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Les chrétiens en Europe sont-ils « discriminés » ?

aleteia - publié le 06/11/13


De fait, le concept de non-discrimination est une impasse, car il est fondé sur une égalité abstraite : le vrai problème n’est pas dans une volonté réelle ou supposée de discriminer les chrétiens, mais dans le fait que la loi s’éloigne de la justice et qu’elle envahi tous les domaines de l’existence. Ce ne sont pas les chrétiens qui seraient devenus brusquement moralisateurs, c’est la loi qui s’est mise à faire de la morale, plus encore, qui prétend être la morale commune. La véritable question est celle de la définition de la justice et de la source de la morale publique. Ce que certains perçoivent comme une « discrimination antichrétienne » n’est autre que la violence avec laquelle une autre « morale » prétend remplacer l’anthropologie chrétienne.

L’anthropologie est devenue politique, elle est devenue du droit avec l’irruption des droits de l’homme, car ces derniers expriment une définition de l’homme. En déterminant ses droits fondamentaux, c’est l’homme lui-même qui est défini. Ainsi en modifiant ses droits, il est possible de modifier la définition sociale de l’homme. C’est la raison pour laquelle tous les débats anthropologiques sont traduits en termes de droits de l’homme et portés devant les juges. Ainsi, il appartient aux politiques et aux juges des droits de l’homme de révéler l’homme à lui-même en découvrant ses caractères anthropologiques et les droits qui y sont associés. Il s’agit notamment de révéler à l’homme l’étendue de sa propre liberté.

À la différence d’une loi ou de décision de justice ordinaires, l’affirmation d’un droit de l’homme s’impose comme une progression dans la vérité. Il n’y a pas de liberté de conscience face aux droits de l’homme : nul ne peut dire je ne crois pas aux droits de l’homme.
Lorsque le juge ou le politique redéfinissent la vie, la mort, la famille, le mariage, ou encore la personne, ils n’affectent pas seulement le droit, mais aussi notre perception de la réalité, et par suite de la vérité. Par exemple : quand le droit dit qu’un enfant a deux pères (suite à une adoption), est-ce vrai ? Est-ce la réalité ? De quelles réalités parlons-nous : la réalité vraie ou la réalité fictive mais néanmoins légale et par suite contraignante ? Peut-on dire d’un homme qu’il est une femme, et doit-on le croire -en vertu des droits de l’homme- dès lors qu’il le demande ? L’homme, la femme, le fœtus, le mariage, la famille, la vie, la mort, la moralité ne sont-elles que des « notions » au pouvoir de l’homme ?
Ces droits donnent à l’homme la liberté du fou : celle de ne plus être contraint par la réalité, néanmoins ils prétendent définir la vérité et sont appuyés par la force de l’autorité publique.

Lorsqu’il subit cette folie, un chrétien peut-il encore se prétendre discriminé ?

Certains chrétiens perçoivent comme une discrimination à leur égard ce qui est une injustice en soi. Ainsi, lorsqu’une infirmière doit pratiquer un avortement, où est la cause première de l’injustice ? Dans la contrainte ou dans l’avortement ? Pour qu’existe une discrimination, il faut que les situations comparées l’une à l’autre soit moralement équivalentes. Une infirmière objectrice licenciée pourra se dire discriminée à la condition de considérer son choix comme équivalent au choix inverse de pratiquer l’avortement. En effet, pour qu’une différence de traitement constitue une discrimination, il faut que les situations en cause soient similaires. De même, lorsque le juge estime que des couples de même sexe sont discriminés par rapport aux couples hétérosexuels, c’est parce qu’il  présuppose l’équivalence de ces deux types de couples.

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discriminationEuropepersécutions
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