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Pourquoi se confesser ?

© Franck JAN / LUMIERE DU MONDE

aleteia - Publié le 22/04/13

Les fidèles pratiquaient régulièrement l’aumône, le jeûne et toutes sortes de mortifications visant à satisfaire les offenses faites à Dieu que leur condition de pêcheur ne leur permettait pas d’éviter. En revanche, les péchés graves (apostasie, meurtre, adultère, …) étaient considérés comme scandaleux et, comme tels, faisaient l’objet d’une excommunication, après une confession publique du péché. La communauté excluait le pêcheur et le portait spécialement dans la prière. Ce dernier devait alors faire longuement et difficilement pénitence, et pouvait espérer réintégrer dans la communauté, être « délié » par l’évêque, une seule fois, à l’occasion de la célébration annuelle de la réconciliation au cours de la nuit pascale.

La distinction entre péché grave et péché véniel n’est pas la seule chose qui, dans la pratique surtout, a connu des évolutions au cours des siècles. Il en est de même pour l’aspect « judiciaire » de la pénitence et en particulier ce que nous appelons la « satisfaction » du péché. Dans l’évangile de Mathieu, la notion de pardon dans l’enseignement du Notre Père concerne non pas le péché ou l’offense, mais la dette. Plus tard, pour parler du pardon sacramentel des péchés, les premiers chrétiens utiliseront le terme « absolutio » tout droit sorti du jargon juridique latin pour décrire la situation d’un coupable qui a fini de purger sa peine. Or dans la tradition chrétienne, les hommes sont solidaires dans le rachat des fautes : Jésus lui-même s’est offert en victime d’expiation pour racheter le péché des hommes. Ainsi, la confession des offenses et la contrition (regret sincère) ont toujours dû rester personnels, mais l’Eglise a permis en certaines occasions que le rachat de l’offense par la pratique pénitentielle (jeûnes, aumônes, prières) puisse être réalisées par un tiers. Au moyen-âge, cette pratique s’est finalement tellement bien installée qu’elle a fait l’objet de toutes les perversions : trafic de pénitences, trafic d’indulgences, corruption, … C’est d’ailleurs ce qui fut le déclencheur de la Réforme luthérienne.

Si au fil du temps les trafics finiront par disparaitre du fait que la satisfaction des fautes portera plus sur les prières et se fera moins lourde, le concile Vatican II ira encore plus profondément dans cet aspect salvifique de la prière ecclésiale, en présentant l’Eglise comme sacrement du Christ. L’Eglise rendant présent le Christ au monde, et actualisant son sacrifice d’expiation en particulier dans l’eucharistie, nous comprenons aujourd’hui que l’ensemble des hommes (et plus seulement les baptisés) peuvent mystérieusement bénéficier, de manière extraordinaire, de la miséricorde de Dieu et de son salut.

Toutefois la forme ordinaire de la confession demeure essentielle, par l’accusation volontaire des fautes, graves ou pas, la contrition, le pardon reçu du prêtre et le rachat des fautes par les prières ou pénitences appropriées, qui aideront par ailleurs les baptisés à grandir dans l’amour de Dieu et à résister à la tentation de récidiver.

Le recours fréquent à ce sacrement, même en l’absence de péchés graves, participe d’un cheminement de conversion individuelle permanente, mais aussi de purification de l’Eglise toute entière, par la même occasion. Elle est particulièrement d’actualité avec l’entrée de l’Eglise dans ce temps de nouvelle évangélisation où la purification du peuple de Dieu, la conversion des chrétiens, est de première importance dans le succès de cette entreprise.

 « Il importe d’affirmer très résolument que l’aveu des péchés n’est pas seulement un moment de prétendue auto libération psychologique ou de nécessité humaine de se révéler dans son propre état de péché. L’aveu des péchés est principalement un geste qui, de quelque manière, appartient au contexte liturgique et sacramentel de la pénitence et prend part à ses caractéristiques, à sa dignité, à son efficacité. » (Jean-Paul II, AG, 21 mars 1984)

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