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Le Pape en rock star dans Rolling Stone

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La génération selfie rend hommage au "Pape le plus smart et le plus cool de tous les temps".

Même quand le Pape n’est pas là et interrompt ses activités pour une retraite spirituelle avec ses proches collaborateurs, on parle de lui. Hier c’était dans un média allemand, Die Zeit, qui l’a interviewé, aujourd’hui dans la revue Rolling Stone, qui rapporte et commente une journée avec « le Pape le plus smart et le plus cool de tous les temps ». Dans un article signé Alberto Piccinini, l’envoyé spécial de la revue relate la rencontre de la mi-février entre le Saint-Père et les jeunes étudiants de l’université de Rome. Sur la couverture de la revue, une photo du Pape souriant avec un regard complice et le pouce en l’air comme pour dire aux jeunes lecteurs : « Allez-y, vous êtes super ! ».

Pourquoi le Pape en couverture ? C’est simple, pour « ses paroles pleines de bon sens », explique la revue. Parce qu’il « a conquis tous les jeunes, aussi, par ses paroles et ses gestes ». Dès les premières pages, un reportage sur le Pape et la « génération selfie », et un autre sur les attentes des jeunes de la périphérie « Rap » de Milan, à la veille de leur rencontre avec le Saint-Père, le 25 mars prochain. Et puis trois interviews dont une, quelque peu insolite pour une revue symbole de la contre-culture comme Rolling Stone, avec le Jésuite Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica, une des plus grandes revues catholiques du monde.

Trois ans après la version américaine

Le pape François s’affiche en couverture du magazine « Rolling Stone » version italienne, 3 ans après être apparu dans la version américaine. Une revue qui couvre l’actualité musicale, culturelle et sociétale du monde entier, à la source d’attaques aussi directes que primaires contre le pontificat de Benoît XVI et de quelques-uns de ses prédécesseurs, de Pie XI à Innocent VIII, jugées désormais « superficielles et inappropriées ».

Il faut dire que trois années séparent ces deux publications. Le Pape venait à peine de commencer sa « douce révolution » et le ton et le contenu de ses déclarations publiques, jugées « scandaleusement normales », n’étaient pas encore bien cernés. En trois ans, François, avec sa bonne humeur naturelle, son franc-parler, ses boutades, ses échanges complices avec son auditoire, ses réprimandes spontanées, son « qui suis-je pour juger ? », a conquis l’opinion publique. Les médias ne se contentent plus de lui trouver une place au classement des plus grands de la terre, ils prennent aujourd’hui le temps de le suivre, de l’écouter et de rapporter sa parole dans tous les domaines.

 Les jeunes conquis

Et il a « conquis les jeunes » ce »Pape Pop » comme le surnomme la revue Rolling Stone en page de couverture. Le Pape François sait parler aux jeunes, affirme la rédaction, en utilisant des métaphores simples, des concepts ingénieux, ou leur outil de prédilection, le téléphone portable, instaurant dès le début de son pontificat, un vrai dialogue intergénérationnel :

« Votre bonheur n’est pas une “App” qu’on télécharge sur un téléphone portable : même la version la plus actualisée ne peut vous aider à devenir libres et grands dans l’amour. La liberté, c’est autre chose : ce n’est pas faire ce qu’on veut… C’est savoir dire non… Etre libre c’est savoir dire oui ou non, c’est pouvoir choisir le bien », a-t-il dit à plus de 70 000 jeunes ados lors d’un weekend spécial avec eux, pendant l’année de la miséricorde, en les exhortant à faire des choix « forts et courageux ».

Mais encore – et c’est peut-être la métaphore la plus parlante – dans un message vidéo à leur arrivée : « Jeunes gens, que de fois il m’arrive de devoir téléphoner à des amis, mais de ne pouvoir entrer en contact avec eux parce qu’il n’y a pas de réseau. Je suis sûr que cela vous arrive à vous aussi, que votre portable ne capte pas toujours… Eh bien souvenez-vous, sans Jésus dans votre vie c’est comme avoir un téléphone portable qui ne capte pas ! On ne peut plus parler et on se replie sur soi-même. Alors tâchons de nous mettre là où il y a du réseau ! La famille, la paroisse, l’école, car dans ce monde nous aurons toujours quelque chose à dire de bien et de vrai ».

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Un Pape toujours connecté via son Twitter @Pontifex et son instagram qui dénombrent des millions d’abonnés depuis leur ouverture. Une manière pour lui de rassembler les plus jeunes tout en communiquant au monde entier. Et il n’hésite pas à rencontrer des jeunes youtubeurs et de se faire un selfie avec eux. Depuis le début de son pontificat, il leur demande de faire entendre leurs cris – encore dernièrement en présentant le prochain premier synode des évêques sur les jeunes – de « faire du vacarme », une façon de leur dire : « avancez, allez à contre-courant » : pas de drogue, pas d’alcool, pas d’hédonisme. Et à chaque fois comme s’il s’adressait à chacun d’entre eux.

Autre métaphore, et non des moindres : le foot : « Que fait un jeune  quand il est appelé à faire partie d’une équipe de foot ? Il doit s’entraîner, et s’entraîner beaucoup ». Et en bon entraîneur, il leur apprend que « Jésus offre quelque chose de meilleur que la Coupe du monde : la possibilité d’une vie féconde et heureuse ».

Un avant-goût de sa venue à Milan

Dans la revue Rolling Stone, les jeunes de la périphérie de Milan, où il rencontrera également une centaine de détenus et des familles en situation précaire, sont convaincus qu’il aura « plein de choses » à leur dire, et témoignent de leurs attentes. De même les détenus de la prison de San Vittore, qui disent l’attendre comme « un frère ». Thème de la visite:  « J’ai un peuple nombreux dans cette ville’, dit le Seigneur », inspiré des actes des apôtres (18.10). Le logo, choisi par le diocèse de Milan, reproduit des mains qui se tendent vers le Pape.

Tant de bonnes raisons qui font dire au magazine populaire que « ce Pape colle vraiment avec notre époque », et de trouver tout-à-fait naturel de lui consacrer ses premières pages, et sa couverture. Comme dit Antonio Spadaro, le directeur de la Civiltà Cattolica, dans le magazine, François est perçu – et lui-même se dit « touché » – comme « un volcan en éruption » qui laisse couler tout doucement son énergie jusque dans les veines de ces nouvelles générations qui l’ont déjà élu « leader moral du monde »,  face aux peurs et tensions, face aux murs qui s’élèvent et divisent les hommes. Le religieux a encore en mémoire l’image de ces milliers de jeunes juchés sur une chaise, en Bolivie, en juillet 2015, interrompant le Pape 40 fois pendant son discours, pour l’applaudir. Il ne faisait qu’exposer la doctrine sociale de l’Eglise, « ni plus ni moins », rapporte-t-il, mais avec « l’énergie de la puissance de l’évangile (…) », une énergie qui « outrepasse les frontières entre croyants et non croyants, communistes ou anticommunistes… « .

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