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Pape François : « Rechercher de justes modalités de partage »

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50 ans après l'encyclique Populorum Progressio, le pape François revient sur les enjeux d’un développement de l’homme vraiment "intégral".

Il y a cinquante ans, dans son encyclique Populorum Progressio sur le développement des peuples, le pape Paul VI appelait à « une action concertée pour le développement intégral de l’homme et le développement solidaire de l’humanité ». Une conception large du développement et de la solidarité que le pape François, aujourd’hui, souhaite promouvoir sous toutes ses facettes, s’impliquant personnellement en associant toute l’Église au niveau mondial à sa démarche. Cet appel est au cœur de son pontificat, et est relayé depuis le 1er janvier 2017 par un super dicastère auquel il a souhaité « patience » et « constance », devant les quelques 300 participants du congrès international organisé par la nouvelle structure à l’occasion de ses 50 ans.

Thème du congrès, présidé par le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour le service du développement humain intégral : « Perspectives pour le développement humain intégral », dans la dynamique de l’encyclique sociale de Paul VI.

Le développement intégral, un enjeu crucial

Dans les pas de Paul VI, quel sens donner « aujourd’hui, et dans un avenir proche » à ce développement intégral de l’homme auquel le Pape ne cesse d’inviter le monde ? Un développement axé sur « la relation, et non l’individualisme », sur « l’inclusion et non l’exclusion », sur « la dignité unique et inviolable et non l’exploitation », sur « la liberté et non la contrainte », a développé le pape François dans son discours aux congressistes, dans la salle du synode, au Vatican. Le tout renvoie à un concept capital — « l’intégration » — qui rime avec « devoir de solidarité et de justice » dont le nouveau dicastère est l’expression.

« Peut-être est-ce dans le verbe intégrer – que j’aime beaucoup – que nous pouvons distinguer une orientation fondamentale pour le nouveau dicastère », a déclaré le Pape. Il indique quatre voies à suivre :

« Intégrer les divers peuples de la terre » qui oblige à « rechercher de justes modalités de partage », afin que disparaisse « ce terrible fossé qui sépare ceux qui ont trop de ceux qui n’ont rien, ceux qui rejettent de ceux qui sont rejetés », et que l’humanité puisse aspirer, comme il se doit, à « un avenir de paix et d’espérance » pour tous. Comment ? En offrant des « modèles concrets d’intégration sociale », sachant que « tout le monde peut apporter sa contribution à l’ensemble de la société », que « tout le monde a une particularité qui peut servir à l’ensemble ».

« Intégrer tous les éléments indispensables au développement » : l’économie, la finance, le travail, la culture, la vie familiale, la religion. Chacun de ces « systèmes » constitue à sa manière « un maillon incontournable de cette croissance », a souligné le Pape, « aucun d’eux ne aurait être absolutisé ni exclu de cette vision “intégrale” du développement humain ». De comparer alors la vie humaine à un orchestre qui ne joue bien que « si les différents instruments sont accordés et suivent une partition commune ».

« Intégrer les deux dimension individuelle et communautaire » qui demande d’aller à contre-courant par rapport à la culture dominante, au moins dans le monde occidental. Culture, a déploré le Pape en passant, qui « exalte l’individu au point d’en faire une sorte d’île, comme si l’on pouvait être heureux tout seul », et où ne manquent pas « les visions idéologiques et les pouvoirs politiques qui ont écrasé la personne, l’ont massifiée et privée de cette liberté dont elle a pourtant besoin pour se sentir “homme” ». Sans compter les pouvoirs économiques, a-t-il poursuivi, qui « veulent exploiter la mondialisation, au lieu de favoriser un meilleur partage entre les hommes », dans le but d’ « imposer un marché mondial dont ils sont les seuls à dicter les règles et à en tirer profit ». Le « moi » et « la communauté » ne sauraient être « en compétition entre eux », a insisté le Pape. Le « moi » de chacun doit pouvoir se nourrir de « relations interpersonnelles authentiques », car, a-t-il rappelé, la communauté « n’est productive que lorsque ses membres le sont tous ensemble et individuellement ». Et cela vaut encore plus pour la famille qui « est la première cellule de la société et là où l’on apprend à vivre ensemble ».

« Intégrer le corps et l’âme » qui veut dire « qu’aucun travail de développement ne peut vraiment atteindre son but s’il ne respecte pas l’endroit où Dieu est présent en nous et parle à notre cœur ». La manifestation de Dieu dans le Christ – y compris ses gestes de guérison, de libération, de réconciliation que nous sommes appelés aujourd’hui à reproposer aux nombreux blessés sur le bord de la route – indique la route et les moyens que l’Église entend offrir au monde pour l’aider dans son développement, a rappelé le Pape, un développement pleinement humain, « intégral » qui ne fasse du tort « ni à Dieu ni à l’homme », en portant « toute la consistance de l’un et de l’autre ».

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