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Le Pape en Égypte, ce n’est plus une rumeur !

© OSSERVATORE ROMANO / AFP
Le Pape François et le grand Imam d'Al-Azhar, Ahmed Al-Tayeb AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO / Handout
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Le Vatican confirme que François se rendra au Caire les 28 et 29 avril prochains.

Avant Fatima, avant la Colombie, avant l’Inde et le Bangladesh, le Pape se rendra en Égypte, tout premier de la série de voyages internationaux programmés pour cette année 2017. La nouvelle a été confirmée samedi dernier, 18 mars, par le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, Greg Burke. Départ pour le Caire le 28 avril pour une visite de deux jours « à l’invitation du président de la République, Abdel Fattah al-Sissi, des évêques catholiques, du pape copte orthodoxe Tawadros II et du grand imam de l’université al-Azhar, Ahmed Mohamed al-Tayeb », a précisé le Vatican. Des détails sur le programme de la visite sont attendus dans les prochains jours.

Cette visite en Égypte sera le 17e voyage apostolique du pape argentin, son quatrième dans un pays à majorité musulmane après la Jordanie et la Turquie (2014) et l’Azerbaïdjan (2016). Mais elle représente surtout un signal majeur. D’une part en faveur de l’ancienne Église copte, victime d’une menace terroriste sans précédente, et d’autre part au profit du dialogue avec l’islam sunnite dont l’université d’Al-Azhar – avec laquelle le Saint-Siège a renoué en février 2016, après cinq années de gel – est l’un des plus prestigieux représentants.

Depuis l’attaque du 11 décembre

Des rumeurs sur ce voyage circulent depuis plusieurs jours, plus ou moins annoncé par le Pape lui-même dans son entretien à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, paru le 8 mars dernier. Il y a une dizaine de jours, le Vatican avait démenti des révélations faisant état d’une « visite possible » fin mai, soit peu avant le début du Ramadan et peu après la visite du Pape au Portugal, soulignant que les termes d’un tel voyage « étaient encore à l’étude ». Ce démenti a été perçu comme un « geste de prudence » à l’égard des chrétiens de la région, cible d’une forte vague de violence djihadiste, depuis l’attaque du 11 décembre commise en pleine célébration à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul située dans le quartier d’Abbasiya au Caire.

Après la série de meurtres perpétrés dans le nord-Sinaï contre les chrétiens, et l’action des forces armées lancée dans la région contre les groupes terroristes, il semble en effet exclu, pour le moment, que le souverain pontife puisse se rendre dans ces zones. La visite se limitera donc au Caire, a précisé le porte-parole du Saint-Siège. Elle sera de nature « pastorale », « œcuménique » et « naturellement interreligieuse » en prévision de la visite du Pape à Al-Azhar.

Les 22 et 23 février derniers, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, était au Caire pour participer à un symposium sur le thème : « Le rôle d’Al-Azhar al-Sharif et du Vatican pour contenir le fanatisme, l’extrémisme et la violence au nom de la religion ». Ce symposium était un premier pas dans le rétablissement des relations entre le Saint-Siège et Al-Azhar, après la rencontre historique entre le pape François et le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar au Caire (Égypte), Ahmed Al-Tayeb, le 23 mai 2016.

Son « frère » Tawadros II

En revanche, les liens avec l’Église copte-orthodoxe d’Alexandrie, l’Église chrétienne la plus grande du Moyen-Orient, n’ont jamais été interrompus. Son plus haut représentant, le « pape » Tawadros II, figure depuis toujours dans la liste de ceux que le Souverain Pontife appelle « mon frère ». François n’avait d’ailleurs pas hésité à appeler le patriarche après l’attentat de décembre, pour présenter « ses condoléances les plus sincères à l’Église copte et à tous les chrétiens en Égypte ». Très touché, Tawadros confiera plus tard aux médias italiens : »Le pape François est un homme animé d’un esprit divin. Je l’ai rencontré le 10 mai 2013, au Vatican, et j’ai tout de suite senti en lui comme un frère qui nous soutient par la prière, par son expérience spirituelle et ses enseignements écrits dont nos vies peuvent tirer un grand bénéfice ».

Article traduit et adapté de l’italien par Isabelle Cousturié

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