Aleteia

Le président qu’il nous faut. Père André Marie : « Il faudrait une personne qui ait souffert »

Partager
Commenter

Jusqu'à l'élection présidentielle, Aleteia donne la parole à des responsables d'associations chrétiennes, pour découvrir leur président et leur programme politique idéal.

Trois questions au Père André Marie, fondateur de « La Demeure », qui accueille les personnes en difficulté.

Aleteia : Dans quarante jours aura lieu en France l’élection présidentielle. Quelle est, selon vous, la mesure prioritaire que le futur président devrait adopter ?
Père André Marie : Il faudrait plus de bienveillance !

Quelles sont les dimensions de cette bienveillance ?
Il suffirait qu’il soit humain et qu’il écoute sa conscience. Qu’il ne soit pas l’homme de son parti, mais un homme qui écoute ses semblables, à commencer par les petits. Il faudrait qu’il soit accessible, qu’il accepte d’être rencontré. Saint-Louis rencontrait en personne ceux qui le souhaitaient, cela n’a rien d’impossible. C’est au contact de ceux qui ont le plus besoin de l’État qu’il devrait puiser les grandes lignes de sa politique. Le Président, c’est le serviteur des serviteurs, il faut par conséquent qu’il soit au service, et à l’écoute, du plus petit des plus petits.

Concrètement, quelles mesures pourrait-il prendre ?
Qu’il commence par simplifier toutes les lois. Les plus humbles, justement, sont désarmés face à leur complexité. Je ne veux plus jamais enterrer de suicidés, dont on a tressé la corde avec des codes de lois… Jésus nous enseigne que ces lois sont au service de l’homme, et non l’inverse ! Je les vois devenir comme des murs de prison, pour ceux qui auraient au contraire besoin d’être les mieux protégés par l’État. Elles sont mises au service de petits chefs, elles écrasent… Au cours de ma carrière, je compte neuf cercueils qu’il a fallu mettre en terre à cause de ces textes, neuf malheureux qui se sont donné la mort ! J’aurai bientôt 80 ans et je ne veux plus jamais avoir à le faire.

Quel serait votre président idéal ?
Pour qu’il soit à l’écoute, qu’il accepte d’être rencontré, cet homme devrait être profondément empathique. Mais au-delà de cette qualité, nous aurions, je crois, besoin d’un homme qui ait lui-même souffert. Parce qu’ainsi, il sera plus ouvert à la souffrance des autres. Mais que cette souffrance ne l’ait pas endurci, mais au contraire attendri. Toute les qualités requises se trouvent dans le texte des Béatitudes. Nous avons besoin d’un doux, d’un cœur pur, d’un artisan de paix…

À quoi, nous chrétiens, devrions-nous être particulièrement attentifs lors de cette campagne présidentielle ?
Souvenez-vous que la calomnie et la médisance sont proscrites. La calomnie, certes, mais aussi la médisance, c’est-à-dire dire du mal. Or, si vous allumez un poste de radio, ou une télévision, vous n’entendrez que l’une ou l’autre. Tout ce qui est dit n’est pas faux, mais c’est un flot, ininterrompu, d’ondes négatives. Ne vous laissez pas inonder.

Mais par « campagne » nous entendons aussi les thèmes abordés, les programmes des candidats. Quelles sont les priorités pour les chrétiens ?
Un bon programme pourrait prendre sa source dans l’Écologie. Elle n’est d’aucun parti, ni de droite, ni de gauche, mais au centre de la cellule humaine. En repartant de ce que nous sommes, une créature unique et merveilleuse, en nous mettant à l’école de la Nature, en aimant la Création, nous ne pouvons pas prendre de mauvaises décisions.

Propos recueillis par Sylvain Dorient.


Lire aussi : Le président qu’il nous faut. Marc Flurin, directeur général de la Fondation Sainte-Geneviève


Partager
Commenter
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]