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Mariage des prêtres ? Deux mises au point

© DR
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Mgr Tony Anatrella et Mgr Dominique Rey reviennent sur la question du célibat des prêtres à l’heure des surenchères médiatiques

Quelques lignes dans une interview, et la grande machine médiatique s’emballe : tout et son contraire est dit sur le célibat des prêtres et sur la possibilité que quelque chose bouge en cette heure de réforme au sein de l’Eglise.
 
Sans doute beaucoup de bruit pour rien : les  quelques phrases extraites  des propos tenus par Mgr Pietro Parolin, le futur Secrétaire d’Etat, lors d’une longue interview au quotidien vénézuélien El Universal, le 8 septembre dernier, sont aujourd’hui replacées dans leur contexte :
 
Aux lecteurs de Zenit, Mgr Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, déclare : «   Mgr Parolin est un homme de dialogue. Une attitude qui permet de voir la réalité en face, de discerner et d’approfondir les choses. En ce sens, il dit : « Aussi nous pouvons parler, réfléchir et approfondir ces sujets et songer à des modifications, mais toujours en tenant compte de l’unité, de la volonté de Dieu (…) et de l’ouverture aux signes des temps ». Que faut-il entendre ici ? Que la question est ouverte à la réflexion, mais certainement pas pour remettre en question l’engagement dans le célibat pour les prêtres qui est fortement structuré dans la Tradition ecclésiale ».
 
 Ce qui veut dire, a-t-il confirmé,  que les propos de Mgr Parolin ont été interprétés bien au-delà de ce qu’il voulait dire, certains journalistes faisant de « la surenchère de reportages  en allant souvent chercher d’anciens prêtres qui se sont mariés, ou des femmes qui vivent en concubinage avec des prêtres. ».
 
Mgr Anatrella remet les pendules à l’heure : « Certains médias ont affirmé rapidement, et souvent dans la méconnaissance de l’histoire du célibat, que la question du mariage des prêtres était relancée. Or rien n’est relancé et la réflexion continue comme toujours en dehors des caméras et des micros. »
 
Mgr Anatrella est consultant près les deux conseils pontificaux pour la famille et pour la santé, il intervient dans les séminaires et dans le cadre des journées de formation sacerdotale sur les divers aspects du célibat sacerdotal. Pour lui, croire que le mariage résout les questions actuelles  – déficit des vocations, solitude du prêtre, pédophilie, voire homosexualité dans le clergé – relève de « la naïveté contemporaine ».
 
 « La pédophilie est pratiquée pour 80 à 90% dans les familles et des hommes mariés peuvent avoir des pratiques homosexuelles. Quant aux vocations, elles naissent dans des communautés où la foi est réelle et active. Ces affirmations sont des visions à courte-vue sur lesquelles, évidemment, l’Église ne peut pas s’aligner », souligne-t-il.
 
La seule question qui pourrait éventuellement se poser « avec beaucoup de réflexion et de prudence »,  selon lui est celle qui consiste à se demander « s’il ne conviendrait pas d’ordonner des hommes d’âge mûr, mariés, dans des régions marquées de façon durable par l’absence de prêtres », mais là encore il reste sceptique : selon lui « la réponse ne pourrait  pas être universelle  et resterait donc un problème pour l’unité et la cohérence de l’Église », qui risquerait de « faire apparaître d’autres obstacles » et de « faire reculer la pastorale des vocations basée sur un clergé célibataire ».
 
L’intégralité de l’interview à Zenit accessible  ICI
 
Autre rectificatif des extrapolations et surenchères sur les propos de Mgr Parolin, celui de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, dans un entretien à Boulevard Voltaire :
 
« Rien ne suppose » que le pape François ait envie d’ouvrir le débat sur la question sur le célibat des prêtres, affirme Mgr Rey, citant à ce propos « un livre récent (« Je crois en l’homme ») du Cardinal Bergoglio, où le futur Pape François déclare : « À l’heure d’aujourd’hui, je souscris à la position de Benoît XVI : le célibat doit être maintenu […] J’en suis convaincu. »
 
Pour Mgr Rey, derrière le célibat se pose la question de la foi, « dans une société sécularisée et marquée par des transformations profondes de mode de vie des gens, la fragilisation de la cellule familiale et la réduction du nombre d’enfants dans chaque famille rendent plus incertaine l’éclosion des vocations sacerdotales et religieuses quel que soit le mode de vie de celle-ci ». 
 
Il constate que « ce qui attire les jeunes à suivre le Christ, c’est précisément le désir de l’imiter jusque dans son célibat » et que la vraie est question est donc de les aider à «  assumer cet état de vie par un équilibre de vie, par une ascèse spirituelle, par un vrai soutien communautaire et dans une attitude de foi », car « ce choix est à contre-courant des mœurs de nos contemporains et pour qu’il soit une source d’attestation prophétique, il faut qu’il puisse s’inscrire dans la durée. »
 
Mgr Rey conclut sur la remarque de Benoît XVI: « Quand l’exigence est haute, les chutes sont possibles. » Et plus loin : « Dans les époques où le mariage est en crise, le célibat l’est aussi. » (« Le sel de la Terre »).
 
 
L’intégralité de l’interview à Boulevard Voltaire ICI

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