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Pape François : « Nous devons prier pour ceux qui nous haïssent et nous font du mal »

©TIZIANA FABI / AFP
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À l’angélus de dimanche, le Saint-Père rappelle l’interdiction pour tout chrétien de "chercher vengeance".

Le chrétien a le devoir de pratiquer la justice, mais « il lui est en revanche interdit de rechercher la violence, ou de la fomenter », car celle-ci est « expression de haine et de violence », a déclaré le pape François à l’angélus de ce dimanche 19 février, place Saint-Pierre. En enseignant cela, Jésus, a-t-il expliqué, « ne veut pas proposer un nouvel ordre civil, mais plutôt le commandement de l’amour du prochain, qui comprend aussi l’amour des ennemis ».

Après la prière de l’angélus, le Saint-Père a demandé de prier pour les victimes de la violence dans le Kasaï Central de la République Démocratique du Congo (RDC), en particulier pour les enfants-soldats et pour toutes les personnes victimes d’attentats au Pakistan et en Irak. Lors de sa visite à la paroisse Santa Maria Josefa de la banlieue de Rome, l’évêque de Rome a invité à « rompre la rompre « la chaîne du mal » en priant pour « les méchants », même lorsqu’on voudrait « leur tordre le cou ».

Tristesse pour les enfants soldats en République Démocratique du Congo

Alors que des affrontements « violents et brutaux » opposent, depuis six mois, forces de l’ordre et milices armées dans la région du Kasaï-Central, faisant plusieurs centaines de morts, le Pape a exprimé sa souffrance pour toutes les victimes, « spécialement pour les nombreux enfants arrachés à leur famille et retirés de l’école pour être utilisés comme soldats ». Exhortant « les autorités nationales et la communauté internationale » à « prendre des décisions appropriées » pour les secourir rapidement.

Le souverain pontife a étendu son appel en faveur de « toutes les populations du continent africain et d’ailleurs », affligées par « les violences et la guerre ». Ses pensées sont allées en particulier « aux populations du Pakistan et d’Irak frappées par de cruelles attaques terroristes. Au Pakistan, un attentat-suicide dans la ville de Sehwan, à 200 km au nord-est de Karachi, a fait près de 90 personnes, dont une vingtaine d’enfants. Le Saint-Père a aussi appelé à prier pour les Irakiens frappés à Bagdad par deux attentats revendiqués par le groupe État islamique. « Prions intensément pour que chaque cœur endurci par la haine se convertisse à la paix, selon la volonté de Dieu », a-t-il demandé aux fidèles et pèlerins rassemblés sous les fenêtres de son bureau.

Rompre « la chaîne du mal »

Avant l’angélus, le Pape venait de commenter l’évangile du jour (Mt 5, 38-48), qui invite tout chrétien à prendre « le chemin de la vraie justice par la loi de l’amour qui dépasse celle du talion, qui dit œil pour œil dent pour dent », a expliqué le Pape en évoquant « cette règle antique qui imposait d’infliger aux transgresseurs des peines équivalentes aux dommages infligés : la mort à celui qui avait tué, l’amputation à celui qui avait blessé quelqu’un et ainsi de suite ». Ce passage de l’évangile, a souligné le Saint-Père, est un de ceux qui expriment le mieux la « révolution » chrétienne, pour rompre cette chaîne du mal qui marque le monde, et changer vraiment les choses. Car le mal, a-t-il insisté, est un « vide », un vide de bien, que l’on ne saurait remplir par un autre vide, mais seulement par un « plein » de bien.

Faut-il subir le mal ?

Est-ce à dire qu’il faut subir le mal ? Au contraire, « Jésus demande de réagir, mais par le bien, pas par un autre mal », a expliqué le Pape, sachant que les représailles ne conduisent jamais à la résolution des conflits ». Ce refus de violence peut comporter des renoncements à un droit légitime, reconnaît-il, amener à « tendre l’autre joue, céder son vêtement ou son argent, accepter d’autres sacrifices », mais il ne signifie pas que les exigences de la justice sont ignorées ou contredites, « non, au contraire, a insisté le Pape, l’amour chrétien qui se manifeste d’une façon spéciale dans la miséricorde, représente une réalisation supérieure de la justice ».

C’est faire la « nette distinction » entre « la justice » et « la vengeance ». La vengeance, a poursuivi le Pape, « n’est jamais juste. Il nous est permis de demander justice, il est de notre devoir de pratiquer la justice. En revanche il nous est interdit de nous venger ou de fomenter la vengeance, quelle qu’elle soit, parce qu’elle est expression de haine et de violence ». Jésus, par cette attitude, « ne veut pas proposer un nouvel ordre civil, mais inculquer l’amour du prochain qui implique aussi « aimer ses ennemis », et « prier pour ceux qui nous persécutent ».

« La prière triomphe du mal »

« Nous devons être bons pour tous. Et prier pour ceux qui ne sont pas bons, pour tous », ira plus loin dans son enseignement l’évêque de Rome lors de sa visite, dans l’après-midi, à la paroisse Santa-Maria-Josefa, à Castelverde di Lunghezza, dans la banlieue est de la capitale. Sa treizième visite dans une paroisse de son diocèse, depuis le début de son pontificat, et la deuxième depuis leur reprise après le Jubilé de la miséricorde.

Prier pour ceux qui tuent les enfants dans les guerres ? « C’est difficile, ils sont loin, mais nous devons apprendre à le faire », a exhorté le Pape pendant l’homélie, « pour qu’ils se convertissent ». Prier pour ces personnes qui sont plus proches de nous et nous haïssent ou nous font du mal ? « Eh, Père, c’est difficile ! J’aurais envie de lui tordre le cou ! » – « Prie. Prie pour que le Seigneur change leur vie. La prière est un antidote contre la haine, contre les guerres, ces guerres qui commencent à la maison, qui commencent dans les quartiers, qui commencent dans les familles… », a insisté le Saint-Père dans cette paroisse d’un quartier défavorisé de la banlieue de Rome. La prière, les a-t-il assuré, « est puissante », « triomphe du mal », « amène la paix ».

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