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Odoardo Focherini , juste parmi les nations et martyr de la foi

© DR
Le journaliste italien Odoardo Focherini béatifié le 15 juin 2013
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L’itinéraire de ce chrétien du XXe siècle, béatifié le 15 juin, décrypté à travers quelques paroles du Pape François

Odoardo Focherini sera béatifié à Carpi (Italie) ce samedi 15 juin. Cet ancien journaliste et administrateur du journal italien « Avvenire », engagé dans l’Action catholique, père de famille,  mort en 1944 dans un camp de concentration en Allemagne pour avoir porté secours à des Juifs, a été reconnu en 2012 « martyr de la foi ».

Il apparaît comme un chrétien d’aujourd’hui, extraordinairement moderne, tel que le pape François en dresse,  jour après jour, le portrait-robot: un chrétien libre de toute ambition et carriérisme, qui s’engage dans les combats de son temps et témoigne du Christ par sa vie et par sa mort .

Libre du carriérisme

« Etre libre de toute ambition ou d’objectifs personnels est important. Le carriérisme est une lèpre, une lèpre. Je vous en prie, pas de carriérisme ».( Pape François)

Toute la vie d’Odoardo Focherini est marquée par un style de service gratuit et désintéressé : quand il était jeune dirigeant et président de l’Action catholique, responsable de l’organisation des Congrès eucharistiques diocésains, conseiller délégué du journal italien Avvenire.

Toujours à l’enseigne de la gratuité et du renoncement à son intérêt personnel, il n’hésitait pas à s’exposer personnellement, jusqu’à mettre en jeu sa brève existence pour en sauver d’autres, à seulement 37 ans, alors qu’il était déjà père de sept enfants.
Un extraordinaire témoignage, donc, d’amour conjugal et d’ouverture à la vie. Focherini a grandi et vécu en homme libre, éduqué à la liberté, obéissant à la volonté de Dieu: «  …J’offre ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l’Action catholique, pour l’Avvenire d’Italie  et pour le retour de la paix dans le monde » : ce sont les derniers mots de son testament, recueillis par ses compagnons de détention, avant de mourir.

Aux  “périphéries de l’ existences”

« L’Eglise est appelée à sortir d’elle-même et à aller dans les périphéries, les périphéries géographiques mais également les périphéries de l’existence: là où réside le mystère du péché, la douleur, l’injustice, l’ignorance ….. ».

Y a-t-il dans toute l’histoire de l’humanité une périphérie matérielle et existentielle plus sombre et douloureuse qu’un camp de concentration ?
 
Focherini a sillonné sans peur ces « périphéries » de son temps, dans lesquelles prédominaient le mensonge, les abus, la persécution, la discrimination raciale,  l’anéantissement de la dignité humaine.

Si après la libération, l’Avvenire d’Italie a pu se présenter la tête haute sans devoir se refaire une image, c’est parce quelqu’un a su résister aux menaces et aux provocations du pouvoir. Si tout à coup des dizaines et des dizaines de juifs à la recherche de protection et de liberté ont frappé à la porte de Focherini, c’est parce qu’ils ont trouvé un homme qui a su « sortir de lui-même », sans aucun regret: « Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas en avoir sauvé davantage» écrit-il  de sa prison, dans une lettre à sa famille.

Et encore: « Dans sa façon d’être, de te soutenir, de t’encourager, de se comporter, il y avait tout son ‘être’ chrétien » témoigne un jeune déporté, ancien compagnon de détention d’Odoardo.

Annoncer avec sa vie

« Le témoignage… la communication de la foi ne peut se faire que par le témoignage (…) Ne parlez pas tellement, mais parlez par toute votre vie: la cohérence de vie…qui est de vivre le christianisme comme une rencontre avec Jésus qui m’amène vers les autres ». (Pape François)

Ce qui frappe chez Odoardo Focherini, c’est la ferveur apostolique, le désir de proposer à tout le monde la meilleure occasion d’une rencontre  avec Jésus et son Eglise: le scoutisme pour approcher les jeunes, la conférence Saint-Vincent de Paul pour le service aux pauvres, et aussi le théâtre, le sport, la montagne, le journalisme…

Il n’a pas fondé d’œuvres, n’a pas écrit de traités. Il a été défini comme un chrétien « tout azimut »  pour le témoignage de fidélité à l’Evangile qu’il a su porter dans chaque domaine de sa vie ordinaire, mais avec des résultats extraordinaires: la famille, le travail, l’engagement public dans l’Eglise et la société.

L’Eucharistie quotidienne était la source de son inépuisable énergie ; certains témoins se souviennent du désir irrésistible qu’il avait de cette rencontre vitale. De là lui venait son regard joyeux et souriant sur la réalité, qui en faisait une icône de la « douce et réconfortante joie d’évangéliser ».

Juste parmi les nations, Médaille d’or du mérite civil de la République italienne, reconnu à présent comme martyr de la foi: tel est le bienheureux Odoardo Focherini. Une grâce pour l’Eglise qui, plutôt que de maîtres,  a besoin de véritables témoins de foi, un don pour l’Italie  qui, compte tenu de « la gravité de l’heure »,  requiert des exemples d’hommes et de femmes capables de choix courageux.
 

(Article de l'Agence de Presse de la conférence épiscopale italienne (SIR) et traduit pour Aleteia  par Elisabeth de Lavigne)

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