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L’Eglise a-t-elle occulté une partie du troisième secret de Fatima?

Notre-Dame de Fatima

© P.M WYSOCKI / LUMIÈRE DU MONDE

Luis Santamaría - publié le 15/05/13

La troisième guerre mondiale ? La venue de l’Antéchrist ? Bien que rendu public, le troisième secret de Fatima continue à faire des vagues.

Que s’est-il passé à Fatima en 1917 et que faut-il en penser?
En 1917, après  les évènements dramatiques que l’humanité vient de connaître avec la Première guerre mondiale et la Révolution russe, à  la Cova da Iría, un lieu-dit  de la paroisse de  Fatima (Portugal), trois enfants gardent un troupeau de moutons, le 13 mai, quand se produit quelque chose d’extraordinaire. A midi, après la prière du chapelet, « une Dame plus brillante que le Soleil » apparaît sur un petit chêne vert à Lucie, François et Jacinthe (âgés respectivement de 10, 9 et 7 ans), les invitant à prier et à revenir cinq fois,  le 13 de chaque mois. Lors de sa dernière apparition, celle d’octobre, la mystérieuse femme, devant des milliers de personnes, révèle son nom : « Notre-Dame du Rosaire » ;  à partir de ce jour, les miracles se succèdent.
C’est là qu’a été élevée la basilique, aujourd’hui l’un des plus grands lieux de pèlerinage chrétiens du monde, tandis qu’en 1930 l’évêque du lieu déclarait les apparitions dignes de foi, autorisant le culte à cette invocation de la Vierge Marie.

Comme l’a rappelé  le Concile Vatican II dans sa Constitution dogmatique Dei Verbum, Jésus-Christ est la plénitude personnelle de la Révélation, et aucune nouvelle révélation publique n’est dès lors à attendre avant sa seconde venue (n. 4).  C’est pourquoi Jean-Paul II a affirmé lors de sa visite à Fatima en en 1982 que si l’Eglise a accepté le message de la Vierge, c’est  parce qu’il est conforme à la révélation divine: il est au cœur de l’Evangile avec l’appel à la conversion et à la pénitence, les paroles mêmes par lesquelles Jésus a commencé son ministère  public, tel qu’il apparaît dans les évangiles. Un message, par ailleurs, très simple, adapté à ce que pouvaient comprendre  les petits voyants.

Qu’est-ce que le troisième secret de Fatima?

Lorsque Marie apparaît aux trois enfants, elle leur confie un secret que, bien évidemment, ils ne révèlent à personne, à la demande expresse de la Vierge. Les pastoureaux voient, écoutent, gardent tout en mémoire. Etant donné que deux d’entre eux sont morts très vite (François en 1919 et Jacinthe en 1920), Lucie de Jésus, témoin survivant, à partir du moment où elle en a reçu l’ordre par l’évêque et la permission de Notre-Dame, met par écrit le secret. Plus que de trois secrets, il s’agit en fait d’un texte en trois parties, ce pour quoi l’Eglise parle de la « la troisième partie du secret de Fátima ». Les deux premières parties ont été publiées dans le Journal de Sœur Lucie, dans les années 40, et sont donc connues.

La troisième partie, écrite par la voyante en 1944, a été remise par l’évêque, en 1957, aux Archives secrètes du Saint-Office, à Rome. Ni Jean XXIII, qui l’a lue et renvoyée au Saint-Office, ni le pape Paul VI, en 1965, n’en ont révélé le contenu. Comme on peut le voir, il n’y a là rien de ce qui se dit à chaque élection d’un pape, par exemple que le nouveau pape, après l’avoir lu, a été terrifié par le secret et l’a gardé sous clé dans un tiroir de son bureau. La réalité est beaucoup plus simple et moins  fantaisiste.
Pour sa part, Jean-Paul II, après l’attentat du 13 mai  1981  sur la place Saint-Pierre, a ouvert l’enveloppe, par curiosité, et après sa lecture, il a fait un acte solennel de consécration du monde au Cœur immaculé de Marie.

Quand le secret a-t-il été révélé?

Lors d’une de ses visites à Fatima, Jean-Paul II  a demandé que soit rendue publique la troisième partie du secret de Fatima. C’était  le 13 de mai  2000.  Ce fait a été connu au moment de l’annonce faite par le cardinal Angelo Sodano, alors secrétaire d’Etat du pape, qui  voit dans ce texte « 
une vision prophétique comparable à celles de l’Écriture sainte, qui ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais qui résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées. Par conséquent, la clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique. ».

Et le cardinal Sodano d’indiquer que « la vision de Fatima concerne surtout la lutte des systèmes athées contre l’Église et contre les chrétiens. Elle décrit l’immense souffrance des témoins de la foi du dernier siècle du deuxième millénaire ”.  Il conclut en déclarant que, selon le désir exprès du pape,  c’est à la Congrégation pour la Doctrine de la foi qu’a été  confié le soin de rendre publique la troisième partie du secret  confié par la Vierge Marie aux petits voyants portugais « après en avoir préparé un commentaire approprié ». Ce qui fut fait le 26 juin 2000.

Quel est le contenu du troisième secret de Fatima?

Au cours de cette journée, le cardinal Tarcisio Bertone, alors secrétaire  de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a indiqué dans la présentation du message à Rome que « la décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du « secret » de Fatima conclut une période de l’histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d’iniquité, mais pénétrée de l’amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l’Église ».
C’est ce jour-là que ce dicastère du Vatican a donné à connaître des textes manuscrits de la voyante Lucie relatifs aux trois parties du secret. La première concerne la vision terrible de l’enfer, et la seconde contient la promesse que «  à la fin, mon Cœur immaculé triomphera » et que la paix règnera, une fois faite la consécration de la Russie à la Mère du Seigneur.

Quant à la troisième partie du secret, révélée par la Vierge le 13 juillet 1917 et écrite également de la main de Lucie, il s’agit, en résumé, de la vision d’un ange avec une épée de feu  près de Marie et qui exhorte à la pénitence. Et d’un Evêque vêtu de blanc montant, avec d’autres évêques, prêtres, religieux et religieuses , sur une montagne au sommet de laquelle il y a une grande croix , et traversant une ville en ruine pleine de cadavres. Parvenu au sommet, l’évêque est tué par un groupe de soldats, et de la même manière meurent  les autres ecclésiastiques et fidèles laïcs. Sous la croix, il y avait deux anges qui recueillaient dans des arrosoirs de cristal le sang des martyrs et en irriguaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.

Connaissant ce texte mystérieux, Jean-Paul II charge le cardinal Bertone de rencontrer la voyante portugaise pour parler de de son interprétation. Dans le dialogue qui a lieu le  27 avril 2000 à Coimbra, Sœur Lucie reconnaît aussitôt la lettre qu’elle a écrite des dizaines d’années plus tôt avec la révélation du secret et « partage l’interprétation selon laquelle la troisième partie du secret consiste  en une vision prophétique, comparable à celles de l’histoire sainte. Elle réaffirme sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du communisme athée contre l’Église et les chrétiens, et elle décrit l’immense souffrance des victimes de la foi du vingtième siècle ». Elle confirme, sans qu’il y ait le moindre doute, que l’évêque vêtu de blanc « était le pape qui souffrait »,  et que «ce fut une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile et le Pape agonisant s’arrêta au seuil de la mort ».

Comment comprendre ce secret à la lumière de la foi chrétienne?

Tout cela, avant et après la publication du secret par l’Eglise, a donné lieu à de multiples interprétations et commentaires. Des personnes et des groupes s’accrochent aux révélations connues, et à d’autres imaginaires, pour répandre des présages funestes et des messages alarmants.

Sous l’angle de la foi, cependant, la perspective est toute autre. Lors de la messe du 13 mai 1982, Jean-Paul II souligne la dimension de l’amour maternel dans le message de Fatima, un amour qui non seulement embrasse les chemins qui conduisent l’homme à Dieu sur la terre, mais aussi ceux qui vont plus loin, y compris le purgatoire. Ce qui est au centre, c’est la volonté de Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité.  Le péché éloigne l’homme de Dieu, source de la vie, et finit par le condamner. Et disait le pape: «C’est pourquoi le message si maternel de la Dame de Fatima est en même temps si ferme et  déterminé. Il semble sévère.». Parce qu’il  n’est rien d’autre qu’un « appel à la conversion urgente »

En mai 2010, s’entretenant avec les journalistes au cours du vol vers le Portugal, Benoît XVI expliquait que dans la troisième partie de la vision de Fatima «  sont indiquées des réalités de l’avenir de l’Eglise qui au fur et à mesure se développent et se manifestent. A travers un langage symbolique et prophétique, se répète ce que Jésus lui-même avait dit: que l’Eglise aurait toujours à souffrir, de diverses façons, jusqu’à la fin du monde ». C’est pourquoi, ajoutait-il, « la réponse de Fatima ne réside pas substantiellement dans des dévotions particulières, mais dans la réponse de fond, c’est-à-dire la conversion permanente, la pénitence, la prière et les trois vertus théologales : foi, espérance et charité.».

C’est le pape allemand qui a le mieux résumé le sens du troisième secret de Fatima et comment il doit se comprendre à la lumière de la foi, quand il déclarait à la fin de l’entretien: « nous sommes réalistes en nous attendant que le mal attaque toujours, qu’il attaque de l’intérieur et de l’extérieur, mais aussi que les forces du bien sont toujours présentes et que, à la fin, le Seigneur est plus fort que le mal, et pour nous la Vierge est la garantie visible, maternelle, de la bonté de Dieu, qui est toujours la parole ultime dans l’histoire. ”.

Et voici un extrait du commentaire théologique publié en 2000 lors de la révélation de la troisième partie du secret, signé par le cardinal Radzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé. Ceux qui attendaient des révélations apocalyptiques excitantes sur la fin du monde et sur le cours futur de l’histoire seront déçus. Fatima n’offre pas de telles satisfactions à notre curiosité, comme du reste en général la foi chrétienne ne veut pas et ne peut pas être une pâture pour notre curiosité. Ce qui reste, nous l’avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du «secret»: l’exhortation à la prière comme chemin pour le «salut des âmes» et, dans le même sens, l’appel à la pénitence et à la conversion. » On ne peut être plus clair.

En définitive, l’Eglise a-t-elle occulté le troisième secret de Fatima?

A la lumière de ce qui précède, la réponse doit être négative. En effet, l’Eglise a dévoilé, au moment opportun, le contenu de ce secret tant redouté. De même qu’elle a fait connaître, en temps voulu, le contenu des deux autres parties. Libre à chacun de penser ce qu’il voudra, de polémiquer sur le sujet en cherchant des explications morbides et ésotériques. Au final, s’accomplit quelque chose que Jésus a dit, et qui nous renvoie non pas à un obscurantisme ecclésiastique, mais à une stratégie qui vient de plus haut … d’un Dieu qui a caché ces choses aux sages et aux intelligents, et qui les a révélées aux gens simples.

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