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Femen : Éloïse Bouton, première femme condamnée pour exhibition sexuelle

© FRANCOIS GUILLOT / AFP
Eloise Bouton, a former member of the Femen movement, arrives at court for her trial, on October 15, 2014 in Paris, as she faces charges of indecent exposure after toplessly miming an abortion in a Paris church in December 2013. AFP PHOTO/FRANCOIS GUILLOT / AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT
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La condamnation de l'activiste qui avait mis en scène "l'avortement de Jésus" dans l'église de la Madeleine a été confirmée mercredi 15 février.

Un mois de prison avec sursis et 2000 euros de dommages et intérêts pour « préjudice moral » ont été requis contre Eloïse Bouton, l’ancienne porte-parole des Femen en France. La chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Paris a confirmé la sentence pour « délit d’exhibition sexuelle au sein de l’église de la Madeleine à Paris », par arrêt, mercredi 15 février 2017.

« Noël est annulé »

À l’époque des faits, le 20 décembre 2013, Éloïse Bouton était une Femen qui s’était livrée à une mise en scène odieuse. Elle avait fait irruption dans l’église et avait brandi des morceaux de foie de veau pour « figurer le fœtus avorté de Jésus ». Sur son torse nu était écrit « Noël est annulé ». Mercredi 15 février, elle s’est dite « hallucinée » d’avoir été condamnée pour « un acte militant féministe ». La jeune femme imaginait sans doute que son affaire connaîtrait une fin comparable à celle de ces collègues qui avaient dégradé les cloches de Notre-Dame et avaient été relaxées. Le volet de la condamnation d’Éloïse Bouton prévoyant 2000 euros de dommages et intérêts n’a rien d’anodin, souligne l’avocat du curé de l’église de la Madeleine, Me Delvolvé : « Il signifie que la justice reconnaît que le préjudice subi par l’église doit être réparé ».


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Éloïse Bouton avait quitté l’association des Femen en février 2014, peu après son action à la Madeleine. Pour rappel, elle avait dénoncé cette association dans un livre : Confession d’une ex-Femen. Forte de son expérience, elle posait des questions sur le fonctionnement très hiérarchisé, les financements opaques et le culte de la personnalité dont faisait l’objet la fondatrice, Inna Shevchenko. Très réticente devant la terminologie guerrière employée au sein du mouvement, elle dénonçait aussi les visites envahissantes de la journaliste Caroline Fourest, qu’elle affublait de l’insulte ultime à ses yeux : « Paternaliste ». Elle soulignait aussi que les Femen ne l’avaient pas soutenue lorsque des accusations pesaient sur elle quant à une supposée activité d’escort girl qu’elle aurait mené parallèlement à son militantisme féminisme. Sans démentir qu’un compte proposant ses services d’escort existait, la militante s’était justifiée en affirmant qu’elle avait mis ce compte en ligne pour les besoins d’un article consacré à la prostitution.

À défaut d’avoir apporté une avancée majeure dans le combat féministe, Eloïse Bouton sera parvenue à être la première femme condamnée pour exhibition sexuelle depuis la création de ce délit en 1994 (article 222-32 du code pénal).

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