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Quel rapport y a-t-il entre le Shabbat et le Jour du Seigneur ?

Joël Sprung - published on 29/01/13

Dans l’institution du Shabbat, l’interdit sur le travail est un interdit qui porte sur l’instrumentalisation du corps : il s’agit de ne plus mettre le corps au service de soi, mais au service de Dieu. Le sens que Jésus révèle, par exemple en accomplissant des guérisons miraculeuses, est celui qui consiste à rendre l’homme à sa capacité de relation à Dieu. Ainsi Jésus redonnait aux personnes guéries la capacité de rendre « physiquement » un culte à Dieu, comme pour le paralytique, que l’on retrouve sitôt après sa guérison au Temple, où il ne pouvait plus aller ; mais aussi spirituellement, comme pour la femme courbée qui était liée par Satan depuis 18 ans. Et il donnait surtout à ses contemporains un signe, comme dans la guérison de l’homme à la main sèche, semblable à la guérison de la main de Moïse, signe de délivrance,  ou encore la guérison de l’aveugle de naissance dans laquelle culmine l’enseignement sur le Shabbat, « pour que soient manifestée l’œuvre de Dieu ».

Le Shabbat de l’ancienne alliance est donc achevé d’être révélé par Jésus comme un prototype de sacrement, c’est-à-dire comme la disposition naturelle de l’homme à l’action de grâce. Or « action de grâce » se dit aussi, en grec, eukharistía, l’Eucharistie. Pour bien comprendre en quoi ce Shabbat était un enseignement conduisant à l’Eucharistie, il faut noter que l’interdit sur le « travail » (instrumentalisation du corps) ne pouvait susciter dans son application « légale » qu’un empilement infini de jurisprudences ; un enfermement interminable dans une logique de permis et de défendu. Car pour l’homme de la chute, il est précisément impossible de ne pas instrumentaliser son corps : il fallait déterminer combien de pas l’homme à le droit de faire, ce qu’il a le droit de porter ou de ne pas porter, etc… Or par l’instauration des sacrements, Jésus rend le corps à sa disposition naturelle, qui est d’être consacré à Dieu, en le fécondant charnellement.

Dieu délivre l’Homme du péché originel par le baptême, le délie du mal par la pénitence, et surtout fait de lui sa Parole dans l’Eucharistie. Ayant assimilé le corps du Verbe divin, le corps de l’Homme est alors restauré comme Parole, et se trouve enfin disposé à la véritable action de grâce. C’est ce à quoi le Shabbat préparait. Cette « mystique » du Shabbat est totalement accomplie par Jésus dans l’institution de l’Eucharistie, et définitivement réalisé dans sa mort et sa résurrection.

Le Shabbat est également le mémorial de la libération d’Israël, comme préfiguration de la libération du péché originel. Par le baptême, nous sommes libérés de la servitude du péché et entrant dans l’Eglise, sacrement du Christ, nous sommes associés au maître du Shabbat : nous pouvons alors rendre le véritable culte à Dieu, dans l’Eucharistie – action de grâce.

Originellement l’Homme est créé à la ressemblance de Dieu. C’est là sa vocation, que de vivre de la vie même de Dieu. Mais avec la chute, l’homme est coupé de cette vie. S’il reste ontologiquement capable de ressemblance à Dieu, cette ressemblance lui est rendue inaccessible par son asservissement au péché. Aussi le Shabbat, comme participation au repos divin, devient dans la chute un jour de délivrance. Voilà pourquoi le commandement du Shabbat est également associé à la libération du peuple hébreu, à sa sortie d’Egypte. « Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Egypte et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu. Voilà pourquoi le Seigneur ton Dieu te commande de pratiquer le jour du Sabbat »  (Dt 5, 15).

Pour pouvoir rendre un vrai culte à Dieu, l’Homme doit être libéré du péché. C’est ce que figurent la sortie d’Egypte, la traversée du désert et l’entrée en terre promise. Israël est formé comme peuple de Dieu, prototype du « corps du Christ » et reçoit, à cette occasion, sa Loi dans cette libération de la servitude. Pour autant l’Homme n’est pas délivré universellement du péché : l’Exode n’est finalement qu’une préfiguration de ce qui doit pleinement se réaliser dans le Christ.

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