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Pourquoi se confesser ?

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© Franck JAN / LUMIERE DU MONDE

aleteia - publié le 22/04/13

La confession des péchés à un prêtre est un sacrement, signe efficace de la grâce, don du Christ.

« La conversion au Christ, la nouvelle naissance du Baptême, le don de l’Esprit Saint, le Corps et le Sang du Christ reçus en nourriture, nous ont rendu " saints et immaculés devant lui " (Ep 1, 4), comme l’Église elle-même, épouse du Christ, est " sainte et immaculée devant lui " (Ep 5, 27). Cependant, la vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés pour qu’ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne, aidés par la grâce du Christ. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1426)

Le baptême lave l’homme non seulement de la marque du péché originel, mais aussi de tous ses péchés. Dans ce sacrement reçu, l’exorcisme est complet. Toutefois, après le baptême les chrétiens peuvent toujours commettre des péchés, c’est-à-dire refuser l’amour du Seigneur, l’offenser, et son peuple avec Lui… Car le Seigneur nous a créé libres d’accueillir ou non son amour. L’usage de cette liberté, quand il nous conduit à nous détourner de Dieu, est ce qui est cause de péché. Même après le baptême qui pourtant nous en a délivrés.

Devait donc, petit à petit dans l’histoire de l’Eglise, se poser la question de ce qu’il advient du baptisé en rupture avec le Seigneur à cause d’un péché grave. Comment prétendre communier à Dieu en étant en rupture avec lui ? Suffit-il de regretter sincèrement ses péchés pour se réconcilier ?

La miséricorde de Dieu est abondante. Elle est même pressante. Mais là encore elle respecte notre liberté. Nous pouvons dire, en un certain sens, que Dieu nous a déjà pardonné. Mais pour que ce pardon soit effectif, il faut que nous y consentions. Aussi dans le regret sincère, que nous appelons également contrition, nos péchés sont bel et bien pardonnés. Toutefois ce pardon, comme tout le reste de la vie du baptisé, doit s’inscrire dans une relation sacramentelle avec Dieu. C’est-à-dire que, comme le péché affecte la personne dans son entier (il n’est pas seulement une « idée »), jusqu’au plus profond de ses cellules biologiques, le pardon doit aussi restaurer l’homme dans son intégralité. Il ne saurait être qu’un « acte mental ».

Il doit donc impliquer le corps. C’est ce qui justifie une démarche rituelle particulière, dans laquelle le baptisé est notamment invité à s’agenouiller, et à confesser oralement ses péchés. Mais le corps doit surtout être impliqué dans le cadre de sa vocation toute particulière qui est d’être le lieu de la relation d’altérité. Et c’est pourquoi le baptisé doit confesser ses péchés, non pas seul dans un recoin de sa chambre, mais à l’oreille d’un apôtre du Seigneur, ou délégué comme tel.

La pratique ordinaire actuelle de la confession dans l’Eglise n’a pas toujours été telle. Le sacrement permettant de « délier » a beaucoup évolué au fil des siècles, répondant à des caractéristiques dominantes dans l’Eglise, différentes selon les époques. Cette évolution nous en apprend beaucoup sur ce qui peut être le cœur même du sacrement de pénitence, et qui conduit à tenir pour indispensable à notre temps la confession individuelle des péchés, en particulier les péchés graves.

L’institution du pouvoir de lier et de délier, autrement dit d’excommunier ou de réconcilier, nous est décrite dans l’évangile de Jean, citant Jésus : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » (Jn 20, 23). Dans l’Eglise naissante, la pénitence pour les péchés véniels (péchés mineurs) était plutôt laissée au libre cheminement des fidèles, et ne faisait pas à proprement parler l’objet d’une institution sacramentelle.

Les fidèles pratiquaient régulièrement l’aumône, le jeûne et toutes sortes de mortifications visant à satisfaire les offenses faites à Dieu que leur condition de pêcheur ne leur permettait pas d’éviter. En revanche, les péchés graves (apostasie, meurtre, adultère, …) étaient considérés comme scandaleux et, comme tels, faisaient l’objet d’une excommunication, après une confession publique du péché. La communauté excluait le pêcheur et le portait spécialement dans la prière. Ce dernier devait alors faire longuement et difficilement pénitence, et pouvait espérer réintégrer dans la communauté, être « délié » par l’évêque, une seule fois, à l’occasion de la célébration annuelle de la réconciliation au cours de la nuit pascale.

La distinction entre péché grave et péché véniel n’est pas la seule chose qui, dans la pratique surtout, a connu des évolutions au cours des siècles. Il en est de même pour l’aspect « judiciaire » de la pénitence et en particulier ce que nous appelons la « satisfaction » du péché. Dans l’évangile de Mathieu, la notion de pardon dans l’enseignement du Notre Père concerne non pas le péché ou l’offense, mais la dette. Plus tard, pour parler du pardon sacramentel des péchés, les premiers chrétiens utiliseront le terme « absolutio » tout droit sorti du jargon juridique latin pour décrire la situation d’un coupable qui a fini de purger sa peine. Or dans la tradition chrétienne, les hommes sont solidaires dans le rachat des fautes : Jésus lui-même s’est offert en victime d’expiation pour racheter le péché des hommes. Ainsi, la confession des offenses et la contrition (regret sincère) ont toujours dû rester personnels, mais l’Eglise a permis en certaines occasions que le rachat de l’offense par la pratique pénitentielle (jeûnes, aumônes, prières) puisse être réalisées par un tiers. Au moyen-âge, cette pratique s’est finalement tellement bien installée qu’elle a fait l’objet de toutes les perversions : trafic de pénitences, trafic d’indulgences, corruption, … C’est d’ailleurs ce qui fut le déclencheur de la Réforme luthérienne.

Si au fil du temps les trafics finiront par disparaitre du fait que la satisfaction des fautes portera plus sur les prières et se fera moins lourde, le concile Vatican II ira encore plus profondément dans cet aspect salvifique de la prière ecclésiale, en présentant l’Eglise comme sacrement du Christ. L’Eglise rendant présent le Christ au monde, et actualisant son sacrifice d’expiation en particulier dans l’eucharistie, nous comprenons aujourd’hui que l’ensemble des hommes (et plus seulement les baptisés) peuvent mystérieusement bénéficier, de manière extraordinaire, de la miséricorde de Dieu et de son salut.

Toutefois la forme ordinaire de la confession demeure essentielle, par l’accusation volontaire des fautes, graves ou pas, la contrition, le pardon reçu du prêtre et le rachat des fautes par les prières ou pénitences appropriées, qui aideront par ailleurs les baptisés à grandir dans l’amour de Dieu et à résister à la tentation de récidiver.

Le recours fréquent à ce sacrement, même en l’absence de péchés graves, participe d’un cheminement de conversion individuelle permanente, mais aussi de purification de l’Eglise toute entière, par la même occasion. Elle est particulièrement d’actualité avec l’entrée de l’Eglise dans ce temps de nouvelle évangélisation où la purification du peuple de Dieu, la conversion des chrétiens, est de première importance dans le succès de cette entreprise.

 « Il importe d’affirmer très résolument que l’aveu des péchés n’est pas seulement un moment de prétendue auto libération psychologique ou de nécessité humaine de se révéler dans son propre état de péché. L’aveu des péchés est principalement un geste qui, de quelque manière, appartient au contexte liturgique et sacramentel de la pénitence et prend part à ses caractéristiques, à sa dignité, à son efficacité. » (Jean-Paul II, AG, 21 mars 1984)

Dans le sacrement de pénitence, plusieurs éléments sont indispensables : la contrition du baptisé, c’est-à-dire le fait qu’il regrette sincèrement ses péchés, mais aussi l’aveu des fautes, l’éventuelle réparation si c’est nécessaire (cf. Zachée), et le rachat de l’offense faite à Dieu. En outre, le sacrement est opéré par le geste et la formule rituelle du prêtre qui entend la confession. La confession des péchés en particulier, si elle est nécessaire pour qu’il soit possible de juger de l’offense, permet aussi de faciliter le cheminement de conversion de la personne qui s’accuse ainsi. Pour difficile que soit cette situation, dans laquelle nous nous sentons le plus souvent honteux, elle permet déjà un premier bénéfice qui est une forme de libération psychologique.

Toutefois, ce n’est pas là le sens premier de cette confession. En tant que sacrement, la pénitence est un signe qui opère ce qu’il signifie. Or, comme dans tout sacrement, pour qu’il y ait signe, il faut qu’il y ait une « matière » du signe : l’eau du baptême, le pain et le vin dans l’eucharistie, le chrême, etc… La particularité du sacrement de pénitence, c’est que la matière du sacrement est la confession orale des péchés, elle-même. Comme le pain eucharistique figure la parole, et va pouvoir ainsi, dans une analogie au Christ « pain de vie », être transsubstantié en son corps, de même la confession des péchés est signifiante de la pénitence elle-même, et va être le point de rencontre entre l’homme et Dieu, ici dans une manifestation de sa miséricorde. Le pardon divin, tout transcendant qu’il est, va pouvoir être efficace dans le monde par la médiation du signe de conversion qu’est l’aveu sincère des fautes.

C’est pourquoi ce sacrement est aussi appelé « sacrement de conversion, puisqu’il réalise sacramentellement l’appel de Jésus à la conversion (cf. Mc 1, 15), la démarche de revenir au Père (cf. Lc 15, 18) dont on s’est éloigné par le péché. » (cf. C.E.C. 1423) C’est dire que par l’aveu des fautes, il est signe efficace de conversion, qui réalise ce qu’il signifie. Mais la confession des fautes n’est pas que le signe d’un regret et donc d’un rejet du mal, pourtant essentiel il est vrai dans la conversion au Christ : « Dans un sens profond ce sacrement est aussi une " confession ", reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l’homme pécheur. » (C.E.C. 1424) La confession est donc également signe de la foi dans la miséricorde divine et dans le salut en Christ, qui avec le rejet du mal, forme le signe complet de la conversion du pécheur, et avec lui de l’Eglise entière.


Article rédigé par Joël Sprung
Marié et père de deux enfants, converti à la foi catholique il y a 10 ans et blogueur sous le pseudonyme de Pneumatis, Joël Sprung est passionné d’anthropologie biblique, et également très soucieux des questions de dignité humaine et de vulnérabilité.

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