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Centrafrique : témoignages sur le chaos et les massacres

© DR
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Entre 300 et 400 personnes auraient été massacrées en trois jours à Bangui. La situation se normalise grâce à l’armée française, mais les populations ont peur de rentrer chez elles.

09/12/2013

Alors que les quelques 1600 soldats français se déploient sur tout le territoire, et procèdent à leur délicate mission de désarmement des milices et groupes armés, l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre Muños, fait savoir qu’à  Bangui, la capitale, où il est toujours bloqué depuis le 5 décembre, la situation semble se normaliser.
 
 « L’aéroport a finalement rouvert et j’espère pouvoir retourner bientôt dans mon diocèse d’ici demain ou peut-être après-demain… cependant la sécurité n’est pas garantie et des milliers de personnes se trouvent encore réfugiées dans les paroisses où la nourriture manque », indique à Fides Mgr Muños.
 
D’après l’évêque, qui espère « pouvoir célébrer en paix l’Avent et Noël », les troupes françaises, aux côtés de celles de l’Union africaine, procèdent quartier par quartier et auraient déjà désarmé un grand nombre de membres de la coalition Seleka.
 
Selon la Croix-Rouge locale, deux jours après de nouveaux massacres ayant fait entre 300 et 400 morts à Bangui, la présidence centrafricaine a appelé la population à reprendre ses activités dans la capitale.
 
Mais les populations  ont encore peur de retourner chez elles :
 
« L’ensemble du pays est terrorisé », confirme à Caritas Internationalis le Père Anicet Assingambi de la Paroisse Saint Charles de Lwanga, dans le nord de Bangui. Il fait état de dizaines de milliers de personnes ayant trouvé refuge dans les églises, à Bangui et dans tout le pays. « Leurs maisons ont été mises à sac. Ils pleurent leurs morts. Leurs enfants pleuraient lorsqu’ils sont arrivés à l’église. Nous chantons des hymnes et des prières pour tenter de les calmer », déclarait-il à Fides dans un nouveau témoigne le week-end passé.
 
On ignore, si le personnel de la Caritas a depuis réussi à atteindre les personnes se trouvant dans le besoin. A Bossangoa, dans le nord du pays, la Caritas craint pour la sécurité de près de 40.000 personnes se trouvant dans les environs de la mission catholique et de 1.600 autres réfugiées dans une école.
 
D’après les témoignages de deux missionnaires carmes qui travaillent dans le pays, les pères Federico Trinchero, de la mission du Carmel de Bangui, et Aurelio Gazzera, à Bozoum, dans le nord-est du pays,  ce sont environ 2.000 personnes qui se sont réfugiées chez eux lors des affrontements des 5 et 6 décembre dernier.
 
L'essentiel des forces françaises est concentré à Bangui, mais des unités sont également déployées dans le nord-ouest du pays, où les affrontements sont réguliers depuis septembre. Mais des affrontements que beaucoup continuent de qualifier « d’interconfessionnels », tandis que d’autres s’y refusent.
 
C’est le cas d’une citoyenne centrafricaine, Winnie Pirioua,  qui vient de publier une lettre ouverte aux médias français après 8 mois de martellement resté sans réponse :
 
« Le 18 Avril 2013, moi citoyenne centrafricaine, ancrée dans la vie et la culture occidentales depuis des dizaines d'années, ai pris conscience du chaos vers lequel se dirigeait mon pays la République Centrafricaine, et ai lancé un vibrant appel à ma communauté. Un appel de solidarité avec le peuple qui subissait déjà des exactions de la part des nouveaux maîtres du pays…un appel à dénoncer aussi, auquel j'ai essayé, dès le début, d'associer les médias; radios, presse écrite etc ! RIEN », commence la lettre publiée sur le site JournaldeBangui.com.
 
La citoyenne commente la couverture médiatique des derniers événements : « Aujourd'hui vous couvrez tous les événements tragiques de ce peuple en, en faisant un conflit interconfessionnel, une guerre religieuse, C’est strictement faux ! Si vous aviez été là dès le départ, vous sauriez que ces hommes, ces femmes et enfants qui perdent la vie depuis longs huit mois en Centrafrique sont, comme depuis 50 ANS en Afrique, victimes de la politique d'hommes vils, cupides et stupides! »
 
Le 4 décembre dernier, dans un message à la nation, pour marquer l’ouverture du Temps de l’Avent,  l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga mettait en garde contre ces risques d’amalgames entre religion et politique : « Restons vigilants ! Beaucoup de personnes de mauvaise foi et volonté voudraient voir éclater un conflit intercommunautaire et interreligieux en Centrafrique », écrit-il dans son message.
 
Il souhaite que les religieux encouragent entre eux le dialogue interreligieux ; que les consacrés sortent des sacristies et des couvents, et que les laïcs s’investissent en politique.
 A la communauté internationale, il suggère la mise en place d'une commission « vérité et réconciliation », voire « d'une commission d'enquête » chargée de juger et de condamner les « criminels de guerre ».
 
Dimanche, la population chrétienne centrafricaine s'est rassemblée dans les églises pour pleurer les centaines de victimes des affrontements de ces derniers jours :
 
« Aujourd'hui, nous devons prôner le dialogue interreligieux afin que la dynamique de la violence et de la guerre se transforme en dynamique de paix et de solidarité », a encore déclaré devant des milliers de fidèles, Mgr Nzapalainga, en célébrant la messe avec Mgr Nestor Aziagba, évêque de Bossangoa, à la cathédrale Saint-Paul de Bangui. (Reuters)
 
Les lits installés ces derniers jours pour les réfugiés dans la nef avaient été mis de côté pour permettre de replacer les bancs le temps de l'office.

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