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Mexique : Quelle est la véritable histoire de la guerre des Cristeros (1926-1929) ?

Ruben Quezada - aleteia - Publié le 26/11/13

La résistance armée à proprement parler commence en 1927 à Los Altos (Etat de Jalisco), et gagne l’ensemble du Mexique, dégénérant en une authentique guerre civile.

Les premiers soulèvements pour défendre la liberté religieuse au Mexique ont lieu les 1er et 2 janvier 1927, au nord de l’Etat de Jalisco (Los Altos). Cet événement, considéré comme la première résistance victorieuse contre les forces gouvernementales, stimule le mouvement et d’autres manifestations se propagent dans la région. Après les premiers succès des rebelles Cristeros, les Etats alentour suivent ;  mais c’est seulement lorsque la Ligue catholique recrute le général Enrique Gorostieta que ces insurrections sporadiques donnent naissance à une véritable armée Cristero.

Finalement, une grande partie du Mexique se retrouve impliquée dans cette guerre des Cristeros, à l’exception de quelques Etats dans lesquels il n’y aura aucune insurrection, car ils n’ont pas souffert de persécution. Selon les estimations, cette guerre de trois années aurait fait quelque 25 000 morts parmi les Cristeros, et environ 65 000 du côté des forces gouvernementales.

(L’Eglise honore depuis un certain nombre de martyrs de la Guerre des Cristeros, notamment le bienheureux Miguel Augustín Pro, un prêtre jésuite fusillé  le 23 novembre 1927; bienheureux José Sánchez del Río, un jeune Cristero âgé de 15 ans, abattu le 10 février 1928, et le bienheureux Anacleto Gonzalez Flores, leader de la résistance pacifique, exécuté le 1er avril  1927. Le Père Pro a été béatifié en 1988, 25 martyrs ont été canonisés en 2000, et 13 autres en 2005 – y compris  Gonzalez Flores et Sánchez del Río, ndlr).

A l’initiative de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mexique, une trêve est négociée entre le gouvernement mexicain et les Cristeros, mais elle ne mettra pas fin à la persécution des chefs Cristeros, ni de l’Eglise.

L’ambassadeur américain Dwight Morrow a joué un grand rôle en favorisant de façon décisive la signature d’une trêve dans cette guerre. Dans un de ses entretiens avec le président Calles, l’ambassadeur propose une aide militaire en échange de pétrole pour que le Mexique en finisse une fois pour toutes avec la guerre. Toutefois, c’est à l’habileté diplomatique du clergé et des laïcs catholiques qu’est due la signature de l’accord de paix qui met fin à la Cristiada.

Malheureusement, la trêve signée entre le gouvernement mexicain et l’Eglise catholique s’est révélée aussi, sans aucun doute, un piège pour les Cristeros. Le régime de Calles rompt rapidement la promesse de respecter les engagements de l’accord ; et durant les trois premiers mois qui suivent la trêve, plus de 500 leaders et 5 000 Cristeros seront exécutés. Durant cette courte période ont péri plus de chefs Cristeros  que durant les trois années de guerre.

Un avocat mexicain catholique en exil, Octavio Elizonde, a affirmé dans une lettre que les Cristeros, à la demande du Vatican, ont déposé les armes et accepté la « trêve » (les accords) proposée par le gouvernement mexicain. En obéissance au Vatican, ils déposent les armes, mais ce sera uniquement pour être pourchassés et exécutés.

Le président Calles est le responsable de ce massacre, car il a continué à contrôler en coulisse le gouvernement et à tenir entre ses mains l’avenir du Mexique jusqu’en 1934. Lázaro Cardenas, qui accède à la présidence, n’est pas disposé à devenir la marionnette de Calles.

Personne n’a jamais été capable d’expliquer exactement cette haine extrême et irrationnelle de Calles envers l’Eglise. Peut-être un mélange d’avidité et d’idéologie jacobine. En tout cas, Cárdenas, lui aussi, a poursuivi de sa haine l’Eglise, mais son fanatisme était plus pragmatique et les temps avaient changé depuis le milieu des années 1930.

(Selon l’enquête menée par Brian Van Hove, environ 40 prêtres ont été assassinés au Mexique entre  1926 et 1934. Même en 1935, six ans après la “trêve",  quelque 2 500 prêtres ont été contraints de se cacher, et six évêques ont vécu en exil. En 1926, il y avait 3 000 prêtres au Mexique, et en 1934, ils n’étaient plus que 334, ndlr).

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