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« Inferno », le nouveau roman de Dan Brown : « un manifeste anticatholique de la culture de mort »

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Libro de Dan Brown Inferno

aleteia - Publié le 23/05/13

Outre la phobie de l’Eglise, le sociologue italien Massimo Introvigne y relève des appels répétés à l’avortement, la stérilisation forcée et l’euthanasie.

« Le Vatican me déteste », déclare le docteur Elizabeth Sinskey, dans un passage du nouveau roman américain de Dan Brown « Inferno ». Celle-ci dirige l’Organisation mondiale de la santé et incarne une sainte  laïque qui apparaît en vision au personnage principal, le professeur en symbologie,  Robert Langdon, héros de ses trois précédents romans. « Vous aussi ? » lui répond ce dernier, « je croyais pourtant être le seul ».

Encore une fois le Vatican, donc l’Eglise catholique, est dans le collimateur de l’auteur. C’est « le fil rouge qui unit tous ses romans », relève le sociologue italien Massimo Introvigne, directeur du CESNUR (Centre d’Etudes sur les nouvelles religions)  et auteur de trois ouvrages critiques vis-à-vis des précédents romans de Dan Brown. 

Le roman, explique le sociologue, part de l’idée  –acceptée par tous les personnages du roman- que la croissance économique s’apprête à anéantir l’humanité. Une autre scientifique raconte à Robert Langdon, que « la fin de notre espèce est aux portes » et qu’elle ne sera causée ni par le feu, ni par le souffre, ni par l’apocalypse ou une guerre nucléaire …  mais par une « attaque » due à la surpopulation.

Massimo Introvigne cite encore l’épilogue du roman, où Robert Langdon réfléchit au péché qui, selon lui, existe bien mais pas sous la forme que lui donne l’Eglise Catholique. Le « déni » devient une «pandémie », où tout le monde fait en sorte de ne pas penser à la surpopulation mondiale,  cette bombe à retardement qui détruira certainement l’humanité :  en s’amusant et détournant son attention vers d’autres problèmes, en réalité tous moins urgents.

« Et pour Dan Brown – ajoute Massimo Introvigne – l’Eglise catholique est la grande responsable de ce « péché » universel. Elle s’oppose à la stérilisation de masse – dont le virus évoqué dans le roman est une évidente métaphore – à l’avortement, la contraception, l’euthanasie  ». « Il est paradoxal, commente le sociologue, que Dan Brown relance de vieilles considérations et exagérations sur la surpopulation, qui s’apprêterait à détruire le monde juste au moment où une bonne partie de la terre souffre exactement du contraire.

En Europe et en Russie, les naissances sont trop peu nombreuses, et les jeunes sont en nombre insuffisant pour entretenir un bon niveau de production et de consommation, pour qu’il y ait assez de cotisations pour les retraités. La Banque Mondiale prévoit que la Chine aura bientôt le même problème. L’Afrique elle-même, dont ce roman parle beaucoup, pourrait répondre aux besoins d’une population bien supérieure à celle qu’elle accueille aujourd’hui, avec une bien meilleure et plus rationnelle distribution des richesses ».

« On se demande alors – conclut Massimo Introvigne – s’il n’y aurait pas une raison précise à revenir à ces vieilles considérations démographiques. Le virus « Inferno » est bien entendu une pure invention. Mais comme le seul vrai péché est le « déni » et le refus de vouloir penser à une inévitable fin du monde relativement proche – maximum 100 ans – due à la surpopulation de la terre, il est clair que ce roman – dans lequel Dan Brown ne manque pas encore une fois de préciser qu’il n’est pas seulement un roman – est une incitation à faire quelque chose contre cela, dans de claires allusions à l’avortement, à la stérilisation forcée et à l’euthanasie. Ainsi, le livre se résout en un manifeste pour ce que le bienheureux Jean Paul II, Benoît XVI et le pape François ont appelé la culture de la mort ».

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