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Centrafrique : les soldats français confrontés à une réalité de haine et vengeance

PACOME PABANDJI

Isabelle Cousturié - Famille Chrétienne - Fides / OPM - Publié le 10/12/13

Alors que deux soldats français viennent de perdre la vie dans un accrochage à Bangui, une missionnaire spiritaine dénonce « un conflit fabriqué par les politiciens et nourri par les sentiments de haine et de vengeance »

10/12/2013

Deux soldats français de 22 et 23 ans du 8ème régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres ont été tués dans la nuit du 9 au 10 décembre  lors d'un accrochage à Bangui, la capitale du pays.

Les unités françaises de l'opération « Sangaris » et les contingents africains de la Fomac, ont pour mission de désarmer tous ceux qui seront interceptés avec une arme dans la ville.

Or, au cinquième jour de l'opération française,  les heurts sont toujours très violents dans la capitale centrafricaine où, en début de semaine, la situation semblait pourtant se « normaliser progressivement » selon l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre Muños, bloqué dans une paroisse avec des centaines d’autres réfugiés, après les violents affrontements du weekend end dernier (Fides).

A propos de ces affrontements, les témoignages se multiplient, confirmant le contexte de « haine et vengeance »  qui règne sur le territoire et les risques de voir la situation dégénérer en conflit interreligieux  si « les cœurs ne sont pas pansés rapidement » :

 « On ne peut pas objectivement employer le terme de persécution en Centrafrique. La persécution signifie des mesures répressives contre un groupe religieux. On n’en est pas encore à ce niveau », déclare Sœur Paulette Petit, que tout le monde surnomme Sœur Milou, dans un tout récent témoignage àFamille Chrétienne.

Sœur Milou est religieuse spiritaine, directrice de l’école Sainte-Thérése, à Bangui, la capitale centrafricaine. Elle raconte ce qu’elle a vu et vécu durant ces derniers jours à Bangui, théâtre de nouveaux massacres, ayant fait les 5 et 6 décembre derniers,  entre 300 et 400 morts.

Voici quelques extraits de son témoignage :

«  (…) À 3 h du matin, des coups de canon se font entendre, cela dure longtemps. Ensuite, un peu de calme et vers midi, nous entendons des coups de feu. Les gens fuient et se réfugient dans les églises : à la cathédrale plus de 1 000 personnes, à Saint-Pierre-de-Gobongo environ 2 500, à Saint-Bernard plus de 3 000, à Notre-Dame-d’Afrique, plus de 3 500 et à Saint-Paul-des-Rapides plus de 5 000 (…) »

«  (…) Si tu es au volant de ta voiture, un rebelle arrive, te demande les clés et si tu ne les donnes pas tout de suite, il te tire dessus, te jette au bord de la route et part avec ton véhicule (..) “

« (…) Depuis la prise du pouvoir, les postes clés du gouvernement sont tenus par des musulmans. Les chrétiens ont toujours gouverné ce pays, le tour des musulmans est venu de prendre le pouvoir, disent certains. Quand il arrive qu’un musulman soit tué dans des accidents, des représailles sont toujours orientées contre les chrétiens. Face aux violences, les habitants ont pris l’option de se constituer en groupes d’autodéfense qu’on appelle les « anti-balakas ».

« On peut donc dire qu’un conflit interreligieux se profile en Centrafrique, si des mesures fortes ne sont pas prises pour l’arrêter. Un conflit fabriqué non seulement par les politiciens mais aussi nourri par le sentiment de haine et de vengeance après les atrocités subies par les chrétiens ».

«  (…) Avec la crise militaro-politique actuelle, le contexte a changé. Il va falloir faire un travail de fond pour guérir les cœurs et les mémoires blessés. »

Le président français François Hollande se recueillera dans la soirée devant les corps des deux soldats français, indique un communiqué de l’Elysée.

A cette occasion, le chef de l’Etat s’exprimera devant les troupes françaises, s’entretiendra avec des officiers de la force africaine et des soldats avant leur départ en patrouille. Il rencontrera dans la foulée les autorités religieuses centrafricaines ainsi que le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. (Le Point)

Tags:
Afrique
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