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Le cardinal Koch évoque « la position délicate des catholiques quant à l’évangélisation des juifs »

William ALIX/CIRIC

Dialogue judéo-chrétien avec le Cardinal Koch, résident du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Joël Sprung - Publié le 14/05/13


évoque justement la question de l’évangélisation du peuple juif, à propos de ce que l’on appelle « le temps des païens ». De même que dans son entretien, le cardinal Koch rappelle que l’Eglise, en matière d’évangélisation, ne se donne pas de « mission à l’intention des juifs, à l’inverse de certains groupes évangéliques », Benoit XVI citant saint Bernard de Clairvaux, rappelle que concernant les juifs, « un temps précis a été déterminé pour eux, que l’on ne peut pas anticiper. Les païens doivent les précéder dans leur totalité ». Il fait alors sienne l’idée d’Hildegarde Brem, selon laquelle « dans la ligne de Romains 11, 25, l’Eglise ne doit pas se préoccuper de la conversion des juifs, parce qu’il faut attendre le moment préétabli par Dieu ».

Il ajoute enfin cette idée cruciale : « Bien plus, les juifs sont une prédication vivante à laquelle l’Eglise doit renvoyer, parce qu’ils réalisent la passion du Christ ». C’est de cette seule conception de la réalisation par l’actuelle Israël de la passion du Christ que la théologie catholique peut enfin sortir d’une théologie de la substitution.

Si en 2004, Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, disait que « Aujourd’hui, l’Église a répudié toute « théologie de la substitution » et reconnaît l’élection actuelle du peuple juif », cette audacieuse et salvifique entreprise spirituelle reste difficile et lente à faire connaitre. Toutefois, certains théologiens s’y consacrent désormais avec ardeur, comme c’est le cas par exemple du Père Pierre Lenhardt, qui publie en 2006 son ouvrage : « A l’écoute d’Israël, en église : Car de Sion sort la Torah et de Jérusalem la Parole de Dieu » (éd. Parole et Silence, 2006).

Les conséquences de cette nouvelle théologie qui nous conduit à considérer le peuple juif comme un témoin toujours vivant de la première alliance, à l’instar des chrétiens qui sont témoins vivants de la nouvelle (et qui reste malgré tout l’unique voie ultime de salut), a des répercutions pastorales qui ne sont pas évidentes à gérer. Comme l’indique le cardinal Koch dans son entretien pour l’AED, la légitimité de l’état d’Israël comme terre promise au peuple juif est plutôt difficile à accueillir pour les chrétiens de terre sainte, qui l’ont vécu comme une injustice, et plus particulièrement pour les palestiniens, comme une catastrophe.

La question est d’autant plus délicate qu’elle oblige à distinguer l’idée théologique de sa réalisation politique, et ne pas nécessairement acquiescer à la forme actuelle de l’état d’Israël et à sa politique, comme s’il s’agissait là de l’accomplissement idéal de la promesse biblique. C’est particulièrement vrai, souligne le cardinal Koch, pour ce qui concerne le respect des palestiniens, et le droit qu’on doit leur reconnaitre à avoir leur propre état.

Mais au-delà de ces difficultés pastorales et politiques, il y a un autre enjeu capital pour les chrétiens dans cette réforme théologique, qui est celle de l’annonce, et avant cela, de la réception de la Parole de Dieu. Longtemps les chrétiens se sont éloignés de la culture qui leur permet de comprendre la Torah et les Prophètes qui font pourtant partie de leur canon des Ecritures, et par là, se sont coupés de précieuses clefs de compréhension du message évangélique.

D’aucuns, parmi les quelques spécialistes des sources juives du christianisme, n’hésitent pas à parler alors de néomarcionisme, pour qualifier le rapport commun de la Bible, en référence à l’un des premiers grands hérésiarques, Marcion, qui avait fondé sa doctrine sur un corpus biblique duquel il avait évacué tout l’ancien testament, et toutes les références que pouvaient y faire les évangiles.

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