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Euthanasie : Michèle Delaunay doit démissionner ou être limogée

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Erwan Le Morhedec - publié le 13/08/13

L’apologie du Docteur Bonnemaison, le médecin ayant empoisonné huit personnes âgées, par la ministre déléguée aux Personnes âgées et de l’Autonomie suscite la colère du blogueur Koz (1)



Qui a parlé de « torpeur de l’été » ? Les ministres sont sur le pont, médiatique à tout le moins, et s’en donnent d’autant plus à cœur joie que l’opposition est pour sa part inexistante.

Après les déclarations de Christiane Taubira, c’est Michèle Delaunay qui prend une position indigne sur l’euthanasie. Une position qui aurait dû conduire une opposition normalement constituée à réclamer la démission ou le limogeage de ce ministre.

Michèle Delaunay, Ministre déléguée aux Personnes Âgées et de l’Autonomie – retenez-le, ce n’est pas neutre – a réagi au renvoi du Docteur Nicolas Bonnemaison devant la Cour d’Assises pour 8 empoisonnements.

Il faut rappeler que le Docteur Bonnemaison a en effet procédé à 8 injections létales sur des patients âgés, sans leur consentement, dont il a jugé, seul, qu’il convenait « d’abréger leurs souffrances et de préserver leur dignité ».

Et voici la réaction de Michèle Delaunay. Celle-ci s’est déclarée :

«… convaincue que les intentions du Dr Bonnemaison n’étaient pas celles d’un meurtrier ou d’un empoisonneur mais celles d’un médecin qui a pris des responsabilités qu’il conviendra de juger ».

Cette déclaration est misérable :

Michèle Delaunay est ministre déléguée aux Personnes Agées. Usuellement, un ministre défend ceux dont il a la charge. Madame Delaunay, elle, soutient le cauchemar des aînés, des seniors, des personnes âgées : être remis dans les mains d’un médecin qui jugera que leur vie ne vaut plus la peine d’être vécue, qu’ils ne sont plus dignes, le tout selon ses critères personnels du moment.

Il faut lire à cet égard le dernier livre de Marie de Hennezel, Nous voulons tous mourir dans la dignité, qui décrit la terreur des seniors. Cette angoisse les conduit même à entretenir une vraie défiance à l’encontre de l’hôpital. Lorsque les partisans de l’euthanasie active évoquent le pouvoir absolu des médecins – vous maintenir en vie contre votre volonté – ils oublient précisément que le plus terrifiant des pouvoirs absolus que detiendraient des médecins est celui-ci : vous mettre à mort.

Nicolas Bonnemaison a confondu ses convictions personnelles avec une certitude médicale, il s’est arrogé le pouvoir de juger de la pertinence d’une vie. Une fois encore, Madame Delaunay apporte son soutien à un médecin qui a décidé (1) seul (2) de mettre à mort des patients (3) sans leur consentement et ce, (4) à 8 reprises.

Elle se montre indigne du portefeuille dont elle est chargée ;

Cette déclaration publique d’un ministre est une forme de pression inacceptable sur la Cour d’Assises et les jurés qui la composeront, et constitue une violation du principe de séparation des pouvoirs ;

Michèle Delaunay extrapole sur des intentions dont elle ignore tout, faisant valoir sa « conviction intime », étayée sur aucun fait ;

La seule intention qui doit être prise en compte est l’intention homicide. Le Docteur Bonnemaison avait-il l’intention de mettre un terme à la vie de ces patients ? De fait, il l’a affirmé lui-même. Libre aux jurés d’adapter ensuite la peine en fonction du profil de l’accusé et de ses motivations.

Enfin cette déclaration met en lumière une évolution dramatique. Le Docteur Bonnemaison a violé la loi existante et même toutes les évolutions envisagées par les Romero, Lohéac et autres partisans les plus acharnés de l’euthanasie active et du suicide assisté… Aucune n’envisage encore aujourd’hui d’accorder à un médecin isolé le pouvoir de décider d’euthanasier un patient sans son consentement.

J’ai à plusieurs reprises pointé cette dérive possible. Le cas Bonnemaison met cruellement en lumière qu’il ne s’agit pas d’une derive potentielle mais d’un risque présent et actuel. Et ce risque ne peut aller qu’en s’aggravant s’il bénéficie de l’indulgence publique des pouvoirs publics, allant jusqu’à vanter un médecin qui aurait « pris des responsabilités » !

Je lis que les avocats du Docteur Bonnemaison anticipent déjà ce procès comme l’occasion de lancer un débat de société – de façon téméraire puisqu’il s’agit une fois encore d’un dramatique contre-exemple pour les partisans de l’euthanasie active et du suicide assisté – avant une loi annoncée pour 2014.

Voilà un débat qui part sur les plus mauvaises bases… et la meilleure raison de continuer de veiller.

Tags:
EuthanasieFin de viePolitique
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