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Egypte : un épisode de la mondialisation de l’islam radical

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EGYPT





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14 août 13





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Les évènements qui secouent l’Egypte sont un épisode de la radicalisation de l’islam. Pour J. Loconte, la cause n’est pas « la religion » comme telle mais une intolérance souvent relayée par les Etats.

Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits traduits par nos soins d’une tribune de Joseph Loconte, professeur associé d’histoire au King’s College de New York, parue dans The Times du 19 août sous le titre : « Faith can end Egypt’s politics of persecution »
 
« Deux jours après l’éviction du président Morsi en Egypte, Emile Naseem, 41 ans, et son neveu, couraient pour leur vie. L’homme d’affaire chrétien avait mené une pétition anti-Morsi. Une foule de leur village de Nagga Hassan attaqua les deux hommes avec des pieux et des massues alors ils se précipitèrent sur un toit et sautèrent d’un bâtiment à l’autre.  Comme le raconte un reportage, « ils finirent par  arriver au bout des toits ». Emile Naseem fut tué et son neveu grièvement blessé. Le même jour, les islamistes extrémistes  poignardèrent à mort trois autres chrétiens et incendièrent des douzaines de maisons dans le village.
 
Cette attaque est maintenant considérée comme le prélude aux violences de la semaine dernière au Caire entre le gouvernement militaire et les Frères Musulmans. Mais elle est plus que cela : elle représente une marée plus large et menaçante de persécutions religieuses qui est en train de déstabiliser des sociétés entières à travers le monde.
 
Plusieurs forces puissantes sont à l’œuvre. Le Printemps arabe a enflammé la haine du radicalisme musulman contre les chrétiens et les autres minorités religieuses. Selon un rapport du Pew Research Centre, les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont connu une « augmentation prononcée des hostilités sociales impliquant la religion » depuis 2011.
 
La violence est sans doute plus explicite en Egypte et en Syrie, où les militants ciblent les groupes considérés comme déloyaux envers l’Islam. Les Chiites et les Sunnites ne sont pas moins en danger que les Chrétiens coptes ou les Bahaïs.
 
Cependant, les organisations de défense des  droits de l’homme alertent sur une « crise existentielle » visant les chrétiens dans le monde musulman. En Egypte, 16 de ces organisations ont signé une déclaration conjointe condamnant l’incitation à la violence contre les chrétiens. En Syrie, on estime à 300 000 le nombre de chrétiens qui ont fui le pays. En Turquie, les Chrétiens sont publiquement cités comme « une menace interne, un danger et un ennemi ». La population des chrétiens d’Irak a été dévastée par la persécution et la fuite, depuis l’invasion américaine en 2003.
 
Dans Persécutés : l’assaut mondial contre les chrétiens, Paul Marshall, Lela Gilbert et Nina Shea condamnent la mondialisation de l’islam radical : des extrémistes qui voient les communautés chrétiennes comme un obstacle à un état islamique transnational « purifié ».
 
L’Indonésie, par exemple, a maintenu une société  relativement tolérante – jusqu’à récemment. Les islamistes ont orchestré  des centaines d’attaques dans des églises – le plus souvent impunément. Au Nigéria, le groupe islamiste Boko Haram – ce qui signifie « l’éducation occidentale est pécheresse » –  est engagé dans un « pogrom » contre les 60 millions de chrétiens du pays. L’attaque récente d’une église pentecôtiste et de deux autres communautés chrétiennes à Kano a fait près de 50 morts.
 
Le Pakistan a été épinglé par la Commission internationale de la liberté religieuse aux Etats-Unis, qui fait un lien direct entre les lois sur le blasphème et la culture de persécution religieuse. Sur  18 mois, celle-ci a relevé 203 actes de violence au motif de la religion, blessant plus de 1800 personnes et faisant plus de 700 morts. Méthodes employées : attentats-suicides, fusillades en voiture, torture, décapitation et violences collectives.
 
Un autre facteur se trouve dans l’expansion de lois restreignant la liberté religieuse : 64 nations, représentant près de 70% de  la population mondiale, ont de fortes ou de  très fortes restrictions en matière de religion. Les états à majorité musulmane, qui, typiquement, condamnent le blasphème, ou considèrent le prêche religieux comme une insulte à l’islam, sont les plus coupables.
 
Un ultime facteur qui contribue à la montée des persécutions religieuses est la défaite de ce que l’on pourrait appeler la mémoire civilisationnelle. Les élites profanes, spécialement en Occident, tendent à voir toutes les croyances religieuses avec indifférence ou suspicion. Elles ont oublié combien les idéaux religieux peuvent jouer un rôle crucial pour résoudre les violences sectaires. C’est pourquoi leur réponse est si peu convaincante et inefficace.
 
Souvenons-nous qu’au 17ème siècle, les églises en Angleterre et en Europe considéraient les minorités religieuses comme une sous-classe criminelle : elles ont subi la discrimination, l’emprisonnement, ou même l’exécution. Des populations entières vivaient dans l’ombre à cause de leur différence religieuse.
 
Comment l’Occident est-il venu à bout de cet héritage d’intolérance et de répression ?
 
C’est seulement quand des leaders religieux ont considéré la liberté de conscience comme un droit naturel que les politiques de persécution ont cessé. Les penseurs religieux, de John Locke à James Madison, ont osé imaginer une approche plus généreuse de la foi chrétienne. En en appelant aux plus nobles des instincts religieux, en insistant sur un système politique d’égalité pour toutes les confessions religieuses, ils ont montré aux antagonistes comment vivre ensemble. » (…) *
 
 
Traduit de l’anglais pour Aleteia par Sophie Le Pivain
 
*Ce qui pose le problème de la « liberté de conscience », concept qui n’a pas été simple à clarifier chez les chrétiens, y compris de nos jours dans l’Eglise catholique (cf. la controverse avec les disciples de Mgr Lefebvre sur la question de la liberté religieuse), et qui paraît bien plus difficile encore à accepter au sein de l’islam  (Note de Aleteia)
 
 
 
 
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