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Pourquoi se confesser ?

© Franck JAN / LUMIERE DU MONDE
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La confession des péchés à un prêtre est un sacrement, signe efficace de la grâce, don du Christ.

« La conversion au Christ, la nouvelle naissance du Baptême, le don de l’Esprit Saint, le Corps et le Sang du Christ reçus en nourriture, nous ont rendu " saints et immaculés devant lui " (Ep 1, 4), comme l’Église elle-même, épouse du Christ, est " sainte et immaculée devant lui " (Ep 5, 27). Cependant, la vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés pour qu’ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne, aidés par la grâce du Christ. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1426)

Le baptême lave l’homme non seulement de la marque du péché originel, mais aussi de tous ses péchés. Dans ce sacrement reçu, l’exorcisme est complet. Toutefois, après le baptême les chrétiens peuvent toujours commettre des péchés, c’est-à-dire refuser l’amour du Seigneur, l’offenser, et son peuple avec Lui… Car le Seigneur nous a créé libres d’accueillir ou non son amour. L’usage de cette liberté, quand il nous conduit à nous détourner de Dieu, est ce qui est cause de péché. Même après le baptême qui pourtant nous en a délivrés.

Devait donc, petit à petit dans l’histoire de l’Eglise, se poser la question de ce qu’il advient du baptisé en rupture avec le Seigneur à cause d’un péché grave. Comment prétendre communier à Dieu en étant en rupture avec lui ? Suffit-il de regretter sincèrement ses péchés pour se réconcilier ?

La miséricorde de Dieu est abondante. Elle est même pressante. Mais là encore elle respecte notre liberté. Nous pouvons dire, en un certain sens, que Dieu nous a déjà pardonné. Mais pour que ce pardon soit effectif, il faut que nous y consentions. Aussi dans le regret sincère, que nous appelons également contrition, nos péchés sont bel et bien pardonnés. Toutefois ce pardon, comme tout le reste de la vie du baptisé, doit s’inscrire dans une relation sacramentelle avec Dieu. C’est-à-dire que, comme le péché affecte la personne dans son entier (il n’est pas seulement une « idée »), jusqu’au plus profond de ses cellules biologiques, le pardon doit aussi restaurer l’homme dans son intégralité. Il ne saurait être qu’un « acte mental ».

Il doit donc impliquer le corps. C’est ce qui justifie une démarche rituelle particulière, dans laquelle le baptisé est notamment invité à s’agenouiller, et à confesser oralement ses péchés. Mais le corps doit surtout être impliqué dans le cadre de sa vocation toute particulière qui est d’être le lieu de la relation d’altérité. Et c’est pourquoi le baptisé doit confesser ses péchés, non pas seul dans un recoin de sa chambre, mais à l’oreille d’un apôtre du Seigneur, ou délégué comme tel.

La pratique ordinaire actuelle de la confession dans l’Eglise n’a pas toujours été telle. Le sacrement permettant de « délier » a beaucoup évolué au fil des siècles, répondant à des caractéristiques dominantes dans l’Eglise, différentes selon les époques. Cette évolution nous en apprend beaucoup sur ce qui peut être le cœur même du sacrement de pénitence, et qui conduit à tenir pour indispensable à notre temps la confession individuelle des péchés, en particulier les péchés graves.

L’institution du pouvoir de lier et de délier, autrement dit d’excommunier ou de réconcilier, nous est décrite dans l’évangile de Jean, citant Jésus : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » (Jn 20, 23). Dans l’Eglise naissante, la pénitence pour les péchés véniels (péchés mineurs) était plutôt laissée au libre cheminement des fidèles, et ne faisait pas à proprement parler l’objet d’une institution sacramentelle.

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