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Travail dominical : « un recul culturel, social et spirituel» selon Véronique Besse

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01 novembre 13





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Pour Véronique Besse, député de la Vendée, légaliser le travail le dimanche serait une triple erreur. Elle répond aux questions de Liberté Politique.

 
Liberté Politique  : Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le Parti socialiste s’était opposé à la légalisation du travail le dimanche, au motif que la « civilisation du supermarché » ne devait pas l’emporter. Désormais au pouvoir, il ne cache pas ses contradictions, comme s’il ne pouvait plus s’opposer au prétendu sens de l’histoire. Une telle réforme serait-elle une nouvelle avancée vers la civilisation du supermarché, que dénonçait le PS dans l’opposition ?

 Véronique Besse : La banalisation du travail le dimanche est un sujet récurrent depuis quelques années. Déjà, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le débat avait été intense.

À mes yeux, étendre la législation permettant le travail dominical est une triple erreur :

Une erreur économique, puisque l’ouverture des magasins n’engendrera pas plus d’achats mais un report d’achat dans les grandes enseignes. Cela détruira surtout de nombreux emplois dans les commerces de proximité de nos petites communes, et dans les centres-villes.

Une erreur sociale, puisque le dimanche rythme l’ensemble de la société sur un même tempo. Alors que l’individualisme se développe et devient une menace pour notre pays, maintenir le repos dominical est une nécessité vitale.

Une erreur culturelle enfin, car bien que le travail doit être une priorité, les Français ont plus que jamais besoin d’un jour en commun à consacrer à leurs familles, à leurs amis, à leurs associations mais aussi à toutes les activités non marchandes qui contribuent quotidiennement à l’équilibre et au bonheur de tous.
 
Plus qu’une question économique, il s’agit en effet d’un choix éthique et tout simplement d'un choix de civilisation. La généralisation du travail dominical bouleverserait notre société. Ce progrès illusoire masquerait mal un recul culturel, social et spirituel.
 
La source du repos dominical est religieuse, chrétienne. À notre époque postmoderne, athée, matérialiste mais passionnée de liberté individuelle, comment faire comprendre, comme l'ont fait les Allemands, les bienfaits spirituels et la liberté qu’apporte un jour de repos commun ?
 
Nous vivons effectivement en pleine société de consommation. C’est un état de fait. Il n’est pas pour autant question de la subir comme une fin en soi.
 
Le travail est un élément essentiel dans la vie de l’homme. Il lui permet d’acquérir des compétences, de se dépasser, d’apporter sa pierre à l’édifice de la société et d’y trouver une juste récompense. Pour autant, l’homme n’est pas que matière. On ne peut simplement le réduire à un être producteur/consommateur. Il est avant tout un animal politique, et, à ce titre, il a besoin d’être connecté avec ses semblables. Le fait de ne pas être sur le même tempo, de ne pas être sur le même rythme que ses proches le renferme sur lui-même.
 
L’homme produit et consomme, mais il est destiné à toute autre chose : ce n’est pas sa finalité. Le travail est un moyen parmi d’autres. Et tout au long de son activité de travail, l’homme a besoin d’une respiration qui lui est nécessaire afin de se retrouver, de passer du temps auprès de son entourage. La vie de l’homme n’est pas réductible à sa simple expression matérielle.
 
Le véritable « moteur » de l’homme, c’est le sentiment d’appartenance. Appartenance à une entreprise, certes. Mais aussi appartenance à une famille, à une commune, à une culture, à un pays, à un mode de vie. Rien de grand ne se construit dans un pays motivé par le seul appât du gain et le confort personnel. L’homme a, au contraire, besoin de contribuer à quelque chose qui le dépasse, et qui lui permette d’atteindre sa liberté.
 
Pour être heureux, et ils le savent, les hommes ont besoin de consacrer du temps à leurs familles, à leurs amis, aux associations ainsi qu’à toutes les activités non marchandes qui contribuent quotidiennement à leur bonheur. Et face au poids croissant de toutes les contraintes de la vie professionnelle moderne, le dimanche résiste seul comme une planche de salut. En le supprimant, un verrou sautera…
 
Jean-François Copé propose d’ « assouplir la loi de 2009 », mais il n’est pas le seul. Est-il encore possible d'éviter la généralisation du travail le dimanche quand on sait qu’une dérogation accordée en entraîne toujours une autre ?
 
L'ouverture dominicale, dont on nous chante les vertus économiques, ne continuera finalement qu'à déséquilibrer le tissu économique régional et local. Sans compter que, par un phénomène de contamination facile à comprendre, cette ouverture limitée spatialement s'étendra nécessairement.
 
Comment en effet interdire l'ouverture d'un magasin se situant à quelques mètres d'un autre, sous le seul prétexte qu'une rue les sépare ?
 
Il est dangereux de mettre le doigt dans l’engrenage. Je ne pense donc pas qu’il soit judicieux d’accorder des dérogations à untel ou untel. Comment, in fine, justifier que tel commerce ou tel supermarché puisse ouvrir ses portes au public le dimanche et pas d’autres ? Cela posera forcément des problèmes et aboutira à une généralisation de fait de l’ouverture des commerces, puis du travail le dimanche.
 
Le gouvernement doit dire non fermement à la généralisation du travail le dimanche.(…)

Propos recueillis par Laurent Ottavi,
avec la participation d'Hélène Bodenez.
 
 Lire l'intégralité de l'interview sur le site de Liberté Politique

 Pour en savoir plus :
Le dossier de Liberté Politique "Oui au repos dominical"

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