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Entretien avec Pascale Bélenfant-Chauveau, peintre sur cierges

Cierge © TR
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À l'occasion des journées européennes des métiers d'art qui ont lieu du 31 mars au 2 avril, Aleteia vous propose de rencontrer un artisan français qui travaille au service du Beau.

Aleteia : Pouvez-vous nous brosser rapidement votre parcours ?
Pascale Bélenfant-Chauveau : Diplômée de l’école Brassart (art graphique) à Tours en 1979, j’ai occupé très rapidement un poste de graphiste en publicité pendant un an puis travaillé en free-lance. J’ai ensuite découvert l’univers de la presse quotidienne régionale en intégrant un studio de régie publicitaire aujourd’hui disparu. Ce monde fascinant m’a fait côtoyer de multiples métiers. Ayant quitté ce milieu professionnel, j’ai bien plus tard décidé d’explorer un nouvel univers, portée par ma foi et la rencontre avec une communauté religieuse de prêtres soucieux de la liturgie et désireux d’élever les fidèles vers le beau et le sacré.

C’est la Providence qui au printemps 1998 vous a poussée à vous lancer dans la peinture sur cierges ?
Oui, au cours d’une période de maladie invalidante de cinq années, j’ai rencontré un prêtre qui, connaissant ma formation de graphiste, m’a proposé de peindre le cierge de la paroisse, ce que je n’avais jamais fait auparavant. Bien entendu, j’ai relevé ce défi avec joie et me suis donc lancée dans la recherche de modèles et surtout d’une technique appropriée au support.

Comme tout artisanat d’art liturgique, l’ouvrage sur lequel vous travaillez prend une dimension particulière, il est directement au service de Dieu. Comment intégrez-vous cette dimension ?
Cela est effectivement pour moi une dimension très importante et je dirais même essentielle. Je prie toujours avant de me mettre au travail et je suis imprégnée de l’idée que je suis au service de l’Église, de son ministre et des fidèles qui participeront à la liturgie de la Vigile Pascale.

Il y a un grand renouveau du soin apporté à la liturgie, cela se remarque dans la beauté des ornements et de l’orfèvrerie religieuse, le ressentez-vous ?
Je le ressens depuis quelques années seulement avec une nouvelle génération de prêtres désireux de mettre le « beau » au service de la liturgie. Par goût et culture personnelle, je suis portée vers la tradition de l’Église catholique en matière d’art et de liturgie et mon attirance pour la période médiévale me fait explorer cette période pour mes créations. Je pense néanmoins qu’une pédagogie auprès des fidèles dans les paroisses est nécessaire. Car si le « beau » est subjectif, le sacré peut être enseigné et le sacré élève l’âme vers Dieu.

Vous répondez désormais à la demande des familles, pour quelles occasions ?
Pour tous les événements religieux tels que baptêmes, communions, mariages, ordinations et aussi décès. Je réponds aussi facilement aux familles pour des demandes particulières recherchant avant tout à leur faire plaisir.

Que vous apportent spirituellement les longues heures passées à l’atelier, devant les cierges que vous embellissez ?
Je participe à ma manière aux événements familiaux en priant pour mes clients et cela nourrit ma foi au quotidien. Et puis, ces événements étant célébrés en église, cela nourrit aussi mon amour de l’E&glise de Jésus Christ.

Pour retrouver les créations de Pascale : c’est par ici.

Propos recueillis par Thomas Renaud.


Pour en savoir plus sur les Journées européennes des métiers d’art, rendez-vous sur le site officiel


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