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Syrie : Les chrétiens se meurent !

© TAUSEEF MUSTAFA / AFP

Isabelle Cousturié - Fides / OPM - Radio Vatican - Publié le 23/04/13

Entre enlèvements, tueries, églises saccagées, accusations de connivence avec le régime … c’est toute une population qui risque de disparaître du pays

Enlèvements, églises saccagées ou détruites, fuites en masses, insultes, calomnies, vexations : les chrétiens de Syrie doivent désormais « choisir entre deux calices amers : mourir ou partir », déclare l'archevêque maronite de Damas, Mgr Samir Nassar dans un témoignage envoyé à l’Agence Fides, l’organe d’information des œuvres pontificales missionnaires (OPM).

Un témoignage que confirme le double enlèvement lundi 22 avril dedeux évêques orthodoxes syriens par des rebelles armés dans la province d'Alep (nord),  Yohanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe, et Paul Yazigi, évêque de l'Eglise orthodoxe grecque, tous deux d’Alep, alors qu'ils «menaient un travail humanitaire».

Le conflit syrien, qui a débuté le 15 mars 2011, ne semble pas vouloir baisser d’un cran, et selon l’ONU aurait déjà fait 70.000 morts. Parmi eux les enfants qui, selon l’UNICEF «  paient le prix le plus haut » dans ce conflit. L’organisme fait état d’un million huit cent mille mineurs frappés par la violence qui, selon elle, fait augmenter de jour en jour  « le risque de les voir devenir une génération perdue ».

« N’y a-t-il pas pour la Syrie d’autres voix et d’autres voies, que celles de la guerre, des armes, de la violence, de la haine, de la vengeance ? », a demandé  le patriarche Gregorios III, d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem, dans un nouvel appel aux Etats des pays arabes, de l’Europe occidentale et orientale, de l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu’aux organisations internationales et aux titulaires de Prix Nobel.

La Syrie, a-t-il dit,  vit un chemin de croix sanglant, douloureux et prolongé, qui s’étend sur tous les chemins du pays. Tous les Syriens – chrétiens et musulmans, gouvernement, opposition, groupes armés de tout vent, … – tous portent la même croix depuis plus de deux ans. »

Le conflit syrien préoccupe l’Eglise et le Saint-Siège. Il constituait, la semaine dernière au Vatican, avec la situation des chrétiens du Proche Orient en général, le cœur de l’audience priée du pape François avec le Patriarche de l’Eglise Syriaque Catholique d’Antioche, Mgr Ignace Youssef III Younan, qui venait d’effectuer une visite en France.


Le pape François est « ouvert à nos souffrances et prêt à nous aider, aussi bien par ses prières que par des appels aux autres nations », a affirmé le patriarche à l’issue de l’audience, ajoutant que le pape lui avait exprimé son désir de visiter les églises du Levant, en vue de défendre leurs droits, de sympathiser avec les fidèles dans leurs souffrances et de les encourager à s'engager dans leur message.


Dans un entretien à Radio Vatican, Mgr Younan confirme que la situation sur place  après 25 mois de crise est très grave, et souligne l’urgence d’aider toutes les parties à trouver les moyens pour se réconcilier et d’œuvrer pour une paix juste avec les réformes nécessaires de régime ».


« Réformer le régime par la force n’est pas réaliste et ne fera qu’aggraver la situation », ajoute-t-il tout en réaffirmant la neutralité de l’Eglise dans la crise : « Nous sommes avec le peuple syrien en prêchant la paix. Nous ne voulons pas faire de la politique mais nous avons vraiment à cœur la situation de nos communautés chrétiennes qui nous demandent d’intervenir pour trouver une solution pacifique ».  


Régulièrement soupçonnés de s’être rangés du côté du pouvoir, les 2,5 millions de chrétiens de Syrie – qui représentent entre 5 et 10 % de la population – se voient reprocher chaque jour davantage de soutenir un dictateur sanguinaire. D'autant plus que le président syrien tente de s’appuyer sur eux pour contrer ses opposants, qu’il présente comme des fanatiques religieux sunnites, prêts à imposer la charia et à brûler les églises. (france24.com)


Pour sortir de cette crise meurtrière, Mgr Younan estime que « les gouvernements européens, surtout d’Europe de l’Ouest, et les Etats-Unis, ne devraient pas s’ingérer en incitant à la violence ». Il souhaite que « le peuple français et tous les peuples de bonne volonté sortent de leur indifférence  pour dire ‘oui il faut réformer le régime mais que ce n’est par la violence,  par l’effusion de sang, et par la discrimination entre peuples, communautés et religions qu’on doit y arriver’ ».


 « Bien entendu que le pouvoir essaie à sa façon de manipuler les chrétiens, il met en scène les paroles des évêques et des patriarches », explique de son côté le père Pascal Gollnisch, directeur de l' Œuvre d’Orient., « mais demander des réformes pacifiques ne fait pas d’eux les complices d’une dictature », objecte-t-il.


Présents en Syrie depuis deux millénaires, les chrétiens craignent en fait pour leur avenir, d'autant plus qu’ils ont encore en mémoire le sort réservé aux chrétiens irakiens, victimes de persécutions après la chute de Saddam Hussein. Une crainte relayée par Pascal Gollnisch, qui parle de « syndrome irakien ».


Face à ce désastre, tous pensent à partir même si la fuite est en quelque sorte « une autre manière de mourir, plus lentement », témoigne l’Archevêque maronite de Damas, Mgr Samir Nassar, à l’agence Fides.


Cette situation, explique l’archevêque maronite de Damas, Mgr Samir Nassar à l’agence Fides,  met les Pasteurs devant un gros problème de conscience : « Leur conseiller de rester pourrait les conduire à la mort comme un agneau muet devant le boucher. Notre martyrologue ne fait que s’allonger… Les aider à partir signifie en revanche vider la Terre biblique de ses derniers chrétiens ».


D’après des informations obtenues sur place par fides, il n’y aurait plus de chrétiens à Deir Ezzor dans l’Est de la Syrie, au-delà de l’Euphrate, entre Palmyre et la frontière irakienne. La seule église encore à peu près intacte a été détruite, le 15 avril dernier, dans une violente explosion en même temps  que le couvent  des Capucins.


Pour en savoir plus sur la situation des chrétiens en Syrie lire aussi:

« Les chrétiens de Syrie: ils étaient les premiers, seront-ils les derniers? » (Huffingtonpost)

« Les martyrs chrétiens "plus nombreux qu'aux premiers siècles » ? (Tf1)

Tags:
ChrétiensSyrie
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