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Stop à la violence contre les femmes dans le mariage !

© Otna YDUR / SHUTTERSTOCK.com
Una mujer maltratada en India
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La victime d’abus n’est jamais moralement obligée de vivre avec son agresseur, dit l’Eglise

Le mariage est-t-il  un obstacle à l’égalité de la femme? L’Eglise demande-t-elle aux femmes violentées d’assumer leur statut de victimes  sans possibilité de compensation pénale ? La femme est-elle obligée de vivre avec son agresseur? Les mesures judiciaires suffisent-elles à rétablir sa dignité?

1. L’enseignement  de l’Eglise est absolument clair et net dans son  rejet  de toute forme de violence et de discrimination  à l’égard des préjudices causés à la femme, comme il l’est manifestement dans les autres cas d’atteinte à la dignité de la personne en général.  De ce point de vue, le respect de la vie humaine, de son intégrité physique et morale, de sa réputation, de sa liberté et de ses biens, contenu dans le précepte divin « tu aimeras ton prochain comme toi-même »,  a une portée universelle et  permanente, indépendamment de toute autre considération (Catéchismoe de l’Eglise catholique, nn. 1229-1233; 2258-2330; 2477-2487).

La caractéristique de la violence faite aux femmes dans  le contexte de ses relations affectives et, plus encore, domestiques, ne se limite pas de toute façon à la dignité qui  lui revient du simple fait qu’elle est une personne,  mais tient aussi à la manière spécifique dont elle l’ est, ainsi qu’à la nature de la relation à laquelle elle-même et l’homme, en fonction de la différence dans laquelle s’exprime leur égale dignité, sont essentiellement appelés.

2. La prise de conscience, toujours plus claire, par la femme de sa propre dignité, pour laquelle elle revendique la  pleine égalité de fait et de droit avec l’homme, ainsi que la reconnaissance de son rôle au sein de la famille humaine dans la vie publique comme privée, constitue une des caractéristiques de la sensibilité de notre époque, à laquelle l’anthropologie chrétienne  – comme le rappelle avec insistance l’enseignement de l’Eglise  – peut encore fournir une contribution précieuse.

3. Le sort de la femme est celui de l’humanité toute entière. Tout le monde doit se sentir solidaire dans sa défense. Sa contribution au développement humain possède une valeur irremplaçable que la société dans son ensemble, à commencer par les pouvoirs publics, a le devoir de reconnaître, promouvoir et préserver à l’aide de mesures efficaces .
 Mary Ann Glendon, chef de la délégation du Saint-Siège à la IVe Conférence mondiale des Nations Unies sur la femme, qui s’est tenue à  Pékin du  5 au 15 septembre 1995, l’a souligné avec force, se faisant l’écho des paroles de Jean-Paul II dans sa Lettre aux femmes du 29 juin  précédent : « Dans l’histoire – affirmait le professeur Glendon  –  l’oppression des femmes a privé la race humaine de ressources incalculables.  Reconnaître aux hommes et aux femmes une égale dignité et les droits fondamentaux, et garantir aux femmes la possibilité d’exercer pleinement ces droits, aura des conséquences à long terme et libèrera d’énormes réserves  d’intelligence et d’énergie qui font cruellement défaut dans un monde aspirant à la justice et à la paix » .

4.  Les pouvoirs publics ont une responsabilité particulière dans la promotion d’une véritable politique sociale  visant à prévenir et intervenir directement sur les causes de la violence physique, sexuelle, psychologique ou morale exercée sur les femmes, parfois sous des prétextes ethniques, politiques ou économiques, qui sont absolument inacceptables.
Des pratiques particulièrement inhumaines comme la mutilation génitale, la stérilisation forcée, la prostitution – encore plus tragique dans les cas de trafic d’enfants–, les mariages forcés lorsque, victimes d’un viol, les femmes subissent la double peine de se voir de surcroît liées à leur agresseur, ou encore le rejet par les communautés auxquelles elles appartiennent, autant de pratiques qui exigent que tous les pays s’engagent unanimement à les éliminer grâce à l’instauration de mesures concrètes pour les interdire et promouvoir une éducation conforme à la dignité de la femme, en tant que l’égale de l’homme.

5. Mais il ne faudrait pas imputer  à la seule absence de développement le fait que de telles situations, à l’évidence injustes, existent. Même dans nos sociétés, dans lesquelles prévalent les valeurs de possession et de consommation, la femme est exposée à une culture qui tend à la transformer en un objet de consommation, et qui –  en dépit des belles paroles sur son égalité avec l’homme –affaiblit et se montre incapable de reconnaître la valeur différentielle qu’elle seule est en mesure d’apporter au développement global de son contexte social.

6. Le rôle irremplaçable de la femme dans la prise en charge de la famille ne peut être considéré comme un obstacle au plein développement de ses droits au titre de citoyenne jouissant d’une totale égalité avec les autres ; ni être utilisé comme un frein, comme ceux qui ont empêché qu’elle soit libérée des formes de violence dont elle a été souvent l’objet.  C’est oublier que si la femme est la première victime de cette violence, l’est aussi le lien du mariage, dont la dignité est affaiblie quand, face à la logique de la communion et du don réciproques, la relation entre les époux  prend la forme d’une  possession dépersonnalisante. L’Eglise n’encourage en aucune façon la femme à devenir victime du mariage quand elle l’a été précédemment de son agresseur, surtout si sa vie et le bien de ses enfants sont objectivement en danger, comme le rappellent clairement, notamment, le Catéchisme de l’Eglise catholique  (nn. 1649, 2383) et le Code de Droit canon  (1153, §1). Par conséquent, la victime n’est pas moralement obligée de vivre avec son agresseur; l’Eglise  n’a jamais dit ça, et ne le dira jamais.

7. A un problème aussi complexe que la maltraitance des femmes, on ne peut apporter une réponse unilatérale. Les mesures de police et les dispositions pénales auxquelles les femmes doivent immédiatement recourir doivent être soutenues par un processus d’accompagnement plus large, destiné autant à les libérer de ce mal qu’à les guérir des blessures. Doivent être garanties à ces femmes  le respect de la loi, l'assistance judiciaire urgente, et la condamnation sociale de l’acte et de ses auteurs.

8. Toutefois, la voie pénale et celle de police ne suffisent pas. La réparation intégrale de la victime exige un accompagnement constant. Parmi les propositions pastorales du Document d’Aparecida (2007), élaboré par les évêques latino-américains (CELAM), deux éléments particulièrement importants ont été précisés à ce sujet a) accompagner  les associations féminines qui luttent pour vaincre les situations difficiles de  vulnérabilité et d’exclusion, et b) promouvoir avec les autorités publiques un dialogue constructif et  sans idéologie « pour l’élaboration de programmes, de  lois et de politiques publiques » qui permettent le plein épanouissement de la femme dans sa vie personnelle, sociale e familiale n. 458).

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