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Bientôt une femme cardinale ?

Isabelle Cousturié - Publié le 26/09/13

L’idée de féminiser le Collège des cardinaux est dans l’air. Elle vient d’être soutenue par une historienne, éditorialiste de L’Osservatore Romano.

  Créer une femme cardinale «  serait une voie magistrale pour conférer de l'autorité et augmenter la respectabilité des femmes dans l'Église », déclare  Lucetta Scarafia, l’historienne italienne, éditorialiste pour le quotidien du Saint-Siège, L’Osservatore Romano.

Ce n’est toutefois pas dans l’organe d’information du Saint-Siège mais dans le quotidien Il Messaggero que l’historienne consacre une tribune à ce sujet.  Elle argumente en disant que ses connaissances historiques lui permettent de dire que telle nomination était possible autrefois chez les hommes laïcs, et qu’elle « aurait le grand avantage d'être possible, sans impliquer le problème délicat de l'ordination sacerdotale féminine», qui est impossible pour l’Église catholique.

L’idée de l’historienne, qui se reconnaît ironiquement « féministe », n’est pas inédite. Elle indique elle-même que cette idée a été « émise par différentes voix ces derniers temps », en référence probablement à l’appel tout récent en ce sens (le 12 septembre) de théologiens catholiques d'Europe et des Etats-Unis dans les revues « Aufbruch » en Suisse et « Publik-Forum » en Allemagne, qui rappellent que, jusqu'au XIXe siècle, des laïcs pouvaient accéder au cardinalat.

Ces derniers précisent à ce propos : « Ni la Bible, ni le dogme, ni la tradition ecclésiale ne fournissent le moindre argument qui pourrait empêcher le pape de mettre en œuvre le plus vite possible une telle mesure souligne le texte. Le pape est libre de lever la condition de l'ordination sacerdotale préalable qui figure dans le droit canon (can. 351). » (Apic) (1)

Les signataires  de l’appel disent qu’ils se référent, comme Lucetta Scaraffia,  à divers propos du pape François regrettant une certaine marginalisation des femmes dans l’Eglise et regrettant qu’elles n’y aient pas davantage de postes de responsabilité.

Pour mémoire, rappelons les propos du Pape à bord de l’avion qui le ramenait du Brésil, en juillet dernier : « On ne peut pas comprendre l'Église sans les femmes actives dans l'Église qui nous portent en avant. Nous n'avons pas encore fait une profonde théologie de la femme dans l'Église. Il faut faire une théologie de la femme (…) ». Et surtout ce passage de l’interview au directeur de la revue italienne des jésuites Civilta  cattolica, la semaine passée :

« Il est nécessaire d’agrandir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Église … Les femmes soulèvent des questions que l’on doit affronter. L’Église ne peut pas être elle-même sans les femmes et le rôle qu’elles jouent. La femme lui est indispensable ». Et d’ajouter : «  Il faut travailler davantage pour élaborer une théologie approfondie du féminin. C'est seulement lorsqu'on aura accompli ce passage qu'il sera possible de mieux réfléchir sur le fonctionnement interne de l'Église. Le génie féminin est nécessaire là où se prennent les décisions importantes. »  

Certes, à ces deux occasions, le pape François a réaffirmé que pour les ordinations des femmes, l'Église disait un « non » ferme,  mais ses propos laissent ouverte la question d’un rôle plus visible, plus incisif de la femme au sein de l’Eglise. De là à dire comme Lucetta Scaraffia, que la nomination d’une femme cardinale pourrait être « la voie magistrale » pour « une présence plus incisive de la femme dans l’Eglise », il y a bien sûr une marge…D’autant que dans ses confidences au père Spadaro, le pape précise aussi : « Je crains la solution du « machisme en jupe » car la femme a une structure différente de l’homme. Les discours que j’entends sur le rôle des femmes sont souvent inspirés par une idéologie machiste ».

Il n’en reste pas moins que la réflexion sur le rôle de la femme dans l’Eglise semble au cœur des priorités du Pape, et qu’on pourrait en voir les premiers signes à l’issue des travaux du premier conseil  (1-3 octobre) que tiendront les huit cardinaux de tous les continents qu’il a nommés en avril dernier pour l’épauler dans ce processus. (aleteia)

A l’appui de sa proposition, Lucetta Scaraffia souligne qu’avec la création d’une cardinale,  « la révolution serait si forte qu’elle ébranlerait la position de méfiance et de désintérêt qu’une grande partie assume à leur égard, religieuses et laïques, car il est désormais clair que les invitations à tenir compte de manière différente la présence féminine, lancées aussi bien par Jean Paul II que par Benoît XVI,  n’ont donné que de modestes fruits ».

Elle fait remarquer  aussi que le Conseil pontifical pour les religieux ne compte pas de postes de responsabilité pour les femmes, alors qu'elles forment les deux tiers des religieux dans le monde; que le Conseil des laïcs n'en compte pas non plus alors que les femmes constituent au moins la moitié des laïcs engagés dans l’Église, sans compter le Conseil pontifical pour la famille, ou le Conseil pour les œuvres sanitaires…

Aujourd’hui, affirme « la » Scaraffia, comme on appelle en Italie les femmes en vue,  « les femmes se refusent d’être représentées par des hommes à n’importe quelle occasion, et elles exigent, à juste titre, d’être écoutées », et c’est justement ce qui manque, selon elle, à l’Eglise : « La disponibilité à écouter les femmes, considérées uniquement comme les exécutrices obéissantes d’ordres donnés par d’autres… ».

L’historienne se dit enfin convaincue que  le pape François est un homme qui «  veut surtout réchauffer les cœurs »,  qui sait qu’un avenir différent, plus vivant, ne saurait se réaliser sans l’active contribution des femmes.


Sources : Il Messaggero

  1. Depuis 1918, tous les cardinaux doivent être au moins prêtres et depuis 1962 tous doivent être évêques, mais des exceptions sont consenties au gré du pape

Tags:
femmes
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