Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Vendredi 30 octobre |
Bienheureuse Bienvenue Bojani
home iconÉglise
line break icon

Le cardinal Koch évoque « la position délicate des catholiques quant à l’évangélisation des juifs »

William ALIX/CIRIC

Dialogue judéo-chrétien avec le Cardinal Koch, résident du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Joël Sprung - Publié le 14/05/13

La question théologique de l’attitude des chrétiens face à « l’élection des juifs » se pose à l’Eglise de façon nouvelle depuis le concile Vatican II

Une récente dépêche, du 10 mai 2013, informe qu’à l’occasion d’un entretien pour l’Eglise en Détresse, le cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a évoqué « la légitimité théologique du peuple d’Israël à vivre sur sa terre et la position délicate des catholiques quant à l’évangélisation des juifs» Cette question théologique est en effet des plus délicates, et en pleine évolution dans l’Eglise depuis le concile Vatican II.

Pour ce qui concerne les relations de l’Eglise Catholique avec le judaïsme, Vatican II, avec la déclaration Nostra Aetate, a été le départ d’une réforme de fond : « L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul. […] Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée ; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion. Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance ».

C’est cette formule qu’appuya encore plus franchement le bienheureux Jean-Paul II en 1980, dans une allocution aux représentants des communautés juives d’Allemagne à Mayence, quand il évoqua « le peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance, qui n’a jamais été révoquée » (voir aussi C.E.C. §121). Cette déclaration avait alors provoqué quelques remous parmi les théologiens chrétiens.

L’évolution des relations de l’Eglise Catholique avec le judaïsme comporte en effet de forts enjeux théologiques, en particulier pour sortir de plusieurs siècles de ce qui a été délicatement appelé antijudaïsme théologique, et qui s’exprime encore assez largement sous la notion de « théologie de la substitution ». Il s’agit de l’idée, née d’une interprétation des écrits de saint Paul, selon laquelle la nouvelle alliance se substitue à l’ancienne. D’ailleurs, les concepts même d’ancien et de nouveau testaments seraient enracinés dans cette théologie de la substitution.

Benoit XVI, dans la suite de son prédécesseur, n’a eu de cesses de souligner l’importance de l’amitié judéo-chrétienne et la nécessité d’une collaboration, d’un témoignage de fraternité, pour le bien de l’humanité. Comme lors de son discours du 17 janvier 2010 à la synagogue de Rome.

Mais concernant la question théologique, c’est dans son tome II sur Jésus, « Jésus de Nazareth – De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection » (2011), qu’il aborde la délicate approche théologique. Dans un chapitre consacré au discours eschatologique de Jésus, il analyse la question de la destruction historique du Temple de Jérusalem, en 70 de notre ère, qui est justement au cœur de l’argumentation en faveur d’une théologie de la substitution. Comprise comme un événement historico-salvifique, comme l’accomplissement de la prophétie eschatologique de Jésus, la destruction du Temple peut être trop rapidement interprétée comme l’événement historique qui viendrait confirmer la caducité de l’élection d’Israël.

Or il n’en est rien : si déjà avant la destruction historique du Temple les premiers chrétiens semblent s’être détachés du culte du Temple, ils restent malgré tout attachés au symbole qu’il représente, et à sa réalité. On le voit, par exemple, dans la finale de saint Luc que nous avons pu lire pour la fête de l’Ascension, après la dernière apparition de Jésus aux apôtres : « Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu » (Lc 24, 53).

Un peu plus loin, dans son ouvrage, Benoit XVI

  • 1
  • 2
  • 3
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
dossier judaismejuifs
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Agnès Pinard Legry
Reconfinement : plus de messes après la Touss...
NIEMOWLĘ
Mathilde de Robien
Ces prénoms féminins qui portent en eux le sc...
Agnès Pinard Legry
Reconfinement : ce que les évêques ont demand...
statue de femme les yeux bandés
Mgr Benoist de Sinety
Dans nos aveuglements, le diable montre son v...
Mathilde de Robien
Franz et Franziska Jägerstätter, un couple un...
ATTENTAT EGLISE DE NICE
La rédaction d'Aleteia
En images : le récit d'une terrible journée
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement