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Harry Connick Jr. : du showbiz, des Jésuites et… une conversion

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La star américaine nourrit une foi solide qui irrigue sa vie artistique.

Harry Connick Jr. est une star aux États-Unis : il est à la fois chanteur, leader de son groupe de musique, acteur et présentateur d’une émission de télévision quotidienne. Ancien juré « d’ American Idol », il a vendu plus de 28 millions d’albums dans  le monde et fait partie des 60 artistes masculins américains ayant vendu le plus de disques, avec 7 albums placés  dans le  Top 20 des charts et 10 albums en tête du classement des meilleurs disques de jazz américains. Au cinéma, il a joué dans Memphis Bell, Independance Day, Copycat, Ainsi va la vie, New in town, P.S I love you et L’incroyable histoire de Winter le dauphin.

Converti au catholicisme à l’âge de 14 ans, Harry Connick Jr. a été élève au lycée jésuite de la Nouvelle-Orléans. Le 3 mars, le père Sean Salai l’avait interviewé pour évoquer sa vie aux confins de la foi catholique et du show business dans les colonnes du magazine America. Voici l’adaptation en français  de cette conversation.

Sean Salai : En septembre dernier vous avez lancé votre show « Harry. » Parlez-nous de votre nouveau rôle en tant que présentateur télé. Quels moments marquants avez-vous vécus jusqu’à présent ?
Harry Connick Jr. : En fait, l’expérience dans son ensemble est un événement marquant. Bien sûr, il y a eu des moments particuliers qui ressortent plus que d’autres, comme par exemple quand ma famille m’a fait une visite surprise sur le plateau, ou bien quand des gens que j’avais connus par le passé mais que je n’avais pas revus depuis longtemps, m’ont surpris également. C’est une expérience incroyable. J’adore me rendre au studio chaque matin et recevoir sur le plateau des personnes fantastiques, tout cela avec le public. C’est exactement ce que j’avais envie de faire et je vis une période absolument géniale !

Qu’est-ce qui rend votre show différent des autres ?
Pour moi, il comporte beaucoup d’éléments uniques. Aucune autre émission qui passe en journée ne propose de musique en live, en tous cas pas à ce niveau-là. Le groupe qui joue quotidiennement est excellent. Il y a de la musique tout au long de l’émission, et ça, c’est une grosse différence. C’est aussi le seul show où le présentateur et la personne qui compose la musique sont une seule et même personne. Ça aussi, ça change.

C’est également un show très spontané. Beaucoup d’émissions suivent un script. La mienne a tendance à être plus spontanée – on est plutôt du genre à vivre les choses telles qu’elles se passent sur le moment plutôt que de tout planifier. Il se trouve que c’est mon style. Je ne critique pas les autres, parce qu’il y a beaucoup de méthodes différentes qui fonctionnent, mais ce sont pour moi les éléments qui nous différencient.

Vous êtes catholique pratiquant, originaire d’une famille de la Nouvelle-Orléans. Qu’est-ce qui vous donne le plus le sentiment d’appartenir à l’Église catholique ?
Déjà, je dirais que c’est quelque chose de très familier pour de moi. La foi a toujours été présente dans ma vie. Quand je vais à la messe, ou que je pense tout simplement à ma relation avec l’Église catholique, c’est un environnement dans lequel je me sens à l’aise parce que je le connais bien. Je vais à l’église avec mon père et ma sœur depuis que je suis enfant. Je pense que c’est la principale raison expliquant pourquoi je m’y sens bien : l’Église m’est familière. Et puis il y a son message, qui reste un très beau message d’amour et d’accueil du prochain, avec lequel je suis tout à fait en accord.

Qui sont vos modèles dans la foi, vivants ou décédés ?
J’aimais beaucoup l’archevêque Hannan, de la Nouvelle-Orléans ; c’était vraiment un type super. Certains prêtres au lycée jésuite m’ont marqué, comme Fr. Norman O’Neal, Fr. Nick Schiro, Fr. Eddie Gros. Je suis un grand fan du pape Jean Paul II, du pape Benoît XVI, du pape François – voilà en gros pour citer quelques noms.

De quelle manière votre foi a-t-elle changé ou évolué au fil du temps ?
J’ai débuté dans la foi de manière assez atypique car à l’origine je n’étais pas baptisé. Je n’ai pas été baptisé bébé. J’ai décidé de devenir catholique à l’âge de 14 ans. Ma mère était d’origine juive et elle ne voulait pas que nous soyons baptisés trop tôt. Elle voulait plutôt que nous décidions par nous-mêmes. Du coup, ma sœur et moi avons décidé de devenir catholiques un peu plus tard dans nos vies.

Il y a des avantages et des inconvénients à cela, et je dirais que les désavantages l’emportent. Mais l’avantage est qu’on remet en question beaucoup de choses que l’on considère comme allant de soi si on est baptisé, confirmé, si on va au catéchisme étant petit. En fin de compte, si les réponses que l’on obtient sont l’aboutissement d’un processus personnel, plutôt que le résultat de ce que l’on a toujours connu et intégré comme informations, parfois les réponses peuvent être plus profondes car on les a découvertes par soi-même. Ma foi évolue en permanence, elle change tout le temps, et c’est simplement quelque chose qu’il faut que je travaille.

Comment priez-vous ?
De différentes manières. Vous savez, même si je n’ai rien contre l’évocation de différents aspects de ma foi, il y a certaines choses que je préfère conserver pour moi tant elles sont personnelles. Disons juste que je prie souvent et avec beaucoup de ferveur.

En quoi votre foi influence-t-elle votre manière d’être un mari et un père ?
Pour moi, tout est lié. Mes valeurs personnelles déterminent grandement mes prises de décision dans tous les domaines de ma vie, et ma foi et mes valeurs sont intimement liées. Donc ce n’est pas comme si je prenais des décisions « parce que je suis catholique ». Je prends des décisions et accomplis des choses qui s’avèrent être en accord avec la foi catholique. Beaucoup de choses coïncident.

Comme plusieurs membres de votre famille, vous avez mentionné précédemment avoir été élève au lycée jésuite de la Nouvelle-Orléans, dont vous être sorti diplômé en 2005. Quel est votre meilleur souvenir de votre scolarité là-bas ?
Je dirais les relations personnelles que j’y ai nouées. Les prêtres que j’ai mentionnés, entre autres, m’ont influencé et m’ont considéré comme un individu à part entière. Ils avaient compris que j’étais sur une voie un peu différente de celle des autres élèves et que je ne venais pas exactement du même monde. Mais ils m’ont fait comprendre que j’avais de l’importance et que j’étais le bienvenu dans cette école. Donc oui, je dirais, les relations que j’y ai construites.

Et quel est votre moins bon souvenir ? 
Tout le côté scolaire ! Je n’étais pas vraiment bon élève. Vous savez, j’étais intéressé par d’autres choses, et j’avais du mal à suivre – probablement parce que je n’étais pas concentré, que je manquais d’intérêt pour les cours ou bien que je n’étais pas assez doué, peut-être une combinaison des trois.

Certaines personnes trouvent qu’il est difficile de pratiquer sa foi catholique tout en travaillant dans le show business. Qu’est-ce qui vous permet de rester fidèle à votre foi et de ne pas vous éparpiller ?
Vous savez, cela fait tellement longtemps que je suis dans le show business que tout ceci n’est pas nouveau pour moi. Cela fait un moment que je suis dans le milieu – j’ai vécu un certain nombre de situations et vu beaucoup de choses – et j’ai eu le temps de savoir ce qui me rendait heureux, ce avec quoi je suis à l’aise. Et je trouve qu’il est très facile d’évoluer dans le monde du show business sans mettre de côté ses valeurs.

Pour moi ces valeurs sont la famille, la foi et la communauté, et j’ai croisé un certain nombre de personnes dans ce milieu qui partagent les mêmes valeurs. Donc ce n’est pas nouveau. Parfois quand les gens dérapent, cela peut être dû à un manque d’expérience, car à mon avis, plus on a eu le temps de savoir qui on est, plus il devient aisé de préserver ces choses qui nous tiennent à cœur.

Le lien le plus profond entre votre foi et votre carrière dans le show business, quel est-il ?
Je ne vois pas vraiment les choses comme ça. C’est étrange, mais je n’ai pas vraiment classé ma foi et mon métier dans des compartiments différents de ma vie, parce que pour moi tout est lié, d’une certaine manière. En fait, tout coexiste : je ne philosophe pas trop dessus, en gros, je « suis », et les choses qui sont importantes pour moi sont importantes pour moi. Elles ne rentrent pas forcément dans des cases.

Quel est votre passage préféré de l’Écriture et pourquoi ?
Probablement le psaume 23, « le Seigneur est mon berger » parce que c’était le préféré de ma mère. Bien qu’elle ne soit pas chrétienne, elle en savait plus sur la foi chrétienne que de nombreux chrétiens de ma connaissance et elle se référait souvent à la Bible. Elle trouvait beaucoup de réconfort dans ce verset et j’aimais tellement ma mère qu’il a beaucoup d’importance pour moi.

Qu’espérez-vous que les gens retirent de votre vie et de votre travail ?
Si je peux apporter aux gens un peu de joie et peut-être quelques moyens de se distraire des difficultés quotidiennes que nous vivons tous, c’est à peu près tout ce que je demande. Quand je fais l’émission, je souhaite juste apporter aux gens un peu de répit dans leur quotidien, et leur donner la chance de connaître des moments de joie. Que cela soit pour eux régulier ou non, j’aime cette idée qu’on se dise ensemble : « Allez, vivons tous un bon moment. » En réalité, je veux juste rendre les gens heureux.

Article publié à l’origine sur le site du magazine America et reproduit ici avec leur aimable autorisation.

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