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L’armée de Terre russe, du fantasme à la réalité

© Pavel L Photo and Video / Shutterstock
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La réalité des faits est bien différente des propagandes tant occidentale que russe.

L’actualité de ces derniers mois et années ne cesse de mettre en avant la montée en puissance russe en présentant des opérations et exercices à grande échelle ; Ukraine, Syrie, exercices de masse au bord des frontières, les médias nous montrent une armée russe sur les dents, agressive et prête à déferler sur l’Europe. Bref, on nous ressert une couche de Guerre Froide. La réalité des faits est bien différente des propagandes tant occidentale que russe.

Une armée qui achève sa transformation

Commencée en 2008 après les opérations menées en Géorgie, la transformation de l’armée de Terre fut avant tout le chantier du ministre Serdioukov, qui se trouvait aussi être le premier ministre de la Défense non militaire depuis la fin de l’ère soviétique. L’objectif se rapprochait alors des modèles occidentaux : professionnalisation, externalisation, format souple et projetable (type force expéditionnaire). Le remplacement du ministre par Sergueï Choïgou en 2012 a eu pour conséquence de faire porter les efforts sur le rééquipement massif et la condition du personnel (discipline, logement des militaires, solde).

Enfin, les structures de commandement ont été refondues autour des quatre régions militaires russes : Nord, Sud, Est, Ouest. Un 5e OSK a été créé pour l’Arctique en 2014, et le 1er décembre de la même année a été inauguré le Centre national de conduite de la défense, chargé de centraliser les informations de crises, l’évolution des grands chantiers, et de conduire des opérations militaires.

Organisation des forces terrestres

Si les informations restent difficiles à obtenir avec précision, il est cependant communément admis que la Russie dispose d’une armée d’environ 800 000 hommes, à laquelle s’ajoute une réserve comprenant entre un million et demi et deux millions d’hommes. L’armée de Terre compose presque la moitié de ces effectifs puisqu’elle compte environ 350 000 hommes. Ce chiffre corresponde à « l’armée de l’extérieur », puisqu’une garde nationale estimée à 160 000 hommes environ s’occupe de la sécurité intérieure (contre-terrorisme, crime organisé, etc.) et dépend d’un ministère spécialement dédié créé en 2016.

L’armée de Terre se compose de 11 armées et d’environ 80 brigades de combat (42 interarmes, 35 motorisées et 3 blindées) auxquelles s’ajoutent une quarantaine de brigades d’appuis spécialisés. De plus, depuis 2012 des divisions ont été créées et la hiérarchie verticale des unités est assez difficile à  cerner ; il semble que l’organigramme ne soit pas basé sur un schéma unique.

Enfin les troupes aéroportées (45 000 hommes) constituent une force orientée vers les capacités de réaction rapide avec la volonté de les rendre autonomes dans l’action. L’infanterie navale (5 brigades) se charge des missions amphibies, défense côtière et garde d’emprise portuaire. C’est à ce titre qu’elles ont été déployées en Syrie et ce sont probablement elles qui furent utilisées en Crimée.

Ainsi le défi majeur de l’armée russe est de trouver un délicat équilibre entre limitation des effectifs et espaces gigantesques à couvrir ; elle s’appuie donc sur sa capacité de projection intérieure. Les grands exercices sont avant tout destinés à les faire travailler en terrain inconnu en les basculant inopinément d’une région militaire à l’autre lors des grands exercices annuels. Ce sont donc là des signes qui évoquent davantage une armée en cours de modernisation, confrontée à des problèmes logistiques, qu’une résurgence de la Guerre Froide.

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