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Tragédie au Bangladesh : le prix d’un travail d'esclave

© MUNIR UZ ZAMAN / AFP

aleteia - Publié le 30/04/13

De grandes marques occidentales vendent des vêtements confectionnés dans le tiers monde dans des conditions inhumaines, dénoncent des ONG

402 morts et des centaines de blessés dans l’effondrement d’un immeuble de huit étages dans la banlieue de Dacca, la capitale. Un coup terrible pour l’industrie, déjà précaire, du textile au Bangladesh, dont les produits vont arriver ensuite à des prix cassés sur les marchés européens et américains.

Ce bâtiment abritait des ateliers de confection de vêtements notamment pour la marque espagnole Le Corte Inglés, la britannique Primark, la Loblaw canadienne et le groupe danois PWT. C&A, Kik et WalMart, entreprises internationales dont on a retrouvé les étiquettes dans les décombres. Ce n’est pas le premier incident, puisqu’il y a à peine cinq mois, une centaine d’employés ont péri dans un atelier de ce pays.

De nombreuses ONG et institutions sociales ont entrepris de révéler et de dénoncer les conditions de travail déplorables de ces marchés textiles au Bangladesh, dans lesquelles travaillent les ouvriers et ouvrières de ces ateliers.

Ce dimanche, lors de la prière du Regina Coeli, le pape François a exprimé sa proximité aux famille des victimes : « En ce moment, un moment spécial, je désire élever une prière pour les nombreuses victimes causées par l’écroulement tragique d’une usine au Bangladesh » , et il a lancé à la fin de la prière un appel fort pour la sécurité des travailleurs: « J’exprime ma solidarité et ma proximité profonde aux familles qui pleurent leurs proches et j’adresse du fond du cœur un appel fort afin que la dignité et la sécurité du travailleur soient toujours garanties ».

L’esclavage : un problème d’aujourd’hui

Ce n’est pas la première fois que la communauté catholique lance un appel pour la défense des droits des travailleurs et pour alerter sur les différents esclavages qui existent dans le monde. L’Ong espagnole Manos Unidas mène depuis des années dans le monde des campagnes de sensibilisation à ce drame, qui n’est pas du XIXe siècle, mais nous accompagne jusqu’à notre époque.

Les experts Luis Arancibia, Ángel Bustamente y Araceli Caballero, du secteur de l’Education pour le développement de Manos Unidas alertaient déjà en 1999 sur ce problème, affirmant que « le processus de la mondialisation économique, la délocalisation industrielle d’entreprises dans des pays ayant des coûts salariaux plus bas et des législations du travail plus permissives, la précarité de l’emploi dans le monde entier, la surabondance de la main d’œuvre motivée par le chômage de 800 millions de personnes… ont conduit à une exploitation accrue du travail dans de nombreuses régions du monde ».

Le rapport de ces experts évoque des situations de véritable exploitation, citant l’exemple de « travailleurs immigrés, sans aucun papier, qui se voient contraints de travailler dans l’illégalité et dans des conditions de misère sous la menace permanente d’un rapatriement ».

Ils ne citent pas nommément le Bangladesh, dont l’industrie textile ne se trouvait pas encore dans la situation actuelle de précarité, mais évoquent des endroits comme la Birmanie, où « des milliers de Birmans en situation d’illégalité travaillent, dorment et vivent dans les grands chantiers de Bangkok; ou le cas des travailleurs népalais travaillant en Inde, ou encore sans aller aussi loin, celui de certains immigrants qui traversent le détroit en bateau et sont littéralement traités et vendus comme esclaves » .

En ce qui concerne l’esclavage et les conditions déplorables dans l’industrie textile, qui sont notamment responsables de la mort de 300 personnes dans cet effondrement d’un immeuble au Bangladesh, ces experts de Manos Unidos révélaient déjà que les ouvrières étaient pour la plupart des « femmes employées dans des entreprises à fort taux de main d’œuvre, en particulier dans le secteur du textile et de la chaussure, travaillant dans des conditions similaires à celles de la révolution industrielle: journées continues de 14 heures de travail d’affilée, avec un salaire ne suffisant même pas à payer le transport et la nourriture ».

Et ils attiraient déjà l’attention sur le fait que ces usines de textiles étaient en fin de compte sous-traitées par des multinationales européennes et des marques reconnues: « Tel est le cas de nombreuses usines de sociétés de sous-traitance transnationales, installées dans certains pays d’Extrême-Orient (Vietnam, Cambodge, Philippines) et qui doivent offrir des coûts de travail extrêmement bas pour attirer l’investissement étranger qui, sinon, ira à d’autres pays de la zone ».

Il n’existe pas de législation universelle

Si la Déclaration des droits de l’homme, dans ses derniers articles, stipule le droit au travail et à un salaire équitable, dans la pratique les législations sur les conditions minimales de travail sont inexistantes dans les différents Etats.

Des ONG comme Manos Unidas expliquent que « certaines sociétés transnationales (STN) ont élaboré et commencé à mettre en œuvre des codes de conduite qui énoncent certaines règles internes obligatoires également pour les entreprises sous-traitantes », tout en reconnaissant que cela ne garantit pas « une évaluation indépendante de l’application de ces codes dans chacune des entreprises ».

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