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Un jeune chrétien syrien présentera un court-métrage au festival de Cannes

©Mher Sarkissian
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Découvrez l'incroyable parcours de Mher Sarkissian depuis Alep jusqu'à la Riviera.

Mher Sarkissian est un jeune photographe et producteur syrien de 26 ans, né à Alep et d’origine arménienne. Diplômé de Design Graphique, passionné de photographie et production cinématographique, le jeune Aleppin a commencé sa carrière artistique dès sa première année de licence.
Lors du Festival des Jeunes auteurs de courts-métrages en Syrie en 2014, Mher a reçu le prix du meilleur film pour « Peace » (à retrouver au bas de cet article en intégralité) et le prix de la meilleure réalisation pour son film « Le retour ».
Après avoir frôlé la mort deux fois, Mher Sarkissian a fait ses valises pour aller s’installer au Liban. Il présentera son dernier court-métrage « A message from above » lors du prochain festival de Cannes. Aleteia l’a rencontré.

Aleteia : Comment avez-vous vécu la nouvelle de votre participation au Festival de Cannes dans la catégorie court-métrage ?
Mher Sarkissian : C’est une nouvelle très importante pour moi. J’ai enfin la possibilité de transmettre mes idées dans le cadre d’un festival international, le Festival de Cannes par dessus le marché, ce dont je rêve depuis tout petit.

Parlez-nous de votre film, de son histoire.
Le film a commencé par une idée… qui a failli ne jamais aboutir. À plusieurs reprise, je me suis retrouvé à deux doigts d’abandonner ce film vus les problèmes que nous avons rencontrés. Mais j’ai prié et reçu toute la force nécessaire pour continuer de plus belle.
L’histoire est très simple : une petite fille fait sa rentrée à l’école mais elle y arrive plus tard que ses camarades. Installée dans sa nouvelle classe, la maîtresse lui demande de se présenter. La petite raconte alors sa propre histoire et celle de ses parents, qui se sont rencontrés, sont tombés amoureux et avaient décidé de se marier quand la guerre a éclaté. Ils doivent se séparer. Le père de la petite perd la vie. De retour dans la classe, le spectateur remarque que cette petite fille n’existe pas. La guerre a séparé ses parents et personne ne pourra plus continuer son histoire.

Comment avez-vous imaginé ce récit ?
En partant des événements liés à la guerre en Syrie, de mes amis victimes de cette guerre. Nous vivons une période assez difficile, les gens sont devenus des bombes à retardement. Il se détestent. Chacun croit avoir raison, oublie d’aimer, oublie que l’on peut tout faire avec la paix et la foi. Les gens ont besoin de la paix et de l’amour. À chaque attentat terroriste, partout dans le monde, on compte le nombre de victimes, mais jamais combien de générations seront touchées.
À supposer que dix personnes soient mortes lors d’un attentant, où que ce soit dans le monde et pas que dans mon pays, il y a de très fortes chances pour que, parmi ces victimes, figure un ou une futur(e) marié(e), qui aurait pu engendrer un enfant qui aurait peut-être été essentiel à toute l’humanité. Un enfant qui aurait pu être médecin et nous soigner, ou créer un médicament permettant de lutter contre une maladie, changeant ainsi la vie de tous ! Un enfant qui aurait pu devenir ingénieur et bâtir nos maisons, ou bien un scientifique qui bouleverserait notre vie. Alors quand une personne ne meurt pas de mort naturelle, nous faisons du mal à l’humanité et nous faisons du mal à Dieu, car c’est Lui qui devrait décider et non pas les hommes.

D’origines syrienne et arménienne, vous avez vécu la guerre à Alep comme vos ancêtre ont vécu le génocide. Quel fut l’impact de ces deux évènements sur vous ?
J’ai été énormément touché par le témoignage des autres, ceux qui, comme moi, ressentent en eux ce que fut la vie de leurs ancêtres, ceux qui souffrent la même souffrance. Mais nous autres Arméniens, sommes connus pour être paisibles. Nous ne faisons du mal à personne. Nous sommes un peuple qui travaille, là où il se trouve, pour construire et ne jamais détruire.

Comment votre passion pour la photo s’est-elle transformée en réalisation de film de cinéma ?
Je considère la photographie et le design graphique comme deux langues avec lesquelles j’exprime mes idées et mes sentiments, tout comme certains s’expriment avec leur musique ou leurs peintures. Mais il y a des idées que nous ne pouvons pas glisser dans une simple photo ou dans un dessin graphique. Nous avons besoin de plus de temps pour que le message passe. C’est pourquoi je suis passé à la réalisation de films. Puisque l’un de mes rêves est de finir à Hollywood, je vous promets que je continuerai à travailler dur afin d’y parvenir… et de rendre tout le monde fier de mon travail !

 

 

Découvrez le court-métrage Peace, lauréat du prix syrien du Court-Métrage :

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