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Les trois saisons de l’entrepreneur

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Reconnaître son rythme et ses limites pour une saine productivité.

Le rêve de tout leader est d’atteindre le maximum de son potentiel le plus souvent possible, d’avoir les meilleures idées, d’assurer un contrôle parfait de lui-même pour bien gérer ses relations et réussir à prendre du recul, tout en étant inspirant, motivant…

Ce sont des livres sur le leadership et le développement personnel qui m’ont fait prendre conscience du potentiel incroyable qui sommeille en chacun de nous. J’ai ainsi appris à gagner en efficacité, à réduire mon temps de travail, à produire plus, à devenir un meilleur père, un meilleur mari, une personne plus inspirante, plus à l’écoute… J’ai même eu l’impression de pouvoir progresser sans fin.

En 2016 j’ai vécu une période d’une productivité incroyable, debout à 5h du matin, 1h de sport, 2h de travail non-stop, 1h avec mes enfants, puis ensuite une journée au top. J’ai pu mettre en place des week-end de coaching, développer de nouveaux pôles dans mon entreprise, déménager et appuyer ma femme dans le développement de son entreprise. J’ai atteint 90% de mes objectifs en deux fois moins de temps que d’habitude. Mais une fois les objectifs atteints, devenu gourmand, je m’en suis fixé d’encore plus grands. Je voulais continuer sur cette lancée…  jusqu’à ce que je participe à un stage de Thierry Casanova sur la santé, le jeûne, le repos et que je réalise à quelle point j’avais accumulé une lourde dette de fatigue.

J’étais en perte de motivation, même en faisant beaucoup de sport, en prenant du temps dans le silence, j’étais à bout, comme si l’éponge était sèche… J’en voulais toujours plus, mon cerveau n’avais aucun problème à imaginer de nouvelles idées, mais le reste ne suivait pas.

Pour être plus productif il faut savoir reconnaître les « saisons » d’un entrepreneur. Et la lecture de l’Ecclésiaste peut nous y aider considérablement :

Ecclésiaste 3 v 1-9

Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ; (…) un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; (…) un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter ; (…) un temps pour se taire, et un temps pour parler ; (…) Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?

Si je devais traduire ces paroles dans un langage adapté aux entrepreneurs et managers, je dirais que l’on peut rencontrer trois saisons :

Première saison : SEMER

On laboure la terre, on sème les graines, on arrose, tout cela sans voir les résultats. C’est la saison pendant laquelle on donne le meilleur de soi, on veut être en excellente forme physique, mentale, spirituelle et relationnelle. Il faut se donner à fond pour atteindre les objectifs, acquérir de nouvelles compétences, être discipliné, garder les objectifs en tête, faire face aux challenges.

Deuxième saison : RÉCOLTER

Enfin la récolte pointe le bout de son nez, on va enfin voir le fruit du travail accompli. Une fois les objectifs atteints, on a tendance à tout de suite enchainer sur la suite, on veut tout donner et continuer de surfer sur la vague. Résultat : la satisfaction dure une fraction de seconde et l’on pense tout de suite à la suite, du coup on a aucun sentiment de satisfaction, de travail accompli. Chez l’Ecclésiaste, on voit une question importante que je reformulerais de cette manière : à quoi bon ? Pourquoi autant d’effort ?

Il faut célébrer, profiter de ce qui a exigé tant de travail et de sacrifices. Pour moi cela veut dire profiter de mes enfants, de ma maison, être avec ma femme, mes amis…

Troisième saison : LA JACHÈRE

Il faut parfois réussir à se mettre en pause pour recharger les batteries, surtout pour ceux qui ont des métiers créatifs, publics ou bien de management. Nos réservoirs émotionnels ont besoin d’être remplis, il nous faut être inspiré à nouveau.

Comment faire ? Dormir, se balader dans la nature, visiter des lieux inspirants, se séparer de l’agenda, de la montre, du téléphone, se déconnecter, bien manger puis jeûner, lire un bon livre, regarder des séries. Bref, se remplir pour mieux repartir.

Dans la phase de jachère on continue de se réjouir des objectifs atteints, on se remémore les « exploits ». Comme un parfum, le sentiment du travail accompli doit laisser une bonne odeur derrière lui, pas uniquement sur le moment. Il faut se rassasier de la victoire !

J’imagine votre objection : « Tu ne t’imagines même pas tout le travail qui m’attends après si je suis tes conseils ! ». J’ai pu expérimenter de nombreuses fois à quel point je peux passer des heures sur un projet, un problème quand je suis au bout du rouleau. En revanche, quand je suis reposé, certaines situations ne sont plus des montagnes, je trouve plus facilement des solutions, je gère mieux les relations et j’ai la force de conquérir du terrain.

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