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Manif pour tous : quelles suites ?

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Philippe Oswald - France Catholique - Liberté politique.com - Radio Notre-Dame - You Tube - Publié le 26/04/13

Alors que la mobilisation des Veilleurs se poursuit, la question se pose : quels mots d’ordre pour les prochaines « Manifs pour Tous » des 5 et 26 mai ?

Depuis le vote du « Mariage pour tous » le 24 avril, la question revient, lancinante, dans les rangs de tous ceux qui ne peuvent se résigner à cette loi inique : quelles formes donner à la résistance puisque celle-ci s’impose à leur conscience ? Et quels seront les mots d’ordre des prochaines grandes manifestations des 5 et 26 mai ?

Le combat législatif s’est achevé à l’Assemblée nationale : le vote ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels est « définitif ». Il reste le recours immédiatement déposé devant le Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition soutenus par des juristes de renom. Il y aussi le quasi miracle que serait la décision du chef de l’Etat de renoncer à promulguer une loi qui divise aussi visiblement les Français -toutes les enquêtes montrant à présent qu’ils regrettent qu’elle ait été votée. Mais il est permis de croire aux miracles et même de prier pour qu’ils se produisent ! N’est-ce pas ce qu’ont fait les Colombiens, dont 80% sont catholiques, pour que leur Parlement rejette le « mariage homosexuel » ?  (1)

En France, de nombreux maires et leurs adjoints annoncent d’ores et déjà qu’ils opposeront l’objection de conscience à une loi immorale. (2) Rappelons à propos de l’objection de conscience qu’elle n’est pas seulement un droit mais un devoir dans un tel cas, comme l’a souligné le pape Jean-Paul II à propos des rapports entre la loi civile et la loi morale : « Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience » (Evangelium vitae, n.73). (Lire à ce propos l’excellent article que vient de publier Jean-Olivier Arduin chez notre confrère et partenaire Liberté Politique.)

Assurément, l’espérance n’a pas abandonné les opposants. Beaucoup d’entre eux la rendent visible avec ce mouvement des Veilleurs qui sur les pelouses des Invalides comme ici (notre photo)  mais aussi dans de nombreuses villes de province, grandes ou petites, se relaient pour allumer de petites flammes dans la nuit. Petites flammes vacillantes, mais qui ne s’éteignent pas. Ou encore, pour reprendre la belle image de Sylvie Carnoy sur Radio Notre-Dame, « révolution des Roseaux » qui plient et mais ne rompent pas, contre le « chêne » gouvernemental et contre « la force injuste de la loi » (François Mitterrand).

A tous, il semble impossible que la résistance s’étiole ou se perde dans des combats douteux. Il ne faut pas l’abandonner aux violents ni à ceux qui n’ont en réalité rien à faire d’une quelconque exigence éthique, mais qui entendent simplement récupérer la mobilisation au profit d’un parti. La nouveauté de cette résistance au « Mariage pour tous », c’est précisément qu’elle porte sur les fondamentaux de la vie humaine et de la civilisation qui ne sont à la disposition ni d’une majorité parlementaire et d’un gouvernement, ni d’un parti politique. C’est pourquoi elle est appelée à s’approfondir en s’étendant à d’autres sujets que l’altérité sexuelle, le mariage et la famille.

Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à l’action politique et se contenter de palabres ou de réflexions intellectuelles, aussi nécessaires et élevées soient-elles. Il ne s’agit pas d’encourir le reproche que Péguy faisait au philosophe Kant : « Il a les mains pures, mais il n’a pas de mains »… C’est pourquoi l’on peut prédire sans grand risque de se tromper que le fruit bien concret du mouvement des Veilleurs est d’ores et déjà une prise de conscience de l’importance de l’engagement politique dans cette jeune génération. Alors que trop souvent leurs parents s’étaient détournés du souci de la cité, préférant s’adonner aux affaires voire même à une certaine spiritualité confortablement désincarnée, ces jeunes découvrent l’urgence de « se bouger », en se formant, certes, mais aussi en prenant très concrètement des responsabilités électives, pour prendre en main leur destin et celui de la nation. Bref s’engager pour le bien commun.

Comment cela pourra-t-il se faire ? Certainement pas de façon univoque : tel(le) préfèrera ou sera conduit par les circonstances à militer au sein d’un parti, tel (le) choisira de ne pas avoir d’étiquette, sinon peut-être celle de la « Manif pour tous », pour se mettre au service d’une collectivité locale. Question de discernement, de capacité, d’occasion favorable. Mais d’ores et déjà, il est clair que l’expérience de ce qui se déroule aujourd’hui dans tout le pays est une source inespérée de renouveau, de dynamisme et d’engagement généreux au rebours de l’individualisme et du consumérisme  dont meurt notre société.

Si tant de Français de toutes générations se sont levés depuis des mois ce n’est pas seulement pour protester contre la loi Taubira parce qu’elle dénature le mariage et désorganise la filiation. Cela va plus loin, plus profond, comme le souligne très justement Gérard Leclerc dans son éditorial du 25 avril de Radio Notre-Dame et de France Catholique : « Refuser la transgression du sens du mariage et la désarticulation de la filiation, c’est bien autre chose que s’opposer à une loi circonstancielle. C’est prendre parti pour une certaine conception de l’homme, qui s’enracine dans les traditions philosophiques et spirituelles les plus fortes. »
Inutile donc de chercher à ravauder la loi qui vient d’être votée. Il faut repartir sur des bases nouvelles pour rebâtir.

C’est pourquoi l’on peut douter que l’idée d’un « pacs amélioré »,  d’une union civile spécialement adaptée aux personnes de même sexe et qui serait sans conséquence pour la filiation soit une réponse proportionnée, ni d’ailleurs juste sur le fond, au défi lancé par le vote de la loi Taubira. Cette proposition que vient de lancer la figure de proue de la Manif pour tous, Friide Bardot, à la surprise, semble-t-il, d’autres représentants de la Manif pour tous, a reçu un refus net et motivé du Parti social chrétien (communiqué du 24 avril). Le PCD voit dans ce contrat d’union une forme déguisée, un « cheval de Troie » du mariage homosexuel. De toute façon, ajoute le PCD, il n’est plus temps d’un ajustement législatif auquel ne voudrait évidemment pas consentir l’actuelle majorité, et qui encourrait, s’agissant de la filiation, une condamnation pour discrimination de la Cour européenne des droits de l’homme. Plutôt que de courir derrière un train, il faut œuvrer  à une refondation en optant pour un véritable « choix de civilisation ».

L’issue de ce débat qui a déjà retenu l’attention des grands medias (3) sera évidemment décisive sur l’ampleur et l’unité des prochaines « Manifs pour tous ».

1)    Ouest-France, 25 avril
2)    Par exemple Jean-Claude Massiou et ses adjoints  à Bandiat (Dordogne)  Xavier Lemoine à Montfermeil (vidéo BFMTV), Philippe Marini (vidéo LCP), Jean-Frédéric Poisson comme maire-adjoint de Rambouillet etc.
3)    Europe 1  parle du « divorce Barjot/Boutin »

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