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« Ciao François, je veux juste te dire que j’ai péché, j’ai volé la sérénité de ma mère et j’ai tué la confiance de mon père »

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Le 25 mars prochain, le Saint-Père déjeunera à la prison San Vittore de Milan. 10 détenus lui ont écrit.

Le 25 mars prochain, à l’occasion de sa visite à Milan, un pape franchira pour la première fois les grilles du centre de détention de San Vittore. Le Saint-Père passera deux heures à l’intérieur et déjeunera avec une centaine de détenus. Beaucoup sont à pied d’œuvre pour lui confectionner des petits cadeaux de bienvenue, fait savoir la directrice Gloria Manzelli, tandis que d’autres ont souhaité lui écrire. « Le Pape vient pour eux, mais également pour ceux qui travaillent avec acharnement et dévouement à l’intérieur de la prison (…) Nous laisserons les rencontres se dérouler toutes seules, sans le filtre de l’organisation, afin qu’elles se fassent spontanément », a-t-elle ajouté.

Dix détenus ont écrit au Pape. Ils disent l’attendre comme « un frère » :

1) Natalino sur sa nouvelle famille

« Je m’appelle Natalino, originaire de la Calabre et, en trente longues années de détention, j’ai perdu ma famille. Depuis décembre je porte dans ma poitrine le cœur d’un donneur, j’espère qu’il repose en paix. À mon réveil, après la greffe, j’ai vu deux personnes dans ma chambre. Elles pleuraient. C’était les parents du donneur. Depuis, ils me sont très proches et je remercie Dieu de m’avoir donné la possibilité d’une nouvelle famille. Cordialement ». Natalino Vallone.

2) Le péché de Massimo

« Ciao François, excuse-moi si je t’appelle comme ça, mais une fois que tu auras franchi les grilles de San Vittore, tu seras pour moi aussi un frère. Moi qui me trouve ici depuis quelques temps et n’avais pas la foi. Je veux juste te dire que j’ai péché, j’ai volé à ma mère sa sérénité et j’ai tué la confiance de mon père. Mais eux ne m’ont pas abandonné. C’est donc à eux que j’offre ma foi retrouvée. J’ai compris que peu importe en quoi l’on croit, l’important est d’avoir la chance de pouvoir croire en quelqu’un. Merci pour chaque pas que tu feras entre ces murs. Merci de représenter l’amour et pas nécessairement qu’une religion. » Massimo Scarpat.

3) « Fais-moi redevenir enfant » demande Alfredo

« Si je pouvais parler au pape François ici, à a San Vittore, je lui demanderais de faire un miracle : de pardonner toutes mes erreurs et toutes les fois que j’ai fait du mal, de me faire redevenir enfant, comme dans mes souvenirs, et de ne plus faire ces mauvaises actions qui m’ont éloigné de ma famille et m’ont conduit là où je suis aujourd’hui. Je voudrais vraiment pouvoir tout recommencer ». Alfredo Giacoppo.

4) Des prières pour Mustapha

« Nos religions sont différentes. Mais toi, cher François, quand tu pries pour les prisonniers tu ne fais pas de distinction entre les sexes, les races, surtout les religions. Et c’est pourquoi je me sens moi aussi accueilli dans tes prières. Et si je pouvais te demander quelque chose, un super cadeau, ça serait de faire une prière au ciel pour nous, frères musulmans détenus dans les prisons italiennes, loin de chez nous et de nos proches. À nous aussi, d’une autre religion, tu inspires confiance avec tes belles paroles qui encouragent la fraternité entre toutes les religions. Je t’en prie, continue de transmettre la foi, car la foi peut aider aussi ceux qui, comme nous, ont commis des erreurs, à trouver la force de lutter et sortir de nos addictions destructrices. Merci François de la part d’un frère musulman. » Mustapha Sekouri.

5) Ivan, sa compagne et ses enfants

« Cher pape François, honnêtement je ne suis pas très croyant. Mais si vous, qui avez une foi pure en Jésus-Christ, vous estimez qu’il faudrait offrir une prière pour ma famille, qui ont des principes catholiques, vous donnerez à ma détention un sens et un peu de paix et sérénité à des âmes pures comme mes enfants et ma compagne. Quant à moi, il ne me reste plus qu’à vous demander pardon pour toutes mes erreurs. Merci. » Ivan Accordi.

6) La joie d’une sourire pour Fatjoni

« Ciao François. Dans tes paroles qui arrivent de Saint-Pierre jusqu’à nous, détenus de San Vittore, nous percevons une forte empathie avec les souffrances humaines. Hélas, nous recevons aussi des images de grande souffrance : immigrés, victimes de tremblements de terre, et une liste infinie de situations d’extrême pauvreté… Mais la joie que transmet ton sourire atténue tout et nous fait oublier, ne serait-ce qu’un instant, nos angoisses et notre tristesse. Merci, en nous rendant visite, de venir nous donner un tant soit peu d’amour éternel à nous détenus, qui sommes suspendus dans les limbes entre le bien et le mal. » Fatjoni.

7) La nièce de Moutabbid

« Très cher Pape, je suis un détenu de San Vittore, dans le secteur-Toxicomanie qu’on appelle “La Nave”. Je suis ici pour payer ma dette avec la justice, mais en même temps pour essayer de me soigner contre ma dépendance. Je vous demande une prière pour me donner la force d’y arriver, pour mon bien-être et celui de ma sœur enceinte de ma première nièce : je voudrais profiter de sa présence en dehors de ces murs, vu le sacrifice qu’elle fait chaque semaine de venir me voir. Même si je suis musulman une partie de moi croit en vous. » Moutabbid Abdelkbir.

8) La chanson d’Angelo

« Mon cher Pape, si simple. La vie est parfois étrange. Qui aurait imaginé que nous nous rencontrerions durant mon parcours en prison. Une expérience que je garderai au fond de moi. Ma famille me le disait toujours : d’une expérience négative peut en jaillir une positive, et celle-ci en est la preuve. Ce que je te demande c’est de nous faire chanter pour toi la chanson, “Hay un amigo en mi”, pour partager avec toi nos émotions et la musique que nous chantons avec notre chorale ici à San Vittore. Comme dit Mère Teresa ce que nous faisons n’est qu’une goutte dans l’océan, mais s’il n’y avait pas cette goutte il n’y aurait pas d’océan. Te saludo mi querido Papa Simple. » Angelo Longo.

9) « Je pense à mes deux enfants » dit Ghanim

« Je suis un papa de religion musulmane, détenu à San Vittore. Je purge ma peine pour un délit lié à la dépendance à la drogue. Je trouve injuste que la justice frappe non seulement celui qui a commis une faute, comme moi, mais également sa famille. À cause de mon erreur, mes deux enfants ne peuvent plus me voir ». Ghanim Larbi.

10) Paloka veut devenir un homme meilleur

« Toi qui intercède pour tous ceux qui souffrent, pour tous les défavorisés, pour tous ceux qui commettent des erreurs : je te demande une prière, cher François. Peu de mots, mais qui, prononcés par toi, ont la force et l’intensité de changer ma situation. Aide-moi à devenir un chrétien et un homme meilleur. » Paloka Melsed.

Article traduit par Isabelle Cousturié.

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