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La Syrie au cœur du message pascal avant la bénédiction Urbi et Orbi du Pape François

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Le Saint-Père a imploré Dieu pour la paix dans le monde et dénoncé "la dernière attaque ignoble" qui a fait plus de 110 morts à Rachidine près d'Alep en Syrie.

Dans son traditionnel message de Pâques, le pape François a imploré Dieu pour qu’il ramène la paix au Moyen-Orient, particulièrement en Syrie, pays « victime d’une guerre qui ne cesse pas de semer horreur et mort », mais également en Ukraine « encore affligée par un conflit sanglant », ainsi qu’au Sud Soudan, en Somalie, en République Démocratique du Congo ou autres pays d’Afrique, où les populations souffrent de « conflits qui se perpétuent » ou de « graves famines ». Que la résurrection du Christ soit motif « d’espérance » pour eux et pour « tous ceux qui traversent des moments de crise et de difficultés », a-t-il prié avant de donner aux fidèles du monde entier la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi (à la ville et au monde) du balcon central de la basilique Saint-Pierre, sous les yeux de 60 000 fidèles.

« Arrête-toi, Jésus est ressuscité ! »

Ce dimanche matin tout le quartier autour de Saint-Pierre était sous haute sécurité, pliant les fidèles à un contrôle très sévère avant d’accéder à leurs places pour assister à la messe du Pape. Une messe teintée de joie pour la Résurrection du Seigneur et de douleur face à « tant de tragédies » dans le monde. Si le Seigneur est ressuscité, « comment ces choses peuvent-elles arriver… Où est le Seigneur ? », s’est interrogé le successeur de Pierre. Et de souligner le contraste entre la bonne nouvelle de cette Résurrection et tous « les malheurs, les maladies, les trafics de personnes, les guerres, les destructions, les mutilations, les vengeances, la haine… » qui jalonnent la Terre.

Tentant d’y répondre, François a rapporté, au cours d’une homélie partiellement improvisée, la teneur d’une brève conversation téléphonique qu’il avait eue la veille avec un  jeune homme gravement malade :

– « Il n’y a pas d’explication à ce qui t’arrive. Dieu l’a fait avec son propre Fils ».
– Oui, mais Dieu l’a demandé à son fils et son Fils a dit “oui”. À moi, personne ne m’a rien demandé.
– Cela nous bouleverse, on ne demande jamais à quiconque : « Es-tu content de ce qui se passe dans le monde ? Es-tu es prêt à porter cette croix ? » Aujourd’hui, l’Église continue de dire : « Arrête-toi, Jésus est ressuscité ! » Ce n’est pas de l’imagination. La Résurrection du Christ n’est pas une fête fleurie. Pensez au mystère de la pierre rejetée qui devient la pierre d’angle de notre existence. Le Christ est ressuscité, voilà ce que cela signifie. Dans cette culture du rejet, où ce qui n’est pas utile est déprécié, cette pierre, Jésus, est rejetée alors qu’elle est source de vie. Avoir foi dans le Christ ressuscité, c’est voir au milieu de tant de calamités, non pas un simple mur mais du sens, un horizon, la vie.

Le Saint-Père a conclu son homélie en invitant les fidèles à une réflexion intérieure sur leurs problèmes quotidiens mais aussi les guerres, les tragédies humaines. Il les a appelés à se lancer un défi personnel : « faire la pari que le Christ est ressuscité ».

Le Pape prie pour les Syriens

Le Pape a également souligné que Pâques n’est pas « la commémoration d’un évènement du passé », mais une fête pour rappeler que le Christ ressuscité « prend sur ses épaules beaucoup de nos frères et sœurs opprimés par le mal », qu’il « prend en charge tous ceux qui sont victimes de vieux ou nouveaux esclavages — travaux inhumains, trafics illicites, exploitation et discrimination, graves dépendances — les enfants et les adolescents privés de leur insouciance pour être exploités ».

Le Saint-Père a appelé les fidèles à prier pour la Syrie, « victime d’une guerre qui ne cesse de semer horreur et mort ». François a dénoncé « la dernière attaque ignoble » survenue la veille à Rachidine, près d’Alep. Une attaque « contre des réfugiés en fuite », causant plus de 110 morts, dont 68 enfants, et des centaines de blessés. L’une des attaques les plus meurtrières en six ans de guerre.

Vendredi à l’occasion du chemin de croix, le Pape avait déjà confessé sa « honte » pour « le sang innocent, versé quotidiennement, de femmes, d’enfants, de migrants ». « Honte pour toutes les images de dévastation, de destruction et de naufrage qui sont devenues ordinaires dans notre vie ».

Bénédiction Urbi et Orbi

En ce jour de Pâques, il a prié pour que le Seigneur « soutienne les efforts » de tous ceux qui aident les populations civiles. Qu’Il « donne aux responsables des nations le courage d’éviter l’expansion des conflits et d’arrêter le trafic d’armes ». Que les conflits cessent en Terre sainte, au Sud Soudan, au Yémen, en Irak ou en République Démocratique du Congo, mais également en Ukraine. Le Pape n’a pas oublié son continent d’origine, l’Amérique Latine, implorant le Christ ressuscité, « Bon Pasteur », pour qu’Il « donne espérance à tous ceux qui traversent des moments de crise et de difficultés, spécialement en raison du grave manque de travail surtout chez les jeunes ». Que « d’une seule voix » dans toutes les parties de la Terre « résonne l’annonce la plus belle : “Le Seigneur est vraiment ressuscité, comme il l’avait promis !”. Il a vaincu les ténèbres du péché et de la mort, qu’il donne la paix à notre temps ».

Après ce message, le Pape a prononcé la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi (à la ville de Rome et au monde), avec à ses côtés la croix de Benoît XVI, indique l’agence I.Media, en hommage à son prédécesseur qui fête ce 16 avril son 90e anniversaire.

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