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Le pape François et les religions … dans le sillage de Benoît XVI

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Le discours du pape lors de sa rencontre avec les représentants des églises et des religions.

Ci-dessous notre traduction en français du discours prononcé ce mercredi 20 mars par le pape au cours de sa rencontre avec les représentants des autres confessions chrétiennes et religions dans la salle Clémentine.


Chers frères et sœurs,


Pouvoir vous rencontrer aujourd’hui, délégués des Eglises orthodoxes, des Eglises orthodoxes orientales et des communautés ecclésiales d’Orient, est pour moi source d’une très grande joie. Je vous remercie d’avoir voulu prendre part à la célébration qui a marqué le début de mon ministère comme évêque de Rome et Successeur de Pierre. Hier matin, durant la Sainte Messe, j’ai pu sentir à travers vous la présence des communautés que vous représentez.  Cette manifestation de foi m’a fait vivre de manière encore plus pressante la prière pour l’unité entre les croyants en Jésus Christ et m’a fait entrevoir d’une certaine façon la préfiguration de sa pleine réalisation, qui dépend du plan de Dieu et de notre loyale collaboration. Je commence mon ministère apostolique au moment où mon vénéré prédécesseur, Benoît XVI, dans une intuition vraiment inspirée, a proclamé pour l’Eglise catholique une Année de la Foi.



Avec cette initiative, que je désire poursuivre et qui, je l’espère, sera un bon stimulant pour tous sur ce chemin de foi, il a voulu marquer le cinquantième anniversaire du début du Concile Vatican II, proposant une sorte de pèlerinage vers ce qui, pour chaque chrétien,  représente l’essentiel: son rapport personnel et transformant avec Jésus Christ, Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. C’est dans ce désir d’annoncer ce trésor éternellement valable de la foi aux hommes de notre temps, que réside précisément le cœur du message conciliaire. Avec vous, je ne saurais oublier tout ce que ce Concile a signifié pour l’œcuménisme. Il me plait de rappeler les paroles que le bienheureux Jean XXIII, dont nous évoquerons tout à l’heure le cinquantième anniversaire de la disparition, prononça dans son mémorable discours inaugural: « L’Eglise catholique estime qu’il est de son devoir de s’employer activement à ce que se réalise le grand mystère de cette unité que le Christ Jésus, par de très vives prières, a demandé au Père céleste dans l’imminence de son sacrifice; celle-ci [l’Eglise] jouit d’une paix très douce, sachant qu’elle est intiment liée au Christ dans ces prières » (AAS 54 [1962], 793).


Oui, chers frères et sœurs en Jésus-Christ, sentons-nous tous intiment unis à la prière de notre Sauveur durant la dernière Cène, à son invocation: ut unum sint. Demandons au Père miséricordieux de vivre pleinement cette foi que nous avons reçue en don le jour de notre baptême, et de pouvoir en donner  le libre, joyeux et courageux témoignage. Ce service est le meilleur que nous puissions rendre à la cause de l’unité entre les chrétiens, un service d’espérance pour un monde encore marqué par des divisions, des oppositions et des rivalités. Plus nous serons fidèles à sa volonté, en pensée, en parole et par action, plus nous marcherons réellement vers cette unité.


Pour ma part, je souhaite garantir, dans les pas de mes prédécesseurs, la ferme volonté de poursuivre ce chemin de dialogue œcuménique et je remercie dès à présent le Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, de l’aide qu’il continuera à offrir, en mon nom, pour cette très noble cause. Je vous demande très chers frères et sœurs, de porter mes plus cordiales salutations et l’assurance de mes meilleurs souvenirs, dans le Seigneur Jésus, aux Eglises et aux Communautés chrétiennes qui sont représentées ici aussi, et  je vous demande la charité d’une prière spéciale pour ma personne, afin que je puisse être un pasteur selon le cœur du Christ.


Et maintenant je m’adresse à vous honorables représentants du peuple juif, auxquels nous unissent des liens spirituels très spéciaux,  puisque, comme l’affirme le Concile Vatican II, « L’Église du Christ… reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes » (Décr. Nostra aetate, 4). Je vous remercie de votre présence et j’espère qu’avec l’aide du Très-Haut, nous saurons poursuivre fructueusement ce dialogue fraternel que le Concile souhaitait (cf. ibid.) et qui s’est effectivement réalisé produisant des fruits non négligeables, spécialement au cours des dernières décennies.


Et je vous salue et je vous remercie tous, chers amis, des autres traditions religieuses ; tout d’abord les Musulmans, qui adorent l’unique Dieu, vivant et miséricordieux, et invoquent son nom  dans leurs prières, et vous tous. J’apprécie infiniment votre présence ; en elle je vois le signe tangible d’une volonté de grandir dans l’estime réciproque et de coopérer pour le bien commun de l’humanité.


L’Eglise catholique a conscience de l’importance que représente la promotion de l’amitié et du respect entre les hommes et les femmes de différentes traditions religieuses ; le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, par son précieux travail, en est la démonstration. L’Eglise a aussi conscience de la responsabilité que nous avons tous envers notre monde, envers toute la création, que nous devons aimer. Nous pouvons faire beaucoup pour le bien du plus pauvre et du plus souffrant, pour favoriser la justice, pour promouvoir la réconciliation, pour bâtir la paix. Mais, surtout, nous devons entretenir dans le monde la soif de l’absolu, en ne permettant pas que prenne le dessus une vision de la personne humaine à une seule dimension, qui réduirait l’homme à ce qu’il produit et à ce qu’il consomme : Ceci est un piège, il est le plus dangereux des pièges pour notre temps.

Nous savons toute la violence qu’a produite dans l’histoire la tentative d’éliminer Dieu et le divin de l’horizon des hommes, et nous sentons la valeur que présente pour nos sociétés le témoignage de l’ouverture originaire à la transcendance, qui est inscrite dans le cœur de l’homme. En cela, nous nous sentons proches aussi de tous ces hommes et toutes ces femmes qui, même s’ils ne se reconnaissent dans aucune des traditions religieuses, se sentent à la recherche de la vérité, de la bonté et de la beauté de Dieu ; ils sont de précieux alliés dans nos efforts pour protéger la dignité de l’homme, pour construire une cohabitation pacifique entre les peuples et pour entretenir soigneusement la création.

Chers amis, encore merci pour votre présence. Recevez tous mes plus cordiales salutations.

(Traduction Isabelle Cousturié)

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