression périphéries existentielles de l’Eglise, nous plonge au cœur de cette préoccupation.

Enfin, et parce que la crèche annonce et nous renvoie à la croix, comment ne pas se rappeler que les dernières paroles de Jésus au Calvaire : « Tout est consommé » ? Tout est achevé, accompli… De quelle consommation s’agit-il ? A Noël, Jésus pourrait nous dit: « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour consommer, mais pour être consommé et donner sa vie. » Comme l’avait si bien compris le bienheureux Antoine Chevrier : « Le chrétien est un homme dépouillé, crucifié et mangé. » Ainsi nous comprenons qu’il est sans doute plus important d’être consommé que de consommer.

Retrouver ce billet : placedeleglise.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=533:tous-consommateurs-
 

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