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Le père John B. DeValles, « l’ange américain des tranchées »

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Voici cent ans, jour pour jour, les États-Unis s’engageaient à leur tour sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Pour accompagner les « boys », de nombreux aumôniers furent dépêchés dans les tranchées, dont certains devinrent des héros. À l’instar du père John B. DeValles.

« La Fayette, nous voilà ! ». C’est sous ce mot d’ordre que les États-Unis d’Amérique décident d’entrer en guerre au côté de la France le 6 avril 1917. Pour ce centenaire, les commémorations se multiplient des deux côtés de l’Atlantique pour honorer la mémoire des soldats américains, dont 116 708 sont tombés sur le sol français pendant les douze mois effectifs de leur engagement, de novembre 1917 à l’armistice.

Le père John B. DeValles – né en 1879 aux Açores sous le nom de Joao Baptista DeValles — fait partie de ces hommes qui se sont engagés pour soutenir la France. Son statut est un peu particulier puisqu’il est aumônier militaire catholique. Lors de l’entrée en guerre des États-Unis, l’US Army n’en compte alors que huit. Un sous-effectif qui alarme l’organisation catholique des Knights of Columbus (Chevaliers de Colomb) qui obtient du général Pershing l’autorisation de dépêcher des aumôniers en France. C’est précisément par ce biais que le père DeValles rejoint le Corps expéditionnaire avec quatre confrères.

Dans le secteur de Verdun

Affecté à une unité de la Garde nationale, il arrive sur le sol français en septembre 1917 et s’entraîne comme tous les hommes aux spécificités de la guerre de tranchée, de l’attaque à la baïonnette ou aux réflexes à développer en cas d’attaque au gaz. C’est finalement au printemps 1918 que son unité rejoint le front dans les rangs du 104e régiment de la 26e division affecté au secteur du Bois-Brûlé, près d’Apremont, dans le secteur de Verdun.

Très vite, le père DeValles adopte un comportement admirable qui lui vaut rapidement le surnom d’ « ange des tranchées », en particulier lors des combats féroces du début du mois d’avril 1918. L’aumônier est connu pour effectuer en permanence des incursions sur le no man’s land qui sépare les lignes américaines des lignes allemandes, pour aller y rechercher sou le feu les blessés, quelle que soit leur nationalité. C’est aussi l’occasion de prodiguer les derniers secours spirituels aux mourants abandonnés sur le terrain entre deux attaques. À l’issue des combats du Bois-Brûlé, le père DeValles reçoit la Croix de Guerre assortie d’une citation élogieuse, évoquant son « héroïsme extraordinaire et son sens du devoir exceptionnel sous un feu ininterrompu ». Il sera également décoré de la Légion d’honneur.

Grièvement blessé

L’aumônier participera ensuite avec son régiment aux grandes offensives mené sur la Marne et sur l’Aisne, puis en Argonne et dans la Meuse. Faisant toujours preuve d’un dévouement remarquable, il se distingue aussi par la constante attention qu’il porte à ses hommes et à sa disponibilité de chaque instant. On le retrouve un jour inconscient, asphyxié au gaz moutarde, au côté d’un cadavre d’un homme qu’il avait voulu secourir. Le père DeValles refuse le rapatriement aux États-Unis et insiste pour être soigné en France, près de ses hommes. C’est alors que survient l’armistice du 11 novembre.

Affaibli, « l’ange des tranchées » finit par repartir de l’autre côté de l’Atlantique avec son unité. Mais les séquelles de ses blessures sont lourdes et les pathologies se multiplient. Une tumeur maligne apparaît qu’il faut opérer en janvier 1920. Mais les efforts des médecins se révèlent vains. Le 12 mai 1920, le père DeValles remet son âme à Dieu. Trente minutes avant qu’il ne meure, le général Edwards, qui commandait sa division, était à son chevet pour lui remettre la Distingued Service Cross, la deuxième plus haute décoration militaire américaine, qui récompense des actes d’héroïsme exceptionnels. Les effets militaires, l’uniforme et… le violon du père DeValles sont actuellement exposés au musée des Chevaliers de Colomb de New Haven (Connecticut).

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