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Quel est l’islam authentique ?

MUNIR UZ ZAMAN
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Quel est le véritable islam ? Faut-il distinguer islam et islamisme ? Peut-il être « modéré » ? Autant de questions que l’actualité oblige à poser.

 
Les adeptes des courants contemporains qui œuvrent en vue de l’application d’un programme conforme à cette doctrine ne distinguent pas entre islam et islamisme puisqu’il s’agit pour eux de réaliser l’idéal coranique dans sa totalité.
 
Les régimes ou mouvements qui s’inspirent de cette vision ne se qualifient pas d’islamistes : cf. par exemple, la République islamique d’Iran héritée de la révolution de Khomeiny (1979) ou la Résistance islamique du Hezbollah au Liban. Leurs revendications et leurs actions s’appuient sur des textes sacrés auxquels tous les musulmans demeurent attachés et non sur des théories déviantes.
 
L’approche occidentale. La distinction entre islam et islamisme est récente. Elle est apparue dans certains milieux intellectuels à partir du XXe siècle, époque où l’Europe post-chrétienne et sécularisée a voulu cesser de voir dans l’islam un ennemi héréditaire de la chrétienté. Il fallait donc lui donner une image plus valorisante et rassurante.
 
Désormais, dans cette optique, ce n’est plus l’islam qui est à craindre mais son expression intégriste, l’islamisme. Et l’on nuance entre « islamisme modéré » et « islamisme radical », selon que ses adeptes recourent à des méthodes non offensives et légales (p. ex., l’actuel Premier ministre turc, Recep-Tayyip Erdogan) ou au terrorisme (p. ex., Oussama Ben Laden, fondateur d’El-Qaïda).
 
Que penser de la recommandation à ne pas faire d’amalgame entre islam et islamisme ? S’il ne faut pas réduire l’islam à ses seules manifestations extrémistes, la lucidité impose de reconnaître qu’elles ne lui sont ni étrangères ni opposées. « L’islamisme, c’est l’islam dans toute sa logique et sa rigueur. Il est présent dans l’islam comme le poussin dans l’œuf, comme le fruit dans la fleur, comme l’arbre dans la graine » (Père Henri Boulad, jésuite égyptien).
 
Tout est affaire d’interprétation et toutes les interprétations sont possibles. De fait, celles-ci sont multiples ; elles dépendent d’influences diverses : appartenance à telle branche (sunnisme, chiisme), à telle école juridique, à tel courant idéologique, à telle confrérie soufie, héritage de telle éducation, dispositions personnelles, contacts avec les cultures non musulmanes, avec des amis chrétiens, etc. Malgré leur interprétation divergente des textes sacrés, un soufi et un islamiste peuvent se considérer comme fidèles à l’islam véritable, ce qu’aucune hiérarchie ne peut valablement contester ou approuver.
 
En effet, le monde musulman ne dispose pas d’une autorité unique et représentative dotée du pouvoir de délivrer un magistère revêtu du sceau de l’authenticité et de condamner les positions qui s’en écartent.
Il n’appartient donc pas aux Occidentaux et aux chrétiens de se prononcer sur ce qu’est le véritable islam.
Mais leur regard sur les musulmans doit prendre en considération l’attitude concrète de ces derniers dans la vie quotidienne et dans les événements du monde.
 
Ainsi, bien des musulmans privilégient une lecture spirituelle de leurs textes de références et en écartent la dimension idéologique. Certains souffrent même de l’islamisme. C’est pourquoi il convient de ne pas enfermer indistinctement tous les musulmans dans un cadre pré-établi et figé, ce qui reviendrait à les priver de toute liberté d’appréciation et fermerait la porte à l’espérance.
 
*Annie Laurent est
docteur d’Etat en sciences politiques,
spécialiste du Proche-Orient,
experte au Synode spécial des évêques pour le Moyen-Orient en 2010
.
Article publié en partenariat avec l’association Clarifier

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